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Au sujet du COSEPAC Espèces sauvages candidates Rapports de situation Évaluation des espèces sauvages

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Espèces sauvages candidates Illustration


Le 27 février 2014




Partie 1 : Aperçu


Partie 2 : Les listes des espèces candidates des sous-comités de spécialistes des espèces (SSE)

Amphibiens
Arthropodes
Lichens
Mammifères (marins)
Mammifères (terrestres)
Mollusques
Mousses
Oiseaux
Plantes vasculaires
Poissons (d'eau douce)
Poissons (marins)
Reptiles

Partie 3 : La Liste des espèces candidates du COSEPAC


Partie 1 : Aperçu

Beaucoup d'espèces au Canada n'ont pas encore été évaluées par le COSEPAC, bien que l'on craigne qu'elles soient menacées de disparition du pays ou de la planète. Ces espèces, auxquelles on réfère comme étant des « espèces sauvages candidates », sont désignées par les sous-comités de spécialistes des espèces (SSE) ou par le sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones (CTA) comme candidates pour une évaluation détaillée de leur situation. Les espèces sauvages déjà évaluées par le COSEPAC comme étant dans les catégories « non en péril » ou « données insuffisantes » peuvent également être considérées comme espèces sauvages candidates si de nouvelles informations indiquent qu’elles courent un risque d’être en péril.

Les membres des SSE et du sous-comité des CTA utilisent leurs connaissances spécialisées et leur jugement pour identifier des espèces sauvages candidates. Ils font appel à plusieurs sources d’information, y compris (quand disponible) le classement des espèces sous le Programme sur la situation générale des espèces sauvages au Canada, le système de classement des espèces par NatureServe, des informations provenant de programmes de surveillance des espèces au niveau des compétences ainsi que divers processus internationaux d'évaluation (UICN et ABI, par exemple). Autant que le temps et les ressources le permettent, le COSEPAC fait préparer des rapports de situation pour les espèces sauvages candidates prioritaires afin qu'une évaluation soit faite.

Les rapports de situation sont commandés par le COSEPAC par le truchement d'un concours ouvert. Un appel d'offres est affiché périodiquement sur ce site Web à la fois pour les espèces sauvages candidates choisies et pour les espèces sauvages déjà évaluées par le COSEPAC nécessitant une réévaluation. Inscrivez-vous pour recevoir les avis de nouveaux appels d'offres dès leur diffusion sur le site Web.

Pour plus de renseignements sur les espèces sauvages candidates, visitez le Processus et critères d'évaluation du COSEPAC.


Les listes des espèces candidates des sous-comités de spécialistes des espèces (SSE)

Chaque SSE dresse et met à jour chaque année une liste d’espèces sauvages candidates qu’il considère menacées de disparition du pays ou de la planète. Les espèces sauvages figurant sur la liste des espèces candidates des SSE sont classées en trois groupes prioritaires par les SSE afin de refléter l'urgence relative selon laquelle le COSEPAC devrait effectuer l'évaluation de chaque espèce sauvage. Le groupe 1 regroupe les espèces sauvages qui ont la priorité d'évaluation par le COSEPAC la plus élevée et comprend les espèces sauvages que l’on soupçonne disparues du pays. Les groupes 2 et 3 regroupent des espèces sauvages de priorité intermédiaire et inférieure, respectivement, en ce qui a trait à leur évaluation par le COSEPAC. Les raisons d'être pour l'inclusion d'espèces à la liste des espèces candidates des SSE diffèrent entre les groupes taxinomiques considérés par le COSEPAC, reflétant ainsi les vastes différences de leur cycle de vie et les différences quant à nos connaissances au sujet de ces espèces.

Les espèces sauvages candidates incluses dans les listes des espèces candidates des SSE sont inscrites à la Partie 2. Notez que les provinces ou les territoires marqués d'un † représentent l’endroit où l'espèce est particulièrement en péril. Notez également que les espèces marquées d'un * seront incluses dans le prochain appel d’offres.


La Liste des espèces candidates du COSEPAC

Les espèces hautement prioritaires inscrites aux listes des espèces candidates des SSE sont examinées et classées par le COSEPAC, et sont inscrites en conséquence à la Liste des espèces candidates du COSEPAC. Le COSEPAC fonde son classement sur des données d'établissement des priorités soumises par chaque SSE (Critères d'établissement des priorités élaborés par le COSEPAC pour classer les espèces sauvages). La Liste des espèces candidates du COSEPAC identifie les espèces sauvages candidates hautement prioritaires nécessitant un rapport de situation. Les espèces inscrites sur cette Liste incluent celles qui n’ont pas encore été évaluées par le COSEPAC et celles dans les catégories « non en péril » ou « données insuffisantes », si de nouvelles informations indiquent qu’elles courent un risque d’être en péril.

Les espèces sauvages candidates incluses dans la Liste des d’espèces candidates du COSEPAC, ainsi que les justifications pour leur inclusion sont inscrites à la Partie 3. Notez que les espèces marquées d'un * seront incluses dans le prochain appel d’offres.

Notez que les espèces sauvages marquées par un astérisque (*) seront incluses dans l'appel d’offres de l'automne 2013, alors que celles marquées par deux astérisques (**) seront incluses dans l'appel d'offres de l'automne 2014.



Partie 2 : Les listes des espèces candidates des sous-comités de spécialistes des espèces (SSE)

Nom scientifique

Nom commun

Occurrence au Canada

Amphibiens (26)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Ambystoma gracile

Salamandre foncée

BC

Ambystoma sp. *

Salamandre de Jefferson (Populations unisexuées du complexe de la salamandre de Jefferson)

ON, QC, NB, NS

Bufo hemiophrys

Crapaud du Canada

NT, AB, SK, MB

Necturus maculosus

Necture tacheté

MB, ON, QC

Notophthalmus viridescens viridescens

Triton vert

ON, QC, NB, NS, PE, NL

Rana palustris

Grenouille des marais

ON, QC, NB, NS, PE

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Ambystoma maculatum

Salamandre maculée

MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Ensatina eschscholtzii

Salamandre variable

BC

Lithobates catesbeianus

Ouaouaron

ON, QC, NB, NS, PE

Lithobates septentrionalis

Grenouille du Nord

ON, QC, NB, NS, PE

Plethodon cinereus

Salamandre cendrée

ON, QC, NB, NS, PE

Rana luteiventris

Grenouille maculée de Columbia

YT, BC, AB

Spea bombifrons

Crapaud des plaines

AB, SK, MB

Taricha granulosa

Triton rugueux

BC

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Ambystoma laterale

Salamandre à points bleus

MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Ambystoma macrodactylum

Salamandre à longs doigts

BC, AB

Anaxyrus americanus

Crapaud d'Amérique

NU, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Eurycea bislineata

Salamandre à deux lignes

ON, QC, NL

Hemidactylium scutatum

Salamandre à quatre doigts

ON, QC, NB, NS

Hyla versicolor

Rainette versicolore

MB, ON, QC, NB, NS, PE

Lithobates clamitans

Grenouille verte

ON, QC, NB, NS, PE

Lithobates sylvaticus

Grenouille des bois

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Plethodon vehiculum

Salamandre à dos rayé

BC

Pseudacris crucifer

Rainette crucifère

MB, ON, QC, NB, NS, PE

Pseudacris maculata

Rainette faux-grillon boréale

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC

Pseudacris regilla

Rainette du Pacifique

BC

Arthropodes (88)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Aflexia rubranura

 

MB, ON

Argyresthia flexilis

 

BC, AB

Bembidion lachnophoroides

 

AB, SK

Bombus pensylvanicus

 

AB, ON, QC

Campsomeris pilipes

 

BC

Ceropales bipunctata

 

ON, NB

Coccinella transversoguttata richardsoni **

Coccinelle à bandes transverses

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Coreorgonal petulcus *

 

BC

Haploa reversa

 

ON

Hexura picea

 

BC

Ips woodi

 

BC, AB

Megathymus streckeri

 

AB

Melanoplus madeleineae **

 

QC

Metrius contractus contractus

 

BC

Metroppia walbranensis

 

BC

Microhexura idahoana

 

BC

Obligate spp.

 

 

Polystoechotes punctatus

 

ON, QC

Pyrrhia aurantiago

 

ON

Sphodros niger

 

ON

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Agabus margaretae

 

AB, SK

Anisota manitobensis

 

MB

Bombus fervidus

 

ON

Coleotechnites lewisi

 

AB

Dicromantispa sayi

 

ON

Ephemera guttulata

 

ON, QC, NB, NS, NL

Erythrodiplax berenice

 

NS

Euphydryas anicia bernadetta

Damier anicia

AB, SK

Euphydryas editha hutchinsi

Damier d'Édith

AB, SK

Gomphus abbreviatus

 

NB, NS

Hemileuca nevadensis

 

SK, MB, AB

Hydroporus carri

Hydropore de Carr

AB

Lasiopogon pacificus

 

BC

Lycaena editha

 

BC, AB

Nicocles rufus

 

BC

Octogomphus specularis

 

BC

Pollicipes polymerus

Pouce-pied

BC

Rhionaeschna mutata

Aeschne des nénuphars

ON, NS

Speyeria mormonia erinna

Argynne mormone

BC

Stichopogon fragilis

 

BC

Stygobromus canadensis

 

AB

Tropocyclops prasinus

 

ON

Tubaphe levii

 

BC

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Agabus immaturus

 

NB

Anacampsis lupinella

 

ON

Antrodiaetus cerberus

 

BC

Arctia brachyptera

 

YT, NT

Areniscythris saskatchewan

 

SK

Callophrys johnsoni

Porte-queue de Johnson

BC

Callophrys mossii

Lutin de Moss

BC

Carabus vinctus

 

ON

Celithemis martha

 

NB, NS

Chlosyne hoffmanni

Damier de Hoffmann

BC

Cicindela cuprascens

 

MB

Cicindela hirticollis athabascensis Graves

Cicindèle à ligne obtuse

AB, SK

Cicindela hirticollis couleensis

Cicindèle à ligne obtuse

BC, AB

Cicindela hirticollis rhodensis

Cicindèle à ligne obtuse

ON, QC, NB, NS, NL

Cicindela hirticollis shelfordi

Cicindèle à ligne obtuse

AB, SK, MB

Cicindela lepida

Cicindèle blanche

AB, SK, MB, ON

Coleophora manitoba

 

MB

Coleophora ramitella

 

ON

Cupido comyntas

Bleu porte-queue de l'Est (Population de la Colombie-Britannique)

BC

Dicaelus purpuratus

 

ON

Erora laeta

Lutin mystérieux

ON, QC, NB, NS, PE

Erynnis propertius

Hespérie Propertius

BC

Euphilotes ancilla

Bleu tacheté des Rocheuses

AB, SK

Geolycosa spp.

 

AB, SK, MB, ON, QC

Heterosternuta alleghenianus

 

QC, NB

Heterosternuta cocheconis

 

QC, NB

Hydrocollus filiolus

 

QC, NB

Lycaena dione

Cuivré gris

BC

Neoporus blanchardi

 

NS

Neoporus dilatatus

 

ON, QC, NB, NS

Neoporus tennetum

 

ON

Neurocordulia michaeli

 

ON, NB

Oeneis bore gaspeensis

 

QC

Okanagana synodica

 

AB

Papilio machaon pikei

Machaon

AB, BC

Pardosa pedia

 

SK

Polites sabuleti

Hespérie des dunes

BC

Schizocosa cespitum

 

SK

Siphlonica aerodromia

 

QC, NB, NS, NL

Speyeria egleis

 

AB

Speyeria zerene bremnerii

 

BC

Strictotarsus minipi

 

NL

Stylurus plagiatus

 

ON

Tachysphex pechumani

 

ON

Usofila pacifica

 

BC

Lichens (8)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Anaptychia elbursiana

 

BC, AB

Bryoria cervinula

 

BC

Circinaria hispida

 

BC, AB, SK

Fuscopannaria leucosticta

 

ON, QC, NB, NS, NL

Glypholecia scabra

 

NT, NU, BC, SK

Lobaria retigera

 

BC

Ramalina sinensis

 

BC, MB

Sticta limbata

 

QC, NB, NS

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Mammifères (marins) (10)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Balaenoptera borealis

Rorqual boréal (Population d'Atlantique)

Océan atlantique

Cystophora cristata

Phoque à capuchon

Océan arctique, Océan atlantique

Phoca groenlandica

Phoque du Groenland

Océan arctique, Océan atlantique

Pusa hispida hispida *

Phoque annelé

YT, NT, NU, MB, ON, QC, NL, Océan arctique

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Berardius bairdii

 

Océan pacifique

Erignathus barbatus

Phoque barbu

NT, NU, MB, ON, NL, Océan arctique, Océan atlantique

Lagenorhynchus obliquidens

Dauphin à flancs blancs du Pacifique

Océan pacifique

Physeter macrocephalus

Cachalot macrocéphale

Océan pacifique, Océan atlantique

Ziphius cavirostris

Baleine à bec de Cuvier

Océan pacifique, Océan atlantique

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Mirounga angustirostris

Éléphant de mer

BC, Océan pacifique

Mammifères (terrestres)

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Mollusques (42)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Anguispira kochi **

 

BC, ON

Anguispira kochi kochi

 

ON

Anguispira kochi occidentalis

 

BC

Mesodon clausus

 

ON

Mesodon zaletus

 

ON

Neohelix dentifera

 

ON, QC, NB

Webbhelix multilineata

 

ON

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Birgella subglobosa

 

MB, ON, QC

Fluminicola fuscus

 

BC

Inflectarius inflectus

 

ON

Micromenetus dilatatus

 

NS

Oreohelix strigosa stantoni

 

AB, SK

Oreohelix subrudis limitaris

 

AB

Philomycus carolinianus

 

ON

Physella gyrina athearni

Physelle émoussée albinos

AB

Pisidium cruciatum

Pisidie sculptée

ON

Planorbella corpulenta

 

MB, ON

Planorbella corpulenta whiteavesi

 

ON

Solemya borealis

 

Océan atlantique

Stagnicola kennicotti

Stagnicole de l’Arctique occidental occidental

NT, NU

Valvata lewisi ontariensis

Valvée scalariforme

ON

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Gastrocopta corticaria

 

ON, QC, NB

Glyphyalinia luticola

 

ON

Helisoma anceps royalense

 

MB, ON

Lasmigona costata

Lasmigone cannelée

MB, ON, QC

Leptodea ochracea

 

NB, NS

Margaritifera margaritifera

Mulette perlière de l’Est

QC, NB, NS, PE, NL

Megapallifera mutabilis

 

ON

Physella columbiana

 

BC

Physella concolor

Physelle de Haldeman

BC

Physella hordacea

Physe de l’île de Vancouver

BC

Physella latchfordi

 

ON, QC

Physella lordi

 

BC, AB

Physella nuttalli

Physelle de Nuttall

BC

Pisidium insigne

Pisidie minuscule

BC, AB, ON, PE

Pomatiopsis lapidaria

 

ON

Quadrula pustulosa

Mulette pustulée

ON

Stagnicola montanensis

 

AB

Stagnicola walkeriana

Stagnicole de Walker occidental occidental

ON

Stagnicola woodruffi

Stagnicole de Woodruff

ON

Truncilla truncata

Troncille doigt-de-cerf

ON

Valvata perdepressa

Valvée déprimée

ON

Mousses (8)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Buxbaumia minakatae

 

ON, NS, NL

Ctenidium schofieldii **

 

BC

Gollania turgens

 

YT, BC

Paraleptodontium recurvifolium **

 

BC

Seligeria acutifolia **

 

BC

Seligeria careyana

 

BC

Tortula scotterii

 

NT, BC

Zygodon gracilis **

 

BC

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Oiseaux (19)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Calamospiza melanocorys **

Bruant noir et blanc

AB, SK, MB

Zonotrichia querula **

Bruant à face noire

NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Aechmophorus clarkii

Grèbe à face blanche

AB, SK, MB

Catharus minimus minimus

Grive à joues grises de la sous-espèces minimus

NL

Gavia adamsii

Plongeon à bec blanc

NT, NU, BC, Océan pacifique

Limosa haemastica

Barge hudsonienne

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Spizella pusilla

Bruant des champs

SK, ON, QC

Tringa incana

Chevalier errant

YT, NT, BC

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Arenaria interpres morinella

Tournepierre à collier, sous-espèce morinella

YT, NT, NU

Calidris himantopus

Bécasseau à échasses

NT, NU, AB, SK, MB, ON, QC

Charadrius vociferus

Pluvier kildir

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Coccyzus erythropthalmus

Coulicou à bec noir

AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS

Dendragapus fuliginosus

Tétras fuligineux

BC

Empidonax minimus

Moucherolle tchébec

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Falco sparverius

Crécerelle d'Amérique

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Megaceryle alcyon

Martin-pêcheur d'Amérique

YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Oporornis agilis

Paruline à gorge grise

NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC

Setophaga discolor

(Paruline des prés)

ON

Somateria spectabilis

Eider à tête grise

YT, NT, NU, MB, ON, QC, NB, NL

Plantes vasculaires

Une liste plus exhaustive des espèces candidates de plantes vasculaires comportant plus de 500 plantes, groupées en deux classes prioritaires, est maintenant disponible pour tous sous forme d'un fichier Excel ou html, sous le lien suivant (Liste provisoire des espèces candidates de plantes vasculaires). Cette liste est fournie bien qu'il s’agisse d’une copie de travail qui sera modifiée au besoin. La préparation de cette liste des espèces inclut de l'information provenant du processus de revue sur la situation générale des espèces sauvages au Canada, processus qui implique les compétences fédérales, provinciales et territoriales.(dernière mise à jour, mars 2011).

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Alchemilla alpina

 

NL

Aureolaria flava

Gérardie jaune

ON

Aureolaria pedicularia

Gérardie fausse-pédiculaire

ON

Aureolaria virginica

Gérardie de Virginie

ON

Boechera quebecensis *

Arabette du Québec

QC

Carex aggregata

Carex aggloméré

ON

Carex nigromarginata

Carex à marge noire

YT, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS

Castilleja tenuis

Castilléjie grêle

BC

Eriogonum flavum var.aquilinum

Ériogone du Nord

YT

Fraxinus nigra **

 

MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Hesperochiron pumilus

Hespérochiron nain

BC

Isoetes minima **

Isoète miniscule

BC

Lyonia ligustrina

 

NS

Solidago simplex

Verge d'or de Gillman

ON, NB

Spiranthes diluvialis

Spiranthe des terrains inondés

BC

Valeriana edulis ssp.ciliata

Valériane ciliée

ON

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Liste provisoire des espèces candidates de plantes vasculaires

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Liste provisoire des espèces candidates de plantes vasculaires

Poissons (d'eau douce) (36)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Coregonus clupeaformis

Grand corégone

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, NL

Coregonus nigripinnis

Cisco à nageoires noires

ON

Entosphenus tridentatus

 

 

Thymallus arcticus

Ombre arctique (Population de l'ouest de l'arctique)

YT†, NT†, NU†, BC†, AB†, SK, MB

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Acrocheilus alutaceus

bouche coupante

BC†

Ameiurus natalis

Barbotte jaune

ON, QC†

Carpiodes cyprinus

couette

AB†, SK†, MB†, ON, QC†

Coregonus artedi

Cisco de lac

NT, NU, BC†, AB, SK, MB, ON, QC (population de la Colombie-Britannique (BC) considérée comme unité désignable (UD) distincte seulement.)

Coregonus autumnalis

Cisco arctique

YT, NT†, NU†, BC†

Coregonus nasus

Corégone tschir

YT, NT, NU, BC†

Coregonus sardinella

Cisco sardinelle

YT, NT†, NU†, BC†

Coregonus spp.

Cisco

NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC

Cottus cognatus

chabot visqueux

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE†, NL (population de l'Iîle du Prince-Édouard (PE) considérée comme unité désignable (UD) seulement.)

Couesius plumbeus

Méné de lac (Populations des sources chaudes du nord de la Colombie-Britannique)

BC

Esox niger

brochet maillé

QC†

Etheostoma caeruleum

Dard arc-en-ciel

ON, QC†

Hybognathus hankinsoni

Méné laiton

BC†, AB, SK†, MB, ON, QC†

Moxostoma anisurum

chevalier blanc

AB, SK†, MB, ON, QC†

Moxostoma erythrurum

chevalier doré

MB†, ON

Moxostoma valenciennesi

Chevalier jaune

ON†, QC†

Notropis blennius

Méné de rivière

AB†, SK†, MB†

Notropis buchanani

méné fantôme

ON†

Notropis heterodon

menton noir

MB†, ON, QC

Notropis rubellus

tête rose

ON, QC†

Noturus miurus

chat-fou tacheté

ON†

Oncorhynchus clarkii clarkii

Truite fardée côtière

YT, BC

Stenodus leucichthys

inconnu

YT, NT†, BC†

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Esox masquinongy

Maskinongé

MB, ON, QC

Ichthyomyzon castaneus

Lamproie brune (Populations des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent)

ON, QC

Ichthyomyzon castaneus

Lamproie brune (Populations des rivières Saskatchewan et Nelson)

SK, MB, ON

Margariscus margarita

Mulet perlé

NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, NL

Percina maculata

 

SK, MB, ON

Prosopium cylindraceum

Ménomini rond

YT, NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NL

Rhinichthys atratulus

 

SK, MB, ON

Salvelinus alpinus

Omble chevalier

YT, NT, NU, MB, QC, NB, NL

Salvelinus namaycush

Touladi

YT†, NT, NU, AB†, SK, MB, ON, QC†, NB†, NS†, NL

Poissons (marins) (14)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Cyclopterus lumpus **

Lompe

QC, NB, NS, PE, NL, Océan atlantique

Oncorhynchus gorbuscha

Saumon rose

BC, Océan pacifique

Oncorhynchus keta

Saumon kéta

NT, BC, Océan pacifique

Oncorhynchus mykiss

Truite arc-en-ciel

BC

Sebastes alutus

Sébaste à longue mâchoire

Océan pacifique

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Alosa pseudoharengus

Gaspereau

Océan atlantique

Alosa sapidissima

Alose savoureuse

BC, QC, NB, NS, NL, Océan pacifique, Océan atlantique

Bathyraja spinicauda

Raie à queue épineuse

NU, NS, NL, Océan atlantique

Gadus macrocephalus

Ogac

Océan pacifique

Pollachius virens

Goberge

NB, NS, NL, Océan atlantique

Sebastes entomelas

Veuve

BC, Océan pacifique

Sebastes flavidus

Sébaste à queue jaune

BC, Océan pacifique

Sebastolobus alascanus

Sébastolobe à courtes épines

BC, Océan pacifique

Somniosus microcephalus

Laimargue atlantique

Océan arctique, Océan atlantique

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Aucune espèce candidate actuellement inscrite

Reptiles (16)

Catégorie 1 - Les espèces de priorité élevée

Chrysemys picta marginata **

Tortue peinte du centre

ON, QC

Chrysemys picta picta **

Tortue peinte de l'est

NB, NS

Diadophis punctatus

Couleuvre à collier

MB, ON, QC, NB, NS

Heterodon nasicus **

Couleuvre à groin des plaines

AB, SK, MB

Opheodrys vernalis

Couleuvre verte

SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE

Pituophis catenifer sayi **

Couleuvre à nez mince des Prairies

AB, SK

Catégorie 2 - Les espèces de priorité intermédiaire

Nerodia sipedon sipedon

Couleuvre d'eau

ON, QC

Storeria dekayi

Couleuvre brune

ON, QC

Thamnophis radix

Couleuvre des plaines

AB, SK, MB

Catégorie 3 - Les espèces de priorité inférieure

Chelonia mydas

Tortue verte

Océan pacifique

Elgaria coerulea

Lézard alligator du Nord

BC

Lepidochelys kempii

Tortue de Ridley

NS, Océan atlantique

Storeria occipitomaculata

Couleuvre à ventre rouge

MB, ON, QC, NB, NS

Thamnophis elegans

Couleuvre de l'ouest

BC, AB

Thamnophis ordinoides

Couleuvre du Nord-Ouest

BC

Thamnophis sirtalis

Couleuvre rayée

NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS




Partie 3 : La Liste des espèces candidates du COSEPAC

Espèces sauvages candidates

Justification

Amphibiens

Ambystoma sp. *
Salamandre de Jefferson
ON, QC, NB, NS

Les populations de salamandres Ambystoma unisexuées femelles du complexe de la salamandre de Jefferson ont un système génétique unique et représentent une lignée monophylétique distincte qui est apparue il y a environ 5 millions d’années, ce qui en fait la plus ancienne lignée connue de vertébrés unisexués (Bogart, 2003; Bi et Bogart, 2010). Ces salamandres unisexuées sont des parasites sexuels qui ont besoin du sperme de mâles diploïdes d’espèces d’Ambystoma bisexuées sympatriques étroitement apparentées pour se reproduire (Bogart et al., 2009). Cette dépendance les expose à une menace unique parce que plusieurs de leurs populations hôtes bisexuées sont considérées comme en voie de disparition ou en déclin. Les salamandres Ambystoma unisexuées sont habituellement plus abondantes que les espèces qui leur servent d’hôtes sexuels (Uzzell, 1964; Nyman et al., 1988; Bogart et Klemens, 1997). Du fait de leur incapacité de se reproduire en l’absence de mâles diploïdes, ces populations unisexuées sont vouées à disparaître si les mâles diploïdes qui leur servent d’hôtes sexuels disparaissent.

Les salamandres unisexuées femelles du complexe de la salamandre de Jefferson portent les génomes de plus d’une espèce d’Ambystoma bisexuée, mais elles ne sont pas des hybrides. Leur constitution génomique nucléaire inclut au moins un génome comme celui de l’Ambystoma laterale (L) et jusqu’à quatre autres génomes provenant de l’A. laterale et d’une ou de plusieurs espèces parmi quatre autres espèces d’Ambystoma, plus fréquemment l’A. jeffersonianum (J) mais également l’A. texanum (T), l’A. tigrinum (Ti) et/ou l’A. barbouri (B) (Bogart, 2003; Bogart et Klemens, 1997; 2008; Bogart et al., 2009). Ces salamandres peuvent être diploïdes, triploïdes, tétraploïdes et même pentaploïdes (Bogart, 2003), mais parmi les quelque 20 combinaisons génomiques possibles ou plus, ce sont les individus triploïdes LJJ et LLJ qui sont les plus fréquents. Si leur constitution génomique nucléaire est variable, tous les individus possèdent un génome mitochondrial semblable à celui de l’A. barbouri (Robertson et al., 2006; Bi et Bogart, 2010). Les populations de salamandres Ambystoma unisexuées ne sont donc pas le résultat d’une hybridation continue (Bogart et al., 2009) et représentent plutôt une lignée monophylétique qui est apparue au début du Pliocène (Bi et Bogart, 2010).

Tout comme leur constitution génomique nucléaire, la morphologie de ces salamandres unisexuées est également extrêmement variable. De façon générale, ce sont des salamandres robustes grises à noir-bleu mesurant entre 10 et 20 cm (longueur totale); leurs caractéristiques morphologiques précises sont intermédiaires à celles des espèces dont elles portent les génomes. Comme presque toutes portent le génome de l’A. laterale (salamandre à points bleus), leurs flancs montrent presque toujours des mouchetures bleues plus ou moins distinctes. 

Les populations unisexuées viables du complexe de la salamandre de Jefferson sont réparties de façon irrégulière dans la région du bassin inférieur des Grands Lacs et la vallée du Saint-Laurent, et des populations isolées sont également présentes au Wisconsin et dans le Maine, le nord du Nouveau-Brunswick et le centre de la Nouvelle-Écosse. Au Canada, ces salamandres se rencontrent invariablement en association avec l’A. jeffersonianum, l’A. laterale ou l’A. texanum. Tous les individus de ces populations sont des femelles, sauf un très petit pourcentage (~ 1 %) qui semble constitué de mâles stériles. Les femelles sont normalement plus abondantes que les donneurs de sperme provenant de populations diploïdes bisexuées. Comme les autres salamandres du genre Ambystoma, elles présentent un cycle vital complexe et ont besoin de plans d’eau permanents ou semi-permanents pour se reproduire et de forêts humides adjacentes pour se nourrir et hiberner. La disparition ou la dégradation des étangs de reproduction et la fragmentation des habitats terrestres constituent des menaces pour les populations d’Ambystoma unisexuées à l’échelle de leur aire de répartition canadienne. L’extraction des ressources, y compris l’exploitation forestière et l’exploitation minière, compromet la qualité des habitats aquatiques et terrestres. Ces menaces sont identiques à celles qui pèsent sur les espèces hôtes, dont une (A. tigrinum) est considérée par le COSEPAC comme disparue du pays et deux autres (A. jeffersonianum et A. texanum), comme en voie de disparition. Une quatrième espèce hôte (A. barbouri) n’est pas présente au Canada. La disparition de ces espèces consacre inévitablement celle des populations unisexuées qui en dépendent.
 
i. Niveau taxinomique : Depuis leur découverte, le statut taxinomique de ces salamandres soulève la controverse car il ne correspond pas aux définitions usuelles d’une espèce, si ce n’est que ces salamandres représentent une lignée mitochondriale monophylétique. Premier chercheur à reconnaître le caractère particulier de ces salamandres, Clanton (1934) a discerné chez des populations d’A. jeffersonianum du sud du Michigan des individus sombres des deux sexes (rapport des sexes de 1 :1) et des individus pâles unisexués (exclusivement des femelles). Ces observations et les variations morphologiques tenues pour présentes à l’époque chez l’A. laterale et l’A. jeffersonianum ont incité Bishop (1947) à considérer toutes ces salamandres comme appartenant à une seule espèce morphologiquement variable, l’A. jeffersonianum. Logier et Toner (1961) ont par conséquent combiné toutes les occurrences connues de l’A. jeffersonianum et de l’A. laterale au Canada. Quelques années plus tôt, Minton (1954) avait postulé que les formes intermédiaires étaient des hybrides entre ces deux espèces, mais Uzzell (1964) a par la suite proposé pour ces formes intermédiaires deux noms d’espèces, toutes deux triploïdes, l’une (A. platineum) possédant deux séries de chromosomes de l’A. jeffersonianum et une série de chromosomes de l’A. laterale (LJJ), et l’autre (A. tremblayi), une série de chromosomes de l’A. jeffersonianum et deux séries de chromosomes de l’A. laterale (LLJ). Subséquemment, Lowcock et al., (1987) ont toutefois démontré que ni l’A. platineum ni l’A. tremblayi ne peuvent être considérées comme des espèces valides puisque de nombreux autres variants chromosomiques existent en plus de ces deux triploïdes réciproques. Les individus unisexués appartiennent donc à une espèce distincte des autres espèces d’Ambystoma, mais cette espèce demeure à nommer.

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Environ 40 %. L’aire de répartition canadienne de l’espèce inclut le sud de l’Ontario et du Québec et certaines régions du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse. 

iii. Statut de conservation mondial existant : GU (rang révisé pour la dernière fois le 21 septembre 2001; NatureServe, 2010). Même si leur statut taxinomique n’est pas encore officiellement reconnu, ces salamandres sont considérées comme une espèce préoccupante (Special Concern) au Connecticut et comme une espèce en voie de disparition (Endangered) en Illinois et au New Jersey.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Les tendances des populations canadiennes sont inconnues, mais la perte ou la dégradation de milieux humides utilisés comme sites de reproduction et la fragmentation des habitats terrestres ont entraîné la disparition de certaines populations. Des populations sont peut-être encore présentes mais incapables de se reproduire dans les régions où les populations diploïdes d’A. jeffersonianum (désigné espèce préoccupante par le COSEPAC en 2010), d’A. texanum (désigné espèce en voie de disparition par le COSEPAC en 2004) ou d’A. laterale qui leur servaient d’hôtes sexuels ont disparu.

v. Menaces : Les principales menaces anthropiques et écologiques qui pèsent sur ces salamandres sont les mêmes que celles qui touchent l’A. texanum et l’A. jeffersonianum : destruction de l’habitat, utilisation des terres et acidification des étangs de reproduction (Brodman, 2005a,b; deMaynadier et Hunter, 1998; Petranka, 1998). 

La perte d’habitats terrestres et d’étangs de reproduction de qualité est la principale menace qui pèse sur les salamandres du complexe A. jeffersonianum et les espèces associées au Canada. Une bonne partie des forêts indigènes du sud de l’Ontario, du Nouveau-Brunswick et du centre de la Nouvelle-Écosse ont été défrichées à des fins agricoles et pour le développement urbain, l’extraction d’agrégats et l’exploitation des ressources.

L’altération de l’habitat peut avoir des impacts directs et indirects sur les populations de salamandres. L’ensemencement de poissons ou les changements hydrologiques ou autres résultant de projets de développement avoisinants peuvent rendre les étangs de reproduction inutilisables pour les salamandres. Les voies migratoires reliant les étangs de reproduction à l’habitat estival peuvent être bloquées par des constructions, des clôtures anti-érosion, des fossés de drainage, des plantations ou d’autres barrières. Des modifications hydrologiques peuvent réduire l’hydropériode des étangs de reproduction, provoquant ainsi leur assèchement avant la métamorphose des larves. L’enlèvement des arbres morts ou d’autres débris dans l’habitat estival et en bordure des étangs réduit les quantités de nourriture et d’abris disponibles pour les salamandres et restreint leur dispersion. L’enlèvement des branches et des autres substrats auxquels les femelles fixent leurs masses d’œufs dans les étangs nuit également à l’espèce. Comme les salamandres utilisent les terriers de petits rongeurs pour se cacher, s’alimenter et hiberner, la réduction des populations de ces rongeurs pourrait également nuire à l’espèce. 

La mortalité routière est une menace persistante. De nombreuses salamandres périssent sur les routes alors qu’elles se dirigent vers les étangs de reproduction ou en reviennent. Les bordures de chaussée et les bouches d’égout peuvent agir comme des barrières ou des pièges, respectivement, et les routes constituent souvent une source de pollution chimique qui contribue à la dégradation des habitats aquatiques et terrestres adjacents. Les routes accroissent également la vulnérabilité des adultes en migration aux prédateurs.

La perte de populations hôtes sexuées est une menace unique aux populations de salamandres unisexuées du genre Ambystoma parce que ces dernières ont besoin des mâles diploïdes sexués pour se reproduire.
 
vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : L’aire de répartition des populations de salamandres unisexuées est fragmentée en trois zones restreintes entièrement isolées les unes des autres : 1) le sud de l’Ontario et du Québec; 2) le nord du Nouveau-Brunswick; 3) le centre de la Nouvelle-Écosse. 

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Dépendance de l’espèce à l’égard des milieux humides semi-permanents exempts de poissons pour la reproduction; fluctuations du nombre d’adultes d’une année à l’autre; besoin d’une configuration propice d’habitat forestier terrestre et de sites de reproduction aquatiques; dépendance à l’égard d’un tapis forestier présentant une structure tridimensionnelle complexe, de débris ligneux grossiers et d’un microclimat humide; comportement migratoire entre les étangs de reproduction et les aires d’alimentation terrestres, qui accroît les risques de mortalité routière et de prédation et les autres facteurs de mortalité, en particulier dans les paysages fragmentés; dépendance totale à l’égard des mâles d’espèces diploïdes apparentées en péril pour la reproduction.

Références :

Bi, K., et J.P. Bogart. 2010. Time and time again: unisexual salamanders (genus Ambystoma) are the oldest unisexual vertebrates, BMC Evolutionary Biology 10: 238doi:10.1186/1471-2148-10-238.

Bishop, S.C. 1947. Handbook of Salamanders: the salamanders of the United States, of Canada, and of Lower California, Ithaca (New York), Comstock.

Bogart, J.P. 2010. Update COSEWIC Status Report on Jefferson Salamander, Ambystoma jeffersonianum, (ébauche), Comité sur la situation des espèces en péril au Canada.

Bogart, J.P., et M.W. Klemens. 1997. Hybrids and genetic interactions of mole salamanders (Ambystoma jeffersonianum and A. laterale) (Amphibia: Caudata) in New York and New England, American Museum Novitates 3218:1-78.

Bogart J.P., et M.W. Klemens. 2008. Additional distributional records of Ambystoma laterale, A. jeffersonianum (Amphibia: Caudata) and their unisexual kleptogens in northeastern North America, American Museum Novitates 3627: 1-58. 

Bogart, J.P., K. Bi, J. Fu, D.W.A. Noble et J. Niedzwieki. 2007. Unisexual salamanders (genus Ambystoma) present a new reproductive mode for eukaryotes, Genome 50: 119-136.

Bogart, J.P., J. Bartoszek, D.W.A. Noble et K. Bi. 2009. Sex in unisexual salamanders: discovery of a new sperm donor with ancient affinities, Heredity 103: 483-493.

Brodman, R. 2005a. Ambystoma jeffersonianum, Jefferson Salamander, in Lannoo, M.J. (éd.), Amphibian Declines: The Conservation Status of United States Species, 611–613, Berkeley (Californie), ÉTATS-UNIS, University of California Press.

Brodman, R. 2005b. Ambystoma laterale, Blue-spotted Salamander, in Lannoo, M.J. (éd.), Amphibian Declines: The Conservation Status of United States Species, 614–616,Berkeley (Californie), ÉTATS-UNIS, University of California Press. 

Clanton, W. 1934. An unusual situation in the salamander Ambystoma jeffersonianum (Green), Museum of Zoology, University of Michigan, Occasional Papers No. 290: 1-14.

Demaynadier, P.G., et M.L. Hunter. 1998. Effects of silvicultural edges on the distribution and abundance of amphibians in Maine, Conservation Biology 12: 340-352. 

Logier, E.B.S., et G.C. Toner. 1961. Check List of the Amphibians and Reptiles of Canada and Alaska, Life Science Division, Musée royal de l’Ontario, Toronto, Contribution No. 53: 92 p.

Lowcock, L.A., L.E. Licht et J.P. Bogart. 1987. Nomenclature in hybrid complexes of Ambystoma (Urodela: Ambystomatidae): no case for the erection of hybrid “species”, Systematic Zoology: 36:328-336.

Minton, S.A. 1954. Salamanders of the Ambystoma jeffersonianum complex in Indiana, Herpetologica 10: 173-179.

NatureServe. 2010. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 7.1, NatureServe, Arlington (Virginie), disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 12 février 2011, en anglais seulement). 

Nyman, S., M.J. Ryan et J.D. Anderson. 1988. The distribution of the Ambystoma jeffersonianum complex in New Jersey, Journal of Herpetology 22: 224-228.

Petranka, J.W. 1998. Salamanders of the United States and Canada, Smithsonian Institution Press, 587 p.

Robertson, A.V., C. Ramsden, J. Niedzwiecki, J. Fu et J.P. Bogart. 2006. An unexpected recent ancestor of unisexual Ambystoma, Molecular Ecology 15: 3339-3351.

Uzzell, T.M. 1964. Relations of the diploid and triploid species of the Ambystoma jeffersonianum complex (Amphibia, Caudata), Copeia 1964: 257-300.

RÉDIGÉ PAR : Sous-comité des spécialistes des amphibiens et des reptiles, janvier 2012

Arthropodes

Hemileuca nuttalli *

BC

Règne : Animalia –Animal
Embranchement : Arthropoda – Arthropodes
Sous-embranchement : Hexapoda - Hexapodes
Classe : Insecta – Insectes 
Sous-classe : Pterygota – Ptérygotes, insectes ailés
Ordre : Lepidoptera – Papillons
Famille : Saturniidae
Sous-famille : Hemileucinae
Genre : Hemileuca Walker
Espèce : nuttalli (Strecker)

L’Hemileuca nuttalli est un grand Saturniidé diurne coloré qui se rencontre uniquement à faible altitude dans des écosystèmes prairiaux à purshie tridentée dans le sud de la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique. À l’échelle mondiale, l’espèce est présente dans la région intérieure sèche du Grand Bassin et le bassin intérieur du Columbia dans l’ouest de l’Amérique du Nord. 

La présence de l’espèce a été mentionnée à seulement quelques reprises à Osoyoos, au lac Vaseux (3 mentions : deux de ces mentions se rapportent à des chenilles qui ont été élevées jusqu’au stade adulte; ces deux mentions sont les deux seules au RBCM), au lac White (Dennis St. John, obs. pers.) et à Oliver (1 mention). 

Les principaux hôtes larvaires de l’espèce sont la purshie (Purshia) et la symphorine (Symphoricarpos), mais d’autres plantes sont également utilisées comme hôtes larvaires dans le sud de l’aire de répartition de l’espèce. Le sud de la vallée de l’Okanagan et en particulier la purshie, plante hôte indigène de l’espèce, subissent des pressions intenses, car les terres y sont prisées pour leur potentiel viticole et de développement résidentiel.

i. Niveau taxinomique : Espèce – priorité élevée.

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Moins de 5 % de l’aire mondiale de l’espèce se trouve au Canada – priorité faible.

iii. Statut de conservation mondial existant : priorité faible – UICN : Espèce non cotée. NatureServe : échelle mondiale : G5; échelle nationale : États-Unis (N5), Canada (NNR); État/province : Colorado (S4), Wyoming (SNR), Colombie-Britannique (SNR).

iv. Taille et tendances des populations au Canada : priorité élevée – seulement quelques mentions (6 ou moins) proviennent de musées provinciaux ou de collections. Des individus ont été récoltés à Osoyoos, à Oliver et aux lacs White et Vaseux. À long terme, une perte d’habitat soutenue et à long terme résultant de la disparition de l’habitat à purshie tridentée dans le sud de la vallée de l’Okanagan est inférée au Canada. Selon Mike Sarrell et Dennis St. John, deux biologistes de terrain qui travaillent dans la vallée de l’Okanagan depuis de nombreuses années, l’espèce y semble beaucoup moins commune que le porte-queue de Behr. 

v. Menaces : – priorité élevée – perte soutenue d’habitat causée par le développement.

UICN – Menace no 1 : Développement résidentiel et commercial – La principale menace qui pèse sur l’espèce est la perte cumulée d’habitat et la dégradation et la fragmentation de la communauté végétale à purshie tridentée. L’agriculture et le développement urbain ont entraîné la destruction d’environ 67 % des communautés à purshie tridentée / stipe comateuse depuis 1800 (Lea, 2008; B. White, comm. pers., 2010). 

UICN – Menace no 2 : Agriculture et aquaculture – La dérive de pesticides en provenance de terres agricoles ou d’exploitations viticoles adjacentes pourrait avoir des effets néfastes pour les populations de l’espèce et leur habitat en provoquant une mortalité directe localisée. Les effets pourraient différer selon la nature de la culture adjacente, le moment des applications, la quantité de pesticide appliquée et les composantes chimiques du pesticide utilisé, mais ces renseignements ne sont pas disponibles pour chacun des sites. Les traitements herbicides contre les plantes envahissantes peuvent avoir des effets nocifs pour les plantes non ciblées, dont la purshie tridentée et les plantes nectarifères. 

IUCN – Menace no 6 : Empiètement et perturbation par les humains – Certaines activités récréatives, notamment l’utilisation de véhicules tout-terrain, peuvent avoir des effets sur l’habitat à certains sites se trouvant sur des propriétés privées ou des terres de la Couronne.

IUCN – Menace no 7 : Modifications des systèmes naturels – L’altération du régime des feux naturels occasionnée par les programmes de protection contre les feux de friche et de suppression des incendies semble avoir entraîné une augmentation de l’intensité et de la gravité des incendies dans la vallée de l’Okanagan. Anciennement, les feux de friche étaient vraisemblablement plus fréquents dans les habitats à purshie tridentée (Young et Clements, 2002). La suppression des incendies favorise ultimement le déclenchement d’incendies de grande intensité entraînant le remplacement des peuplements au lieu de petits feux de surface moins intenses et localisés ne menaçant pas l’intégrité des communautés végétales à purshie tridentée. En 2005, la vallée de l’Okanagan a été touchée par d’importants incendies qui ont eu des impacts importants sur les habitats à purshie tridentée (O. Dyer, comm. pers., 2009). Par contre, le feu peut favoriser la germination des graines de purshie tridentée entreposées dans les caches de rongeurs et, dans certains secteurs, stimuler la régénération (Blaisdell et Mueggler, 1956; Driver et al., 1980; Young et Clements, 2002). On ignore si le feu induit la repousse chez la purshie tridentée dans le sud de la vallée de l’Okanagan. L’altération du régime des feux et l’introduction d’espèces de plantes envahissantes pourraient également avoir modifié la structure et la composition des communautés végétales à purshie tridentée. En l’absence de feux, l’empiétement de l’habitat par les arbres et l’augmentation de l’ombre et de la compétition qui s’est ensuivie a vraisemblablement entraîné une réduction de la taille des purshies tridentées et l’étendue des colonies à certains sites (S. Desjardins, comm. pers., 2009; D. St. John, comm. pers., 2009; O. Dyer, comm. pers., 2009). Le pâturage a probablement des impacts sur la purshie tridentée à certains sites, soit directement, soit indirectement, en entraînant la compaction du sol et en empêchant ainsi l’établissant de nouvelles plantes hôtes. 

UICN – Menace no 8 : Espèces envahissantes et autres espèces et gènes problématiques – De nombreuses plantes introduites sont présentes dans les écosystèmes à purshie tridentée. Certaines espèces semblent avoir peu d’effets sur ces écosystèmes, mais d’autres, notamment le brome des toits (Bromus tectorum), la potentille dressée (Potentilla recta), la centaurée diffuse (Centaurea diffusa) et la linaire à feuilles larges (Linaria genistifolia ssp. dalmatica), peuvent avoir des effets négatifs importants (South Okanagan Similkameen Conservation Program, 2009). Par exemple, la potentille dressée peut former des colonies monospécifiques et finir par éliminer par compétition les plantes hôtes nectarifères du porte-queue de Behr et empêcher le rétablissement de la purshie tridentée après les feux de friche. De nombreux prédateurs invertébrés ont été introduits en Colombie-Britannique à titre d’agents de lutte biologique contre des plantes envahissantes, mais leurs effets sur les populations de papillons indigènes sont inconnus. Par exemple, des mouches tachinaires parasitoïdes (Tachinidés) ont été introduites comme agents de lutte biologique contre la spongieuse. Il a été établi que ces mouches ont un effet négatif sur les populations de tous les lépidoptères. Elles n’ont été introduites à ce jour que dans l’est des États-Unis et du Canada, mais il est possible qu’elles atteignent l’ouest de l’Amérique du Nord par leurs propres moyens ou en y étant introduites à des fins de lutte biologique contre certains insectes ravageurs. 

IUCN – Menace no 11 : Changement climatique et phénomènes météorologiques violents – Le changement climatique constitue une menace potentielle pour le porte-queue de Behr dans le sud de la vallée de l’Okanagan en raison de ses impacts éventuels sur les écosystèmes, mais ces impacts demeurent mal compris. Le changement climatique pourrait provoquer une aggravation des sécheresses dans le sud de la Colombie-Britannique et causer une sénescence prématurée des plantes hôtes larvaires et des plantes nectarifères, ou encore modifier le régime des pluies durant la période de développement larvaire et ainsi réduire le taux de survie juvénile. Des recherches additionnelles s’imposent pour préciser ces effets. En revanche, le changement climatique pourrait accroître l’enveloppe climatique propice à la croissance de la purshie tridentée. Une modélisation des impacts du changement climatique sur le porte-queue de Behr a révélé que dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique, les conditions climatiques propices à la prairie pourraient s’étendre vers le nord jusqu’aux régions situées tout juste au sud de la frontière du Yukon d’ici 2080 (Wilson et Hebda, 2008). Toutefois, au rythme où elles se produisent à l’échelle de l’aire de répartition connue de l’espèce, la disparition et la fragmentation des habitats, combinées à la capacité de dispersion naturelle des graines de la purshie tridentée (R. Hebda, comm. pers., 2008 à O. Dyer, comm. pers., 2008) et des porte-queue de Behr adultes, risquent d’empêcher l’expansion naturelle de ces deux espèces. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : – priorité élevée (la superficie de ces zones peut être déterminée d’après les données se rapportant à d’autres espèces en péril partageant le même habitat comme le porte-queue de Behr – la superficie approximative de l’aire de répartition canadienne, incluant les sites d’Osoyoos, des lacs White et Vaseux et d’Oliver, est inférieure à 250 km2).

vii. Facteurs limitatifs biologiques : – priorité modérée à élevée – l’espèce dépend de la purshie tridentée (Purshia tridentata) dans la vallée de l’Okanagan. Aux États-Unis, elle utilise également la symphorine (Symphoricarpos) comme plante hôte (Tuskes, 1984).

Références : 

St. John, D. 2010. An inventory strategy for Nuttall’s Buckmoth (Hemileuca nuttalli nuttalli (Strecker, 1875)) with commentary on Common Sheep Moth (Hemileuca eglanterina (Boisduval, 1852)) and Sagebrush Sheep Moth (Hemileuca hera hera (Harris, 1841)), rapport inédit, Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, bureau de Penticton (Colombie-Britannique). 

Tuskes, P.M. 1984. The biology and distribution of California Hemileucinae (Saturniidae), J. Lepid. Soc. 38: 281-309.

Tuskes, P.M., J.P. Tuttle et M.M. Collins. 1996. The Wild Silk Moths of North America: A Natural History of the Saturniidae of the United States and Canada, Cornell University Press, 250 p.

Communications personnelles : 
Sarrell, Mike, entomologiste, Osoyoos (Colombie-Britannique).
St. John, Dennis, entomologiste, Okanagan Falls (Colombie-Britannique).

RÉDIGÉ PAR : Gary Anweiler, juin 2010; mis à jour par Jenny Heron, juillet 2011.

Coreorgonal petulcus *

BC

Le genre Coreorgonal Bishop et Crosby, de la famille des Linyphiidés et de la sous-famille des Érigoninés, est endémique de la côte du Nord-ouest Pacifique. Deux des trois espèces décrites sont très rares et présentent une aire de répartition mondiale très restreinte. L’une d’entre elles, le C. petulcus (Millidge), est endémique d’une petite région du bassin de Géorgie en Colombie-Britannique et dans l’État de Washington et ne compte qu’une population au Canada, établie dans la portion extrême-sud de l’île de Vancouver. Les résultats d’une campagne intensive de collecte à la main et de plus de 50 000 jours de piégeage à l’aide de pièges-fosses dans toute la portion sud de l’île de Vancouver et la zone continentale adjacente de la Colombie-Britannique indiquent que le C. monoceros (Keyserling), espèce assez largement répartie, est commun dans la région du bassin de Géorgie mais que le C. petulcus est confiné à une vieille forêt côtière de douglas située sur des terres du ministère de la Défense nationale à Rocky Point (Metchosin) et est peut-être présent dans un habitat similaire sur la propriété adjacente du Pearson College. Ces forêts sont menacées par le feu – l’habitat y est très sec et comporte une charge importante et diversifiée de combustible ligneux. Les habitats subissent des changements importants sous l’effet de la colonisation du parterre forestier par des espèces indigènes et d’importantes populations en expansion de plantes envahissantes comme l’ajonc d’Europe, le lierre commun et le genêt à balais. La propriété de Rocky Point présente une grande valeur et n’est pas à vendre actuellement, mais le gouvernement fédéral a envisagé au cours des dernières années de la céder à des promoteurs résidentiels et commerciaux. Le Coreorgonal petulcus est coté N1N2 à l’échelle nationale dans une ébauche de document de NatureServe Canada (2010) précisant les rangs de conservation provinciaux/nationaux attribués à toutes les espèces d’araignées présentes au Canada. Le fait que cette espèce ne comporte qu’une seule population au Canada et que celle-ci soit confinée à une seule localité vulnérable en fait une excellente candidate à une évaluation détaillée par le COSEPAC. 

i. Niveau taxinomique : Espèce – priorité élevée.

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Priorité élevée – ~ l’aire de répartition canadienne ne représente qu’environ 10 % de l’aire de répartition mondiale, elle-même extrêmement réduite (l’espèce est endémique de la région du bassin de Géorgie). 

iii. Statut de conservation mondial existant : Priorité élevée – L’espèce n’est pas cotée à l’échelle mondiale; dans son ébauche de document, NatureServe Canada lui a attribuée le rang N1N2 (catégorie comprise entre gravement en péril et en péril) à l’échelle du Canada. 

iv. Taille et tendance des populations canadiennes : Priorité élevée – une seule population, tendances inconnues. 

v. Menaces : Priorité élevée – L’espèce est confinée à un seul site qui pourrait être entièrement détruit par un seul événement catastrophique (p. ex. feu de forêt). L’habitat de l’espèce continue de se dégrader sous l’effet de la colonisation du parterre forestier par des espèces indigènes et l’invasion par des espèces envahissantes. Les propriétés du ministère de la Défense nationale pourraient être cédées à des promoteurs résidentiels ou commerciaux. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : Priorité élevée – l’espèce ne compte qu’une population au Canada – La zone d’occurrence et la zone d’occupation couvrent moins de 2 km2. 

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Priorité modérée – l’espèce vit peut-être uniquement dans les vieilles forêts non perturbées.
 
Références : 

Bennett, R.G., D. Blades, C.D. Dondale, D.J. Buckle et R.C. West. 2010. The spiders of British Columbia [base de données en ligne], in Klinkenberg, B. (éd.), E-Fauna BC: electronic atlas of the fauna of British Columbia, disponible à l’adresse : http://www.geog.ubc.ca/biodiversity/efauna/spiders.html Lab for Advanced Spatial Analysis, Department of Geography, University of British Columbia, Vancouver. 

Crawford, R.L. 1988. An annotated checklist of the spiders of Washington, Burke Museum Contributions, 5: 1-48. 

Metchosin Biodiversity Project. 2011. Résultats du Bioblitz 2011 de Metchosin, disponibles à l’adresse : http://metchosinbiodiversity.com. 

Millidge, A.F. 1981. The erigonine spiders of North America. Part 3. The genus Scotinotylus Simon (Araneae: Linyphiidae), Journal of Arachnology 9: 167-213.

RÉDIGÉ PAR : Robb Bennett, 8/7/2011 (révisé le 24 février 2012)

Coccinella novemnotata *
Coccinelle à neuf points
BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE

Anciennement, le Coccinella novemnotata se rencontrait dans la majorité des régions du sud de l’Ontario et du Québec, de même que dans le sud des Prairies, de Brandon aux Rocheuses, et dans le sud de la Colombie-Britannique. Dans l’est du Canada, l’examen des collections d’insectes a permis de documenter le rétrécissement de son aire de répartition. La mention la plus récente en Ontario date du début des années 1980. Dans le sud du Québec, une petite population a été découverte au mont Saint-Hilaire en 2006; il s’agit de la seule mention de l’espèce depuis les années 1980 (McCorquodale et al., 2011). Dans le sud de la Colombie-Britannique, l’espèce n’a pas été décelée depuis 2000. En Alberta, des populations persistent, mais leur densité est plus faible qu’au cours des années 1980 (Acorn, 2007). L’espèce a disparu de nombreuses régions de l’est des États-Unis (Wheeler et Hoebeke, 1995; Harmon et al., 2007). La compétition exercée par les espèces de coccinelles non indigènes récemment introduites est souvent tenue pour la principale cause des déclins, mais cette hypothèse est étayée par peu de données. Les changements d’utilisation des terres, en particulier des bandes de végétation situées de part et d’autre des clôtures, ainsi que l’utilisation de pesticides et les maladies pourraient également avoir contribué au déclin généralisé de l’espèce.

i. Niveau taxinomique : Espèce – priorité élevée.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale située au Canada: priorité modérée - élevée – environ 20 % de l’aire de répartition mondiale se trouve au Canada (ce pourcentage pourrait être beaucoup plus élevé, compte tenu des déclins récents enregistrés aux États-Unis). 

iii. Statut de conservation mondial existant : priorité élevée – NatureServe a attribué à l’espèce le rang S2 à l’échelle des provinces de l’Est, et S3 à l’échelle des provinces de l’Ouest. 

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : priorité élevée – Un examen des collections a révélé que l’espèce a subi un important déclin (> 90 %) au cours des trois dernières décennies dans l’est du pays et en Colombie-Britannique. 

v. Menaces : priorité élevée – Compétition avec les espèces de coccinelles non indigènes, maladies transmises par les coccinelles non indigènes, changements d’utilisation des terres, pesticides. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : priorité élevée – La zone d’occupation couvre une superficie d’environ 4 km2 dans l’est du Canada et une superficie indéterminée en Alberta et dans les Prairies; l’espèce a peut-être disparu de la Colombie-Britannique.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : priorité modérée – les facteurs à l’origine du déclin à la fois important et généralisé de l’espèce sont inconnus.
 
Références :

Acorn, J. 2007. Ladybugs of Alberta: finding and connecting the dots, 1ère éd., The University of Alberta Press, Edmonton (Alberta), 169 pp.

Harmon, J.P., E. Stephens et J. Losey. 2007. The decline of native coccinellids (Coleoptera: Coccinellidae) in the United States and Canada, Journal of Insect Conservation 11: 85-94.

Losey, J.E., J.E. Perlman et E.R. Hoebeke. 2007. Citizen scientist rediscovers rare nine-spotted lady beetle, Coccinella novemnotata, in eastern North America, Journal of Insect Conservation 11: 415-417.

McCorquodale, D.B., D.J. Giberson et S.M. Marriott. 2011. Changes in the status and geographic ranges of Canadian lady beetles (Coleoptera: Coccinellidae: Coccinellinae) and the selection of candidate species for risk assessment by the Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada – Part III.  Final Report, Refereed report to COSEWIC [Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada] Arthropods Species Specialist Committee, 51 p.

RÉDIGÉ PAR : David McCorquodale

Trimerotropis huroniana *

ON

Règne : Animalia -- Animal
Embranchement : Arthropoda -- Arthropodes
Sous-embranchement : Hexapoda  -- Hexapodes
Classe : Insecta  -- Insectes
Sous-classe : Pterygota  -- Ptérygotes (insectes ailés)
Infraclasse : Neoptera  -- Néoptères (insectes modernes repliant leurs ailes)
Ordre : Orthoptera  -- Orthoptères (criquets-locustes, sauterelles, etc.)
Sous-ordre : Caelifera -- Caelifères 
Infraordre : Acrididea  
Superfamille : Acridoidea MacLeay, 1819 
Famille : Acrididae MacLeay, 1819 -- Criquets
Sous-famille : Oedipodinae  
Genre : Trimerotropis Stål, 1873 
Espèce : Trimerotropis huroniana E.M. Walker, 1902

Le Trimerotropis huroniana est une espèce de criquet endémique des Grands Lacs confinée au Wisconsin, au Michigan et en Ontario. L’espèce présente également des limites de tolérance écologique étroites et se rencontre exclusivement dans des dunes non perturbées à végétation clairsemée en bordure des Grands Lacs. Les principales menaces qui pèsent sur l’habitat, et par conséquent sur le criquet lui-même, sont le développement domiciliaire (résidentiel et de villégiature), les activités récréatives, l’intensification de l’érosion des rives sableuses et la conversion des zones sableuses dénudées par le roseau commun, une espèce envahissante. La tolérance apparemment limitée de l’espèce à la modification de son habitat résulte en la disparition des populations locales (par opposition à une simple réduction des effectifs) dans les secteurs où l’habitat est dégradé,

i. Niveau taxinomique : Espèce – priorité élevée.

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : priorité modérée ~ entre 10 et 25 % de l’aire de répartition mondiale est située au Canada.
Le Trimerotropis huroniana est une espèce endémique régionale qui se rencontre uniquement dans les dunes du littoral des Grands Lacs dans le nord-est du Wisconsin, l’est de la haute péninsule et le nord de la basse péninsule du Michigan et la portion centrale du littoral du lac Huron, en Ontario. En Ontario, l’espèce n’a à ce jour été trouvée qu’à un seul site (baie Carter, île Manitoulin). Trois autres sites historiques (île Giant’s Tomb et plage Wasaga, baie Georgienne et Southampton, lac Huron) sont connus, mais l’espèce n’y a pas été observée récemment en dépit des recherches qui y ont été effectuées.

iii. Statut de conservation mondial existant : priorité élevée – G2G3. À l’échelle nationale, l’espèce est cotée N2N3 aux États-Unis et NH (devrait être S1) au Canada. Le rang S1 lui a été attribué en Ontario.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : priorité élevée – Aucune donnée sur la taille de la population n’est disponible. À long terme, la population est jugée en déclin, car elle semble avoir disparu à trois des sites anciennement occupés.

v. Menaces : priorité élevée - Les principales menaces qui pèsent sur l’habitat, et par conséquent sur le criquet lui-même, sont le développement domiciliaire (résidentiel et de villégiature), les activités récréatives, l’intensification de l’érosion des rives sableuses et la conversion des zones sableuses dénudées par le roseau commun, une espèce envahissante.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : priorité élevée - En Ontario, l’espèce est actuellement reconnue comme présente à seulement un site sur l’île Manitoulin.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : priorité modérée – L’espèce présente également des limites de tolérance écologique étroites et se rencontre exclusivement dans des dunes littorales non perturbées à végétation clairsemée où l’augmentation d’autres populations d’espèces indigènes pourrait entraîner son déplacement.

Références :

NatureServe. 2011. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 7.1, NatureServe, Arlington (Virginie), disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 25 juillet 2011, en anglais seulement).

Rabe, M.L. 1999. Special Animal Abstract for Trimerotropis huroniana (Lake Huron locust), Michigan Natural Features Inventory, Lansing, MI 3p, disponible à l’adresse : http://web4.msue.msu.edu/mnfi/abstracts/zoology/Trimerotropis_huroniana.pdf (en anglais seulement).

Sjogren, M. 2001. Conservation assessment for Lake Huron Locust (Trimerotropis huroniana), USDA Forest Service, Eastern Region, 12 p, disponible à l’adresse : http://www.fs.fed.us/r9/wildlife/tes/ca-overview/docs/insect_Trimerotropis_huroniana-LakeHuronLocust.pdf (en anglais seulement).

RÉDIGÉ PAR : Colin Jones

Coccinella transversoguttata **
Coccinelle à bandes transverses
YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Règne	Animalia – Animaux
Embranchement	Arthropoda – Arthropodes
Sous-embranchement	Hexapoda – Hexapodes
Classe	Insecta – Insectes
Sous-classe	Pterygota – Ptérygotes (insectes ailés)
Infraclasse	Neoptera – Néoptères (insectes modernes repliant leurs ailes)
Ordre	Coleoptera Linnaeus, 1758 – coléoptères
Sous-ordre	Polyphaga Emery, 1886
Infra-ordre	Cucujiformia Lameere, 1938
Super-famille	Cucujoidea Latreille, 1802
Famille	Coccinellidae Latreille, 1807 – coccinelles
Sous-famille	Coccinellinae Latreille, 1807
Genre	Coccinella Linnaeus, 1758
Espèce	Coccinella transversoguttata Faldermann, 1835
Sous-espèce	Coccinella transversoguttata richardsoni Brown, 1962 – coccinelle à bandes transversales

i. Niveau taxinomique – Espèce – élevé. Aucune unité désignable proposée à l’heure actuelle.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada – Environ 65 %; augmentation due au rétrécissement de l’aire de répartition dans le nord des États-Unis – modéré. 

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale – Espèce non classée à l’échelle mondiale. Situation générale au Canada en 2010 : S2 pour les provinces de l’est (Île du Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Québec, Ontario, Manitoba); S3 pour la Saskatchewan et l’Alberta et S5 pour Terre-Neuve-et-Labrador, la Colombie-Britannique, le Yukon et les Territoires du Nord-Ouest. AUCUN enregistrement dans les Maritimes depuis 1994; aucun enregistrement dans le sud de l’Ontario ou le Québec depuis 1985 environ; déclins observés en Alberta. Quelques enregistrements dans le sud de la Colombie-Britannique depuis 1990 – élevé. 

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne – Rétrécissement spectaculaire de l’aire de répartition géographique dans le sud de l’Ontario et du Québec, dans les Maritimes, ainsi qu’au Manitoba et sur la côte de la Colombie-Britannique. Réduction des populations dans le sud de l’Alberta; le statut en Saskatchewan, dans les Territoires du Nord-Ouest, au Yukon et dans l’est de la Colombie-Britannique n’est pas clair. L’espèce était plus courante que la coccinelle à neuf taches dans une bonne partie des zones sud peuplées du Canada avant 1975. Comme pour la coccinelle à neuf taches, elle a aujourd’hui (2012) largement disparu des zones peuplées – élevé. 

v. Menaces – Les menaces présumées comprennent l’utilisation de pesticides, la compétition avec des coccinelles non indigènes, la vulnérabilité aux organismes non indigènes occasionnant des maladies, les changements dans l’utilisation des terres – élevé. 

vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation – Les dossiers de collection indiquent un déclin dans l’aire de répartition géographique dans les Maritimes, en Ontario, au Québec et en Colombie-Britannique, ainsi qu’un nombre réduit dans le sud de l’Alberta – élevé. 

Vii. Facteurs limitatifs biologiques – faible 
 
Références : 

Acorn, J. 2007. Ladybugs of Alberta: Finding the spots and connecting the dots. Edmonton (Alberta) : University of Alberta Press. 

Harmon, J.P., E. Stephens et J. Losey. 2007. The decline of native coccinellids (Coleoptera: Coccinellidae) in the United States and Canada. Journal of Insect Conservation 11:85-94. 

McCorquodale, D.B., D.J. Giberson et S.M. Marriott. 2011. Changes in the status and geographic ranges of Canadian lady beetles (Coleoptera: Coccinellidae: Coccinellinae) and the selection of candidate species for risk assessment by the Committee on the Status of Endangered Wildlife in Canada. 

PRÉPARÉ PAR : David McCorquodale, 26 juin 2012

Melanoplus madeleineae **

QC

Règne	Animalia – Animaux
Embranchement	Arthropoda – Arthropodes 
Sous-embranchement	Hexapoda – Hexapodes 
Classe	Insecta – Insectes 
Sous-classe	Pterygota – Ptérygotes (insectes ailés) 
Infraclasse	Neoptera – Néoptères (insectes modernes repliant leurs aires) 
Ordre	Orthoptera – Orthoptères (criquets-locustes, locustes, sauterelles) 
Sous-ordre	Caelifera – Caelifères  
Infra-ordre	Acrididea  
Super-famille	Acridoidea MacLeay, 1819  
Famille	Acrididae MacLeay, 1819 – Criquets 
Sous-famille	Melanoplinae
Genre	Melanoplus Stål, 1873  
Espèce	Melanoplus magdalenae Hebard, 1935

L’espèce Melanoplus magdalenae est endémique aux îles de la Madeleine. Plus récemment, ce statut d’espèce endémique a été soutenu. On constate des menaces croissantes en raison de la perte d’habitat, ainsi qu’une pression probablement continue et grandissante des prédateurs « avantagés » par les humains tels que les étourneaux. La lenteur des femelles ne leur permet pas d’échapper à leurs prédateurs, et elles sont tuées par une circulation grandissante sur les routes et les sentiers. 

i. Niveau taxinomique : élevé – Espèce. 

Ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : élevé – près de l’ensemble de l’aire de répartition mondiale.
Cette espèce est endémique aux îles de la Madeleine dans le golfe du Saint-Laurent. 

Iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : élevé – Rang mondial (G) : G2 (en péril) – NatureServe.

Iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : élevé – Seul un petit nombre (moins de dix) a été déclaré à un site. Tendances – on observe une tendance à long terme à la baisse en raison de la perte générale de l’habitat.

V. Menaces : élevé – L’habitat, et donc la sauterelle, est menacé par des activités de développement et récréatives, ainsi que par la circulation sur les routes. 

Vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : élevé – À l’heure actuelle, l’espèce est uniquement observée sur quatre îles de la chaîne des îles de la Madeleine dans le golfe du Saint-Laurent.

Vii. Facteurs limitatifs biologiques : élevé – Des parcelles d’habitat relativement grandes peuvent être nécessaires. Les femelles semblent s’égarer pour trouver des sites leur permettant de pondre leurs œufs, ce qui accentue le contact avec la circulation et les prédateurs. 

Références :

Scudder, G.G.E., et V.R. Vickery. 2010. Chapter 17, Grasshoppers (Orthoptera) and allied insects of the Atlantic Maritime Ecozone. Pp. 371-379. In D.F. McAlpine, et I.M. Smith (éd.), Assessment of species diversity in the Atlantic Maritime Ecozone. Ottawa (Ontario) : NRC Research Press. 785 pages. 

Vickery, V.R., et D.K.M. Kevan. 1985. The insects and arachnids of Canada, part 14. The grasshoppers, crickets, and related insects of Canada and adjacent regions (Ulonata: Dermaptera, Cheleutoptera, Notoptera, Dictuoptera, Grylloptera, and Orthoptera). Agriculture Canada Research Branch Publication 1777. Ottawa (Ontario), 918 pages.

Vickery, V.R., et G.G.E. Scudder. 1987. The Canadian orthopteroid insects summarized and updated, including a tabular check-list and ecological notes. Proceedings of the Entomological Society of Ontario 118:25-45.

PRÉPARÉ PAR : Paul M. Catling, 26 juin 2012

Lichens

Acroscyphus sphaerophoides *

BC

L’acroscyphe des montagnes, seule espèce du genre Acroscyphus, est un lichen fruticuleux à ramifications dressées. Les apothécies sont enchâssées à l’extrémité de ramifications, ce qui les fait ressembler aux yeux d’un crabe. Les spores sont libérées à la surface de l’hyménium, puis dispersées par le vent. Au Canada, l’espèce pousse sur des substrats rocheux ou le bois de conifères recevant un apport en substances alcalines, dans des localités dégagées situées en zone côtière hyper-maritime ou en zone subalpine (Goward, 1999). L’espèce est répandue, mais il existe seulement une douzaine de localités connues dans le monde. L’espèce possède une aire de répartition pan-pacifique et est présente en Chine, au Népal, en Russie, au Japon, en Colombie-Britannique, dans l’État de Washington, au Mexique et au Pérou (Joneson, 2003; Niu et al., 2008, GBIF, 2011). 

i. Niveau taxinomique : L’espèce fait partie de l’ordre des Caliciales. Tibell (2003) a montré les relations évolutives de l’espèce. Selon certaines indications, il existe des races chimiques distinctes parmi les diverses populations d’Acroscyphus sphaerophoroides du monde (Niu et al., 2008).

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : 15 à 20 %. 

iii. Statut de conservation mondiale existant : L’espèce n’a pas encore été évaluée à l’échelle mondiale (cote GNR) et est cotée S1 en Colombie-Britannique.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Au Canada, trois spécimens ont été récoltés respectivement en 1989, 1992 et 1996, dans les trois sites connus. Il existe une localité connue dans l’État de Washington et une au Mexique, mais celles-ci n’ont pas été confirmées.

v. Menaces : L’exploitation forestière constitue une menace pour les individus de l’espèce qui poussent sur le bois mort, car ce bois est parfois éliminé ou endommagé au cours des activités d’exploitation. L’espèce pousse aussi sur des parois rocheuses recevant l’humidité de ruisseaux côtiers en pente escarpée et de chutes; ce type de milieux pourrait être menacé par l’exploitation hydroélectrique. La pollution atmosphérique associée au développement industriel constitue une autre menace potentielle, notamment dans deux des sites connus, situés près de Kitimat.

vi. Caractère restreint de la zone d'occurrence ou de la zone d'occupation : Indice de la zone d’occupation < 12 km².

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Les apothécies sont rares mais l’espèce ne possède aucun moyen de multiplication végétative. L’espèce semble avoir des besoins très précis en matière d’habitat. Les localités connues de Colombie-Britannique se caractérisent par une quantité considérable de précipitations (2 500 mm ou plus) et un taux d’humidité élevé durant toute l’année. L’apport d’éléments nutritifs par les déjections d’oiseau pourrait aussi constituer un attribut important de l’habitat et expliquer la répartition de l’espèce sur différents types de substrats.

Références :

GBIF. 2011. Global Biodiversity Information Facility, disponible à l’adresse : http://data.gbif.org (consulté le 28 septembre 2011, mentions fondées sur les spécimens du Museum of Evolution d’Uppsala, UPS; en anglais seulement).

Goward, T. 1999. The Lichens of British Columbia, part 2 – Fruticose Species, Crown Publications, Victoria (Colombie-Britannique).

Joneson, S., et Glew, K. A. 2003. Acroscyphus (Caliciaceae) in North America, The Bryologist 106(3) : 443-446.

Niu, D.L, Wang, L.S., Zhang, Y.J. et Yang, C.R. 2008. Acroscyphus sphaerophoroides (lichenized Ascomycota, Caliciaceae) in Hengduanshan Mountains, Biochemical Systematics and Ecology 36(5 6) : 423-429. 

Tibell, L. 2003. Tholurna dissimilis and generic delimitations in Caliciaceae inferred from nuclear ITS and LSU rDNA phylogenies (Lecanorales, lichenized ascomycetes), Mycological Research 107(12) : 1403-1418.

RÉDIGÉ PAR : Sous-comité des spécialistes des mousses et lichens, août 2011

Pannaria lurida *

NB, NS, NL

La pannaire jaune pâle est un cyanolichen foliacé dont l’aire de répartition mondiale est fragmentée et s’étend depuis la zone subtropicale jusqu’à la zone hémiboréale. En Amérique du Nord, on trouve l’espèce dans les États du golfe du Mexique (Arkansas, Floride, Géorgie, Louisiane, Mississippi) ainsi que le long du littoral est. Au Canada, elle est présente dans le sud de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick ainsi que dans une seule localité isolée du sud-ouest de Terre-Neuve. L’espèce pousse dans les forêts mixtes humides, plus particulièrement sur le tronc d’érables rouges et de frênes, généralement à trois mètres ou moins du sol.
 
i. Niveau taxinomique : L’espèce se divise en plusieurs sous-espèces; les populations du Canada, des Appalaches et du nord-est de l’Amérique du Nord appartiennent au P. lurida ssp. russellii (Tuck.) P. M. Jørg. 

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : La pannaire jaune pâle a subi un déclin et a disparu de son ancienne aire de répartition en Nouvelle-Angleterre, de sorte que plus de 50 % de la partie restante de la population mondiale de la sous-espèce russellii se trouve aujourd’hui au Canada.
 
iii. Statut de conservation mondial existant : NatureServe a attribué à l’espèce une cote provisoire de G3G5.
 
iv. Taille et tendances des populations canadiennes : L’espèce a été signalée dans 21 sites au Canada : 17 localités en Nouvelle-Écosse, dont certaines sont en étroite proximité, 3 localités au Nouveau-Brunswick et une seule localité à Terre-Neuve. Au moins une des populations du Nouveau-Brunswick est disparue. On ne connaît pas les tendances des populations de Nouvelle-Écosse.
 
v. Menaces : La pannaire jaune pâle est un cyanolichen très sensible à la pollution atmosphérique, ce qui pourrait expliquer qu’aucune mention récente de l’espèce n’a été faite aux États-Unis (Hinds et Hinds, 2007) ainsi que son déclin en Nouvelle-Angleterre. L’espèce a besoin de milieux très humides; elle est donc vulnérable aux modifications de la nappe phréatique et à la destruction de ces milieux, notamment causées par l’aménagement de chemins forestiers et diverses autres formes de développement. L’exploitation des feuillus pour la production de biomasse énergétique constitue une menace récente. 
 
vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : Indice de la zone d’occupation inférieur à 68 km2.
 
vii. Facteurs biologiques limitatifs : La pannaire jaune pâle ne produit pas de propagules végétatives; donc, pour chaque nouvelle génération, une ascospore du lichen et une souche compatible de cyanobactérie, dispersées séparément, doivent se rencontrer et se réassocier sur le tronc d’un feuillu, dans un milieu très humide, ce qui se produit manifestement plutôt rarement.

Références :

Ekman, S., et Jørgensen, P. M. 2002. Towards a molecular phylogeny for the lichen family Pannariaceae (Lecanorales, Ascomycota), Revue canadienne de botanique 80 : (6) 625-634.

Harris, R.C, et Ladd, D.M. 2005. Lichens of the Ozarks, version préliminaire, New York Botanical Garden.

Hinds, J.W., et Hinds, P.L. 2007. Macrolichens of New England, New York Botanical Garden Press. 

Maass, W.S.G., Hoisington, B.L. et Harries, H. 1986. Pannaria lurida in Atlantic Canada, Proceedings of the Nova Scotian Institute of Science 36 : 131-135. 

Swinscow, T.D.V., et Krog, H. 1986. Some observations on the thallus in Pannaria, with description of a new species, Lichenologist 18 : 309-315.

RÉDIGÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des mousses et lichens, août 2011

Mammifères (marins)

Pusa hispida *
Phoque annelé
YT, NT, NU, MB, ON, QC, NL, Océan arctique

Le phoque annelé est omniprésent dans les eaux marines couvertes de glace des régions arctique et subarctique. L’espèce est au cœur de l’économie mixte (subsistance et revenus) de bon nombre de collectivités inuites; elle est aussi la principale proie de l’ours blanc.

Le phoque annelé a besoin de glaces de mer stables comme habitat essentiel, en particulier durant la mise bas et pour se protéger des prédateurs. Les bébés nés à l’extérieur des tanières de glace sont tellement petits que même les gros goélands peuvent en être les prédateurs (Lyderson et Smith, 1989). Depuis avril 1989, c’est–à dire lorsque l’espèce a été évaluée comme étant non en péril, les signes de changements climatiques se sont multipliés. Il est de nos jours généralement accepté que les changements climatiques constituent une grave menace pour le phoque annelé, étant donné la disparition prévue (d’une grande partie) des glaces de mer (Learmonth et al., 2006; Kovacs et Lyderson, 2008). Une fonte hâtive des glaces de mer et les changements qui y sont associés dans l’écosystème marin ont déjà entraîné une baisse de la reproduction, une détérioration de l’état des bébés et une augmentation de la mortalité des petits chez le phoque annelé dans certaines parties de l’Arctique canadien (Smith et Harwood, 2001; Ferguson et al., 2005; Stirling, 2005). 

i. Niveau taxinomique – Espèce à part entière.

ii. Proportion de l'aire de répartition mondiale au Canada – ~ 50 %

iii. Liste rouge de l'UICN ou classement à l’échelle mondiale (G rank) de NatureServe – NatureServe : G5 (cote mondiale [global], 1996); UICN : préoccupation mineure (least concern), 2008. COSEPAC : non en péril (1989). Les États Unis prévoient inscrire le phoque annelé sur la liste en vertu de la Endangered Species Act (ESA), en se fondant sur de nouvelles informations selon lesquelles les changements climatiques rapides menacent la productivité et la survie de l’espèce.

iv. Taille et tendances de la population canadienne – > 100 000 individus, peut être des millions et déclin soupçonné.

v. Menaces – Les changements climatiques et la disparition des glaces de mer qui y est associée et en cours actuellement affecteront probablement une grande partie de la population.

vi. Petite zone d'occurrence ou d'occupation – Ne s’applique pas.

vii. Facteurs limitatifs biologiques – Du point de vue de son comportement, le phoque annelé n’est pas adapté aux échoueries ou à la mise bas sur terre; l’espèce dépend énormément des glaces de mer pour la mise bas, l’élevage des petits, la protection contre les prédateurs et le repos.

Références

Ferguson, S.H., I. Stirling et P.M. Mcloughlin. 2005. Climate change and ringed seal (Phoca hispida) recruitment in western Hudson Bay, Marine Mammal Science 21(1):21 135.

Kovacs, K.M., et C. Lydersen. 2008. Climate change impacts on seals and whales in the North Atlantic Arctic and adjacent shelf seas, Science Progress 91(2):117 150.

Learmonth, J.A., C.D. Macleod, M.B. Santos, G.J. Pierce, H.Q.P. Crick et R.A. Robinson. 2006. Potential effects of climate change on marine mammals, Oceanography and Marine Biology: An Annual Review 44:431-464.

Smith, T.G., et L.A. Harwood. 2001. Observations of neonate ringed seals, Phoca hispida, after early break-up of the sea ice in Prince Albert Sound, Northwest Territories, Canada, spring 1998, Polar Biology 24:215 219.

Stirling, I. 2005. Reproductive rates of ringed seals and survival of pups in Northwestern Hudson Bay, Canada, 1991-2000, Polar Biology 28:381 387.

Mollusques

Zacoleus idahoensis *

BC

Les deux seules mentions de l’espèce au Canada proviennent des environs du lac Moyie, dans le sud est de la Colombie-Britannique (Ovaska et Sopuck, 2009, 2010). Jusqu’à sa découverte récente (en 2009) dans cette province, l’on croyait que l’espèce était localement endémique dans le Montana, en Idaho et dans l’État de Washington (NatureServe, 2011). Les mentions en Colombie-Britannique de 2009 à 2010 ont élargi l’aire de répartition de l’espèce, jusqu’à environ 35 km au sud-ouest de Cranbrook, sur le territoire traditionnel des Ktunaxa (Ovaska et Sopuck, 2009, 2010; NatureServe, 2011). Aux États-Unis, la limace était autrefois très courante et répandue, et ce, même si elle se limitait à des sites plutôt humides, notamment des zones présentant une diversité botanique exceptionnelle et des forêts intactes (NatureServe, 2011). La plus grande partie de son habitat et la plupart des sites où elle a été observée dans le passé aux États-Unis ont disparu à cause de l’impact des activités forestières, du broutage dans les zones ayant fait l’objet de coupes, de l’aménagement de routes, du droit de passage riverain et des importants incendies de forêt (NatureServe, 2011). Bien que l’espèce ait été découverte en Colombie-Britannique seulement en 2009, une centaine de sites dans la région de Kootenay (sud-est de la province) ont été fouillés en vue d’y trouver des gastéropodes terrestres. Par exemple, 78 sites d’une cinquantaine de régions (= 86 heures-personnes) ont fait l’objet de recherches en 2010 (Ovaska et Sopuck, 2010), mais seulement une limace de l’espèce Zacoleus idahoensis a été trouvée, et ce, à 0,75 km du site de 2009. Des coupes forestières sont pratiquées à côté des sites connus de la province. L’espèce est rare et en péril à cause des menaces qui pèsent sur elle et de sa répartition restreinte. En se fondant sur cette justification, cinq membres du SCS des mollusques ont évalué l’espèce avec le calculateur des menaces de l’UICN et ont tous évalué l’impact global des menaces à « très élevé ».

i.Niveau taxinomique : Espèce

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale au Canada : < 5 %

iii. Liste rouge de l’UICN ou rang de NatureServe : Cote mondiale : G3/G4, arrondie à G3 (dernière évaluation le 3 février 2006). Cotes nationales : N3N4 (États-Unis), N1 (Canada) (23 février 2010). Cotes subnationales : S1S3 (Colombie-Britannique) et inscrite sur la liste rouge en 2010 par le CDC de la Colombie-Britannique (2011); S2 (Idaho), S2S3 (Montana), SNR (Washington)

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Inconnues

v. Menaces : Sensible à l’exploitation forestière, à l’aménagement de routes et aux activités connexes qui altèrent les caractéristiques hydrologiques ou les microclimats du parterre forestier, de même qu’aux changements climatiques.

vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : L’espèce ne fait l’objet que de 2 mentions (les 2 sites se trouvent à 0,75 km l’un de l’autre) dans le sud-est de la Colombie-Britannique.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Faible capacité de dispersion, répartition extrêmement restreinte, restriction aux sites humides.

Références : 

BC Conservation Data Centre (CDC). 2011. Species and ecosystems explorer, disponible à l’adresse : http://www.env.gov.bc.ca/atrisk/toolintro.html (consulté le 14 janvier 2011; en anglais seulement).

NatureServe. 2011. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life, version 7.1, disponible à l’adresse http://www.natureserve.org/explorer (consulté le 13 janvier 2011 et le 13 décembre 2011; en anglais seulement).

Ovaska, K., et L. Sopuck. 2009. Surveys for terrestrial gastropods at risk within Ktunaxa Traditional Territory, rapport préparé pour le Ministry of Environment de la Colombie-Britannique, Victoria (Colombie-Britannique), 27 p.

Ovaska, K., et L. Sopuck. 2010. Summary of fieldwork for COSEWIC status report on the Magnum Mantleslug Magnipelta mycophaga, 14 octobre, feuille de calcul de données brutes de Kootenay de 2010.

Anguispira kochi **

BC, ON

L’espèce Anguispira kochi est un escargot terrestre relativement gros que l’on reconnaît facilement. Il est l’une des deux seules espèces de son genre au Canada. En Colombie-Britannique et en Ontario, il est situé à la limite nord de son aire de répartition; sur une base continentale, il s’agit d’une espèce unique parmi tous les mollusques terrestres de l’Amérique du Nord, car ses populations de l’est et de l’ouest sont clairement isolées, séparées par plus de 2 000 km. Cet escargot requiert des forêts de feuillus ou mixtes fraîches, mésiques et matures. 

En Ontario, cette espèce est présente dans cinq zones de la zone carolinienne de l’écozone des plaines à forêts mixtes : le long de la rivière Syndenham, de la pointe Pelée et de trois petites îles du lac Érié – îles Pelée, Middle Sister et North Harbour. Certaines de ces populations des îles sont uniques sur le plan morphologique (Clapp, 1916; Pilsbry, 1948). L’île Pelée est en grande partie exploitée pour l’agriculture. Les îles North Harbour et Middle Sister sont une propriété privée et les espèces et les habitats ne sont pas protégés. Les habitats forestiers intacts dans le sud-ouest de l’Ontario sont rares et fragmentés; depuis la colonisation européenne, la perte historique de l’habitat a été considérable. Certains des sites connus, ou les îles tout entières, sont des propriétés privées. 

En Colombie-Britannique, cette espèce est présente dans le sud de l’écozone de la Cordillère montagnarde, de la frontière canado-américaine aux parties sud des vallées des rivières Kootenay et Columbia. Quelques sites se trouvent dans des parcs provinciaux, mais la majorité des sites ne sont pas protégés. Des travaux récents sur le terrain ont permis d’accroître le nombre de sites connus de quelques-uns à près de 40, mais ces sites sont répartis irrégulièrement; par ailleurs, certains sont situés sur les rives de lacs et dans des zones de villégiature qui sont particulièrement soumises au développement et aux perturbations anthropiques. 

Aux États-Unis, l’espèce Anguispira kochi est présente dans l’est, du nord du Michigan au sud du Kentucky et dans le Tennessee, à l’est de la partie ouest de la Pennsylvanie et à l’ouest du Missouri; dans l’ouest, l’espèce est présente dans l’est de Washington, dans l’Idaho et dans l’ouest du Montana (Pilsbry, 1948). L’immigration en provenance des populations américaines est peu probable en raison de la capacité limitée des escargots terrestres à se disperser sur de grandes distances. Pour la population de l’Ontario, le lac Érié pose un obstacle naturel à la dispersion depuis les États-Unis. L’immigration des populations de part et d’autre du Canada entre la Colombie-Britannique et l’Ontario est impossible.

i. Niveau taxinomique : Espèce à part entière, unique en Amérique du Nord en raison de ses populations isolées à l’est et à l’ouest, séparées l’une de l’autre par plus de 2 000 km.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 25 %

iii. Rangs du statut de conservation existant : Rang mondiale : G5 (22 octobre 2009)

Rangs nationales : Canada (N3) (15 septembre 2011); N5 (États-Unis) (8 décembre 2004)

Rangs infranationales : 
Ontario (S2S3), probablement trop basse – S2 serait peut-être plus appropriée (M. Oldham, comm. Pers., 2010); Colombie-Britannique (S3).
Idaho (SNR), Illinois (SNR), Indiana (SNR), Kentucky (S2?), Michigan (SU), Missouri (SNR), Montana (S5), Ohio (SNR), Oregon (SNR), Pennsylvanie (S2), Tennessee (S2?), Washington (S3S4), Virginie-Occidentale (SH).

Classifications de la situation générale (ébauche, décembre 2012) : Canada (3 = sensible); Colombie Britannique (3 = sensible); Ontario (2 = peut être en péril)

iv. Taille probable de la population canadienne (individus matures) : Il n’existe que peu de données sur la taille de la population. En Ontario, on observe un grand nombre de coquilles vides sur le tapis forestier aux îles Pelée et Middle Sister (M. Oldham, comm. Pers., 2010). Cependant, la plupart de ces coquilles étaient âgées (sans doute de plusieurs années, car les coquilles peuvent persister dans l’environnement pendant des années) (Pearce, 2008) et l’abondance relative des escargots vivants (par rapport à ces coquilles vides) est bien plus faible. L’île Pelée est en grande partie exploitée pour l’agriculture et les habitats forestiers sont fragmentés et relativement petits. La taille des populations en Colombie-Britannique devrait être plus grande.

Populations canadiennes et tendances présumées : Il n’existe que peu de données sur les tendances démographiques; ainsi, l’ampleur des déclins présumés récents et actuels est inconnue. Depuis la colonisation européenne, la perte historique de l’habitat dans le sud de l’Ontario a été considérable. Certains des sites connus, ou les îles tout entières, sont des propriétés privées. Il est presque certain qu’une réduction importante de la zone d’occupation s’est produite depuis la colonisation européenne de la région, avec une réduction correspondante du nombre d’individus matures, des déclins qui continuent probablement et qui se poursuivront à l’avenir. Tandis que la taille de la population en Colombie-Britannique devrait être importante, on observe également une tendance générale à la baisse continue et projetée de la qualité et de la quantité de l’habitat avec une réduction correspondante du nombre d’individus matures.

v. Menaces : La perte et la dégradation de l’habitat constituent des menaces; elles sont causées par :
•	l’aménagement des terres pour répondre au besoin croissant en propriétés de loisirs en Colombie-Britannique;
•	les organismes envahissants, principalement des vers de terre, qui modifient la structure du tapis forestier et élimine le microhabitat requis (litière forestière), ainsi que la couverture végétale changeante. Cela peut constituer une menace sérieuse pour les forêts de feuillus restantes dans le sud-ouest de l’Ontario;
•	le brûlage dirigé dans les aires « protégées » telles que l’île Pelée;
•	le piétinement;
•	les incendies de forêt dans l’ensemble de son aire de répartition canadienne;
•	l’exploitation forestière à l’échelle industrielle en Colombie-Britannique;
•	le pâturage du bétail en Colombie-Britannique; 
•	la fragmentation historique et continue de l’habitat.

Bien qu’elle se produise sur l’île Pelée au sein de la réserve naturelle provinciale Fish Point et de l’aire de conservation Stone Road Alvar, la dégradation de l’habitat se poursuit; le site Stone Road Alvar est régulièrement géré par des brûlages dirigés qui tuent les escargots (Nekola, 2002). Les organismes envahissants qui sont en compétition avec l’espèce A. kochi, ou qui se nourrissent de ce dernier, sont une menace, car il s’agit de vers de terre exotiques, connus pour dégrader rapidement et considérablement les microhabitats de la litière du tapis forestier, pour modifier les communautés végétales du sous-étage et pour perturber la faune du tapis forestier (Addison, 2009). Plusieurs des îles du lac Érié ont subi une forte augmentation de la nidification des Cormorans à aigrettes; leur guano tue une bonne partie de la végétation herbacée en dessous, et même certains arbres; par ailleurs, il perturbe sans aucun doute la composition chimique du sol et d’autres aspects de l’habitat. En raison de la très petite taille des îles, les oiseaux provoquent de graves menaces écologiques (M. Oldham, comm. Pers., 2010).

En Colombie-Britannique, cette espèce est observée dans au moins trois parcs provinciaux qui peuvent bénéficier d’une certaine protection. Toutefois, le piétinement et la dégradation générale de l’habitat se poursuivent.

En général, les escargots terrestres à grosse coquille sont en déclin dans une bonne partie de leur aire de répartition aux États-Unis, mais on ne connaît pas les causes exactes de ce déclin. Dans le cas où les changements climatiques permettraient une expansion vers le nord de l’aire de répartition de l’espèce, cette expansion serait en grande partie freinée par les pressions anthropiques exercées par la perte et la dégradation historiques et courantes de l’habitat (Gibson et al., 2009).

vi. Petite zone d’occurrence ou (indice de) zone d’occupation : Bien qu’elle vive en Ontario et en Colombie-Britannique, l’espèce a une répartition restreinte et irrégulière. La superficie totale de la zone d’occurrence est de 28 000 km2 (elle ne comprend pas la grande zone inoccupée entre la Colombie-Britannique et l’Ontario); il s’agit malgré tout d’une surestimation, car la zone d’occurrence offre très peu d’habitats propices pour cette espèce. La zone d’occurrence en Ontario est d’environ 1 300 km2; la zone d’occupation devrait être bien plus petite (minuscule en Ontario). Les habitats apparemment propices ne sont pas tous occupés.

Vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les populations canadiennes sont présentes aux limites nord de l’aire de répartition de l’espèce; cette espèce présente une faible capacité de dispersion, ce qui est aggravé par une répartition irrégulière en Colombie-Britannique et isolée (insulaire) en Ontario. Le lac Érié et l’habitat non propice (notamment les terres agricoles) formeraient un véritable obstacle à la dispersion de l’espèce.

Données existantes et initiatives de recherche : Certaines données récentes existent, qui ont été regroupées pendant d’autres travaux effectués dans le cadre de la production du rapport de situation du COSEPAC en Colombie-Britannique et pendant d’autres travaux de surveillance menés en Ontario. Toutefois, des travaux supplémentaires dirigés sur le terrain sont requis pour confirmer les déclins continus présumés concernant la répartition et l’abondance. Cette espèce est en voie d’être ajoutée au processus lié à la situation générale; ainsi, tous les enregistrements connus ont été récemment compilés.

Références : 

Addison, J.E. 2009. Distribution and impacts of invasive earthworms in Canadian forest ecosystems. Biological Invasions 11:59-79.

Clapp, G.H. 1916. Notes on the land-shells of the islands at the western end of Lake Erie and descriptions of new varieties. Annals of the Carnegie Museum 21(3-4):532-540, pages 32-36.

Gibson, S.Y., R.C. Van der Marel et B.M. Starzomski. 2009. Climate change and conservation of leading-edge peripheral populations. Conservation Biology 23(6):1369-1373.

Nekola, J.C. 2002. Effects of fire management on the richness and abundance of central North American grassland land snail faunas. Animal Biodiversity and Conservation 25.2:53-66.

Oldham, M., comm. Pers. 2010. Communication par courriel avec R. Forsyth, janvier 2010.

Pearce, T.A. 2008. When a snail dies in the forest, how long will the shell persist? Effect of dissolution and micro-bioerosion. American Malacological Bulletin 26:111-117.

Pilsbry, H.A. 1948. Land Mollusca of North America (north of Mexico). Volume 2, Part 2. Academy of Natural Sciences of Philadelphia. Monograph 3:i-xlvii+521-1113.

PRÉPARÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des mollusques, janvier 2013.

Mousses

Tortula porteri *

ON, QC

Le Tortula (Desmatodon) porteri est une mousse acrocarpe de petite taille (2-3 mm) associée aux roches calcaires. L’espèce semble endémique à l’Amérique du Nord et plus précisément à l’est du continent. Au Canada, elle est essentiellement confinée à l’extrême-sud de l’Ontario, mais elle compte une population isolée en Gaspésie, au Québec. Aucun rang de conservation ne lui a été attribué à l’échelle des États-Unis, mais NatureServe lui a attribué le rang SH dans le cas de deux États (NY et VT). Belland (1998) lui a attribué les rangs N2 à l’échelle du Canada, S1 à l’échelle de l’Ontario et S1 à l’échelle du Québec.

i. Niveau taxinomique : espèce

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : moins de 10 %

iii. Statut de conservation mondial existant : G3? (NatureServe, 1999)

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Au Canada, l’espèce compte 4 localités dans l’extrême-sud de l’Ontario ainsi qu’un site isolé sur la côte gaspésienne, au Québec. On ne dispose d’aucune information sur les tendances des populations.

v. Menaces : La plus grande partie de l’aire de répartition canadienne de l’espèce se trouve dans la région carolinienne de l’Ontario, qui est densément peuplée et dont la plus grande partie du territoire a été aménagé. Étant donné sa prédilection pour les substrats rocheux calcaires, le T. porteri pourrait se révéler particulièrement sensible à l’impact de l’exploitation de carrières, des activités récréatives et de la pollution atmosphérique. L’impact global des menaces, selon le calculateur de menaces de l’UICN, est « élevé ».

vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : L’espèce compte 5 sites connus au Canada, ce qui donne un indice de la zone d’occupation de 20 km2 si on utilise une grille à carrés de 2 km. La zone d’occurrence est d’environ 85 000 km2 si on tient compte de toute la superficie se trouvant entre les populations du sud de l’Ontario et la population isolée du Québec. La zone d’occurrence réelle pourrait être beaucoup plus petite.

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Le T. porteri est confiné aux substrats rocheux calcaires. Comme la plante est dioïque (organes mâles et femelles portés par des individus différents), la reproduction exige la présence d’individus des deux sexes en un même lieu.

RÉDIGÉ PAR : Jennifer Doubt et Linda Ley, janvier 2012

Seligeria acutifolia **

BC

Description : Cette mousse, petite et délicate, est présente dans seulement quelques lieux hyperocéaniques le long de la côte du Pacifique en Amérique du Nord. Au Canada, l’espèce est observée dans deux sites sur l’île de Vancouver en Colombie-Britannique, ainsi qu’aux États-Unis, dans un site en Alaska. L’espèce est également présente à l’échelle de l’Europe et en Asie. L’espèce se spécialise dans les habitats étroits, étant restreinte à des falaises calcaires abritées et humides; en outre, elle se distingue facilement des autres espèces de son genre.

i. Niveau taxinomique : Espèce.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 66 % de la population existante en Amérique du Nord est située au Canada.

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : G3G5 (rang mondiale arrondie G4 – apparemment non en péril).

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : L’espèce est présente uniquement dans deux sites sur l’île de Vancouver en Colombie-Britannique : un près de la collectivité d’Ucluelet à l’extrémité ouest du lac Kennedy et un à Kashult Inlet. Au lac Kennedy, il a été déclaré que l’espèce était « abondante à l’échelle locale ». Toutefois, les tendances sont inconnues et la collecte de données la plus récente remonte à 41 ans (Kashult Inlet). L’espèce est confrontée à plusieurs menaces aiguës.

v. Menaces : Récemment, la foresterie industrielle était active dans un rayon de plusieurs centaines de mètres des deux occurrences sur l’île de Vancouver; par ailleurs, au moins une occurrence est située à l’extérieur d’une aire protégée. L’élimination du couvert forestier peut facilement dégrader les aspects particuliers de l’habitat de cette espèce en provoquant une perte rapide d’humidité. D’autres menaces comprennent l’aménagement de routes d’accès pour l’industrie forestière et d’infrastructures connexes (p. ex. Tours de communication) et la mise en place d’activités récréatives.

vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : L’indice de zone d’occupation est de 8 km2 au Canada d’après une grille de 2 km × 2 km.

Vii. Facteurs limitatifs biologiques : L’espèce est limitée à des falaises de calcaire abritées. Ces habitats (substrat rocheux calcaire) se font rares dans les zones hyperocéaniques de la Colombie Britannique au sein de l’aire de répartition possible de l’espèce où la nature du substrat rocheux est principalement acide. Les deux occurrences de l’espèce au Canada comportaient des sporophytes, mais la capacité de dispersion reste inconnue.


PRÉPARÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des mousses et lichens, septembre 2012

Paraleptodontium recurvifolium **

BC

Description : Cette mousse jaune-verte caractéristique pousse dans les touffes lâches et est observée dans seulement quelques lieux hyperocéaniques le long de la côte du Pacifique en Amérique du Nord. En Amérique du Nord, cette espèce est présente dans six sites dans la région de Haida Gwaii, en Colombie-Britannique, ainsi qu’aux États-Unis, où elle est présente dans six sites sur les îles Aléoutiennes en Alaska. Cette espèce est également connue pour être présente au Royaume-Uni et en Irlande et présente une répartition mondiale isolée entre le nord-ouest de l’Amérique du Nord et le nord-ouest de l’Europe. L’espèce est plus fréquemment observée dans les habitats humides ou détrempés (couramment à base riche), sur les sols organiques et dans les falaises et les talus rocheux; on la distingue aussi très facilement des autres espèces de son genre par ses feuilles qui forment une courbe importante à partir de la tige.

i. Niveau taxinomique : Espèce.

Ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 50 % de la population existante en Amérique du Nord est située au Canada. L’espèce est présente dans seulement six sites dans la région de Haida Gwaii en Colombie-Britannique.

Iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : G3? (rang mondiale arrondie G3 – vulnérable).

Iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : Les espèces sont présentes dans six sites dans la région de Haida Gwaii, en Colombie-Britannique (du nord au sud : Mercer Lake, Mount Moresby, Cirque Lake, Moresby Lake, Takakia Lake, Newcombe Inlet). La plupart des collectes de données ont été effectuées il y a plus de 45 ans, don’t la plus récente remonte à 27 ans (Cirque Lake). Aucun renseignement n’est disponible sur la taille des populations à ces sites et il manque des renseignements sur les tendances, car la plupart des sites ont fait l’objet d’une collecte de données au cours d’une année seulement.

V. Menaces : L’espèce est confrontée à plusieurs menaces directes et indirectes et toutes les occurrences sont situées en dehors des aires protégées, à l’exception du Mercer Lake, qui se trouve au sein de la réserve écologique Vladimir J. Krajina. Récemment, la foresterie industrielle était active dans un rayon de quelques centaines de mètres de Newcombe Inlet et les sites restants (Mount Moresby, Cirque Lake, Moresby Lake, Takakia Lake) sont situés dans les zones d’exploitation des tenures forestières actives. En provoquant une augmentation de l’évaporation, l’élimination du couvert forestier peut facilement dégrader les aspects particuliers de l’habitat de cette espèce, qui est dépendante de l’humidité. D’autres menaces comprennent l’aménagement de routes d’accès pour l’industrie forestière et la mise en place d’activités récréatives. Les changements climatiques peuvent également constituer une menace en raison d’une modification des régimes de précipitations régionaux et de la réduction de la qualité de l’habitat qui en découle.

Vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : L’indice de zone d’occupation au Canada est de 24 km2 d’après une grille de 2 km × 2 km.

Vii. Facteurs limitatifs biologiques : Bien que cette espèce ne soit pas restreinte à des substrats à base riche, elle a été décrite comme poussant dans ces habitats au sein de son aire de répartition mondiale. Toutefois, les habitats comme le substrat rocheux calcaire se font rares dans les zones hyperocéaniques de la Colombie-Britannique au sein de l’aire de répartition possible de l’espèce, où la nature du substrat rocheux est principalement acide. Les sporophytes n’ont fait l’objet d’aucun rapport pour l’espèce à l’échelle mondiale, notamment en Amérique du Nord, et l’on note une absence de reproduction asexuée spécialisée. Cela laisse entendre que la capacité de dispersion et d’immigration de source externe de l’espèce est réduite. Il n’existe aucun renseignement sur les tailles et les tendances de la population; cependant, les petites populations seront plus vulnérables à la disparition de l’espèce que les populations plus grandes en raison d’événements stochastiques démographiques, génétiques et, plus particulièrement, environnementaux. D’autre part, l’espèce est limitée à des habitats humides ou mésiques; elle est donc sensible à un certain nombre de menaces qui peuvent modifier les conditions de l’habitat, notamment l’activité forestière industrielle et la construction d’infrastructures associées, ainsi que les changements climatiques.

PRÉPARÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des mousses et lichens, septembre 2012

Ctenidium schofieldii **

BC

Description : À l’échelle mondiale, l’espèce Ctenidium schofieldii est endémique au Canada et présente une aire de répartition fortement restreinte en Colombie-Britannique. Il s’agit d’une mousse pleurocarpe de taille moyenne, don’t la couleur varie de roux à vert foncé, avec des branches régulières comportant des feuilles clairement squarreuses sur la tige principale. L’espèce est présente dans de nombreux habitats, tels que les falaises, les pentes subalpines, les berges ombragées et les rives de lacs. Les substrats comprennent la pierre calcaire, l’humus, les rochers et les arbres tels que les espèces Thuja plicata, Chamaecyparis nootkatensis et Alnus. L’espèce C. schofieldii a obtenu le rang S3S4 (2011), sur la « liste jaune » en Colombie-Britannique. L’espèce est « protégée » au sein de la réserve écologique Vladimir J. Krajina (sites de Goose Cove et de Mercer Lake) et dans la réserve de parc national de Gwaii Haanas (sites de Barry Inlet, Bigsby Inlet et Upper Victoria Lake).

i. Niveau taxinomique : Espèce.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 100 % (espèce endémique au Canada).
 
iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : G3G4 (NatureServe, 2012).
 
iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : On compte 15 sites au Canada qui sont limités aux îles Graham et Moresby et à la région de Haida Gwaii (îles de la Reine Charlotte). Avant 2010, cette espèce n’avait pas été observée depuis 1985. Elle n’a pas été observée à quatre sites pendant plus de 28 ans, ainsi qu’aux dix sites restants pendant 42 à 47 ans. Cependant, plusieurs des sites sont éloignés et n’ont probablement pas été visités par les bryologistes au cours des dernières décennies. Les tendances démographiques restent inconnues.
 
v. Menaces : La menace principale pour cette espèce est l’exploitation forestière; certaines populations sont épiphytes et poussent sur les arbres. 
 
Vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : L’indice de zone d’occupation est inférieur ou égal à 60 km2. 
 
vii. Facteurs limitatifs biologiques : Inconnus.

Références : 

Anonyme. 2004. Management Direction Statement for Vladimir J. Krajina Ecological Reserve. Ministère de la Protection de l’eau, de la terre et de l’air de la Colombie-Britannique, Direction générale de l’intendance environnementale, région de Skeena, Smithers (Colombie-Britannique). 16 pages.

Golumbia, T.E., et P.M. Bartier. 2004. The Bryophytes of Haida Gwaii: A baseline species inventory, review, and analysis. Parcs Canada – Rapports techniques en matière de sciences des écosystèmes 39. Halifax (Nouvelle-Écosse) : Parcs Canada. 75 pages.

Nishimura, N. 1985. A revision of the genus Ctenidium (Musci). Journal of the Hattori Botanical Laboratory 58:1-82.

Schofield, W.B. 1989. Structure and affinities of the bryoflora of the Queen Charlotte Islands, in G.G.E. Scudder et N. Gessler (éd.), The Outer Shores. Pp. 109-119. Second Beach, Skidegate, Queen Charlotte (Colombie-Britannique) : Queen Charlotte Islands Museum Press. 327 pages.

Tropicos. Http://www.tropicos.org/Name/35182773

PRÉPARÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des mousses et lichens, septembre 2012

Zygodon gracilis **

BC

Description : Cette mousse acrocarpe de taille moyenne (jusqu’à 5 cm) forme des touffes noirâtres sur les falaises de calcaire sèches dans le climat hypermaritime de la côte nord-ouest de l’île Moresby de la région de Haida Gwaii (îles de la Reine-Charlotte). L’espèce Zygodon gracilis se distingue des autres espèces de son genre en Amérique du Nord par des feuilles acuminées, squarreuses et recourbées, des cellules de feuilles distales à paroi épaisse et une absence de gemme (Vitt, 2003). 

Elle est également présente au Guatemala, où elle est limitée aux roches de calcaire dans les habitats alpins et subalpins (Vitt, 2003). L’espèce est aussi observée en Europe où elle est considérée comme une espèce en voie de disparition au Royaume-Uni et classée comme étant vulnérable par le Red Data Book of European Bryophytes (ECCB, 1985). En Colombie-Britannique, l’espèce a obtenu le rang S1 (2011) et figure sur la « liste rouge ».

i. Niveau taxinomique : Espèce.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Entre 51 et 74 % (BCCDC, 2012). Toutefois, d’après une clarification récente de son statut taxinomique (Vitt, comm. Pers., 2013), l’aire de répartition est désormais estimée à moins de 20 %.

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : G3G4 (NatureServe, 2012).

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : L’espèce est observée dans un seul site au Canada : Cumshewa Inlet, sur la côte nord-ouest de l’île Moresby dans la région de Haida Gwaii. Elle n’a pas été observée depuis 1994. La tendance démographique reste inconnue. 

v. Menaces : Les menaces directes sont inconnues. En Amérique du Nord, cette espèce est présente uniquement à Cumshewa Inlet, au sud de l’île Moresby dans la région de Haida Gwaii, sur des falaises calcaires sèches. La pierre calcaire est très rare en Colombie-Britannique. Le site n’est pas protégé, même s’il est le seul site connu en Amérique du Nord.

Vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : Indice de zone d’occupation : 2 km2.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Cette espèce semble avoir une capacité de dispersion limitée : aucun sporophyte n’a été observé en Amérique du Nord et on constate une absence de gemme. En Angleterre, aucune observation de sporophytes n’a été relevée entre 1866 et 2002. En 2002, des sporophytes ont été observés sur l’une des 500 parcelles.

Références :

BCCDC – British Columbia Conservation Data Centre. 2012. http://a100.gov.bc.ca/pub/eswp/reports.do?elcode=NBMUS7Z030

ECCB – European Committee for Conservation of Bryophytes. 1995. Red Data Book of European Bryophytes. Trondheim (Norvège) : ECCB. 291 pages.

Golumbia, T.E., et P.M. Bartier. 2004. The Bryophytes of Haida Gwaii: A baseline species inventory, review, and analysis. Parcs Canada – Rapports techniques en matière de sciences des écosystèmes 39. Halifax (Nouvelle-Écosse) : Parcs Canada. 75 pages.

Ryan, M.W. 1996. Bryophytes of British Columbia: rare species and priorities for inventory. Victoria (Colombie-Britannique) : Direction générale de la recherche, ministère des Forêts, et Direction générale de la faune, ministère de l’Environnement, des Terres et des Parcs de la Colombie-Britannique. 100 pages.

Schofield, W.B. 1989. Structure and affinities of the bryoflora of the Queen Charlotte Islands, p. 109-119, in G.G.E. Scudder, et N. Gessler (éd.), The Outer Shores. Queen Charlotte (Colombie-Britannique) : Queen Charlotte Islands Museum Press, Second Beach, Skidegate. 327 pages.

Tropicos. 2012. Accès : http://www.tropicos.org/Name/35128340

Vitt, D. 2003. Zygodon, in Bryophyte Flora of North America, Provisional Publication. Missouri Botanical Garden. Accès : http://www.mobot.org/plantscience/bfna/v2/OrthZygodon.htm

PRÉPARÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des mousses et lichens, septembre 2012

Oiseaux

Calamospiza melanocorys **
Bruant noir et blanc
AB, SK, MB

i. Niveau taxinomique : Espèce – unité désignable unique

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Le Canada est situé à la périphérie nord de l’aire de répartition de l’espèce, avec environ 15 % de l’aire de reproduction mondiale, mais seulement 2 % de la population. L’aire d’hivernage est située principalement au Texas et dans le nord du Mexique, mais elle s’étend dans l’Oklahoma, le Nouveau-Mexique et l’Arizona, ainsi que dans la Basse-Californie. 

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : L’Union internationale pour la conservation de la nature attribue le statut de « préoccupation mineure » à l’espèce, mais note une tendance à la baisse. Le statut G5 sur l’échelle mondiale NatureServe (non en péril) est attribué à l’espèce, mais il n’a pas été mis à jour depuis décembre 1996; le Canada a obtenu le statut national N4N5B (apparemment non en péril à population reproductrice apparemment non en péril) en septembre 2011. Le statut de reproduction provincial ou territorial a obtenu la RANG S4 (apparemment non en péril) pour l’Alberta, S4S5 (apparemment non en péril à non en péril) pour la Saskatchewan et S1 (gravement en péril) pour le Manitoba. On observe un déclin de cette espèce (liste jaune) figurant sur la liste de surveillance de Partenaires d’envol.

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : L’estimation de la population par Partenaires d’envol est de 9,1 millions d’oiseaux, avec environ 160 000 au Canada; le statut des oiseaux dans l’estimation de la population au Canada varie de 50 000 à 500 000. Pour le Canada, la tendance établie par le Relevé des oiseaux nicheurs est très négative, avec un déclin cumulatif de 99 % de 1970 à 2011 et de 59 % de 2001 à 2011. Toutefois, les tendances sont peu précises et sont fortement influencées par les déplacements nomades de cette espèce; ainsi, une tendance à l’échelle de l’aire de répartition est plus utile. Dans l’ensemble de son aire de répartition en Amérique du Nord, les tendances établies par le Relevé des oiseaux nicheurs indiquent des déclins de 89 % de 1966 à 2010 et de 46 % de 2000 à 2010. Des déclins d’une ampleur semblable ont été mesurés dans la partie américaine de l’aire de répartition, ce qui sous-entend un faible potentiel d’immigration. 

v. Menaces : Les causes précises du déclin ne sont pas déterminées, mais l’on soupçonne la perte ou la modification de l’habitat de reproduction des prairies d’être un facteur clé. Même si, d’après les rapports, l’espèce se reproduit sur les terres cultivées dans des zones de son aire de reproduction, on estime généralement que l’agriculture intensive perturbe ou limite l’habitat de reproduction. Les prairies de fauche peuvent constituer un important habitat de reproduction, mais le fauchage présente un risque de mortalité pendant la saison de nidification. La fragmentation peut être une préoccupation, car les densités sont positivement liées à la superficie des prairies contiguës. Le pâturage intensif peut réduire le caractère propice de l’habitat. Des preuves indiquent une vulnérabilité aux pesticides. Les incendies peuvent faire en sorte qu’un habitat ne soit plus propice, en particulier s’ils éliminent les arbustes.

Vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : sans objet

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Certains éléments de preuve indiquent un parasitisme du Vacher à tête brune, mais il est généralement considéré comme étant un facteur peu important.

PRÉPARÉ PAR : Marcel Gahbauer, le 20 février 2013

Zonotrichia querula **
Bruant à face noire
NT, NU, BC, AB, SK, MB, ON

i. Niveau taxinomique : Espèce – unité désignable unique

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 100 % de l’aire de reproduction mondiale est située au Canada; il s’agit de la seule espèce reproductrice de passereau endémique au Canada. L’aire d’hivernage est entièrement située aux États-Unis. 

Iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : L’Union internationale pour la conservation de la nature attribue le statut de « préoccupation mineure » à l’espèce. Le statut sur l’échelle mondiale de NatureServe est de G5 (non en péril); le statut de reproduction provincial ou territorial est de S3 (vulnérable) pour les Territoires du Nord-Ouest, de S3S4 (vulnérable à apparemment non en péril) pour le Manitoba et de S5 (non en péril) pour la Saskatchewan; l’espèce n’a pas été classée dans aucune autre province ou aucun autre territoire, sauf en tant qu’espèce migratrice. L’espèce figure sur la liste de surveillance de Partenaires d’envol dans la catégorie des espèces modérément abondantes ou répandues, mais qui subissent des déclins ou font face à des menaces importantes.

Iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : La population est estimée à deux millions d’oiseaux par Partenaires d’envol. L’aire de reproduction est située à l’extérieur de la couverture du Relevé des oiseaux nicheurs. L’espèce est surveillée par relativement peu de stations du Réseau canadien de surveillance des migrations, mais indique des déclins récents rapides au lac de la Dernière-Montagne (Saskatchewan) et dans le marais Delta (Manitoba). Les données du Recensement des oiseaux de Noël de l’ensemble de l’aire d’hivernage présentaient un déclin estimé global de 56 % de 1966-1967 à 2005-2006, ainsi qu’un déclin annuel de 1,8 % de 1965-1966 à 2002-2003, y compris des tendances extrêmement négatives au Kansas, dans l’Oklahoma et au Texas, qui sont les États où se trouvent les plus fortes populations hivernantes. Cependant, l’aire d’hivernage s’est élargie au cours des dernières décennies, ce qui a conduit à des spéculations selon lesquelles les déclins perçus peuvent en partie être le reflet d’une concentration réduite de la population hivernante. L’évaluation de la fiabilité des données du Recensement des oiseaux de Noël pour la surveillance de cette espèce a été déterminée comme étant une priorité absolue.

V. Menaces : Les causes du déclin restent largement inconnues, mais l’on peut s’attendre à ce qu’elles soient davantage liées aux changements dans l’aire d’hivernage que dans l’aire de reproduction, ainsi qu’à la perte de l’habitat arbustif privilégié; elles peuvent être également liées à l’exposition aux pesticides. Toutefois, la déforestation dans l’aire de reproduction (due aux incendies ou à d’autres perturbations) et la réduction potentielle de la zone de transition forêt-toundra provoquée par le réchauffement planétaire ont été proposées comme étant des préoccupations possibles. L’augmentation de la mortalité peut également être attribuée en partie aux collisions avec un nombre grandissant d’éoliennes et de tours de communication situées dans le corridor de migration.

Vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : sans objet

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Aucun facteur évident constaté.

PRÉPARÉ PAR : Marcel Gahbauer, le 20 février 2013

Coccothraustes vespertinus *
Gros-bec errant
YT, NT, BC, AB, SK, MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

i. Niveau taxinomique : espèce – une seule unité désignable

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Environ 57 % de la population mondiale de nicheurs et 54 % de l’aire de nidification de l’espèce se trouvent au Canada.

iii. Statut de conservation mondial existant : Le rang mondial de l’espèce établi par NatureServe est G5 (non en péril; dernière évaluation effectuée en 1996), et le dernier classement établi par l’UICN est « préoccupation mineure ». Dans le cadre du programme Situation générale des espèces au Canada, en date de 2010, la cote de l’espèce était de 4 (non en péril) pour une grande partie de son aire de répartition canadienne, et de 3 (sensible) au Yukon, au Manitoba, en Ontario, au Nouveau-Brunswick et à l’Île-du-Prince-Édouard.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : D’après une extrapolation des estimations de densité réalisées dans le cadre du Projet de modélisation de l’avifaune boréale, l’effectif canadien de l’espèce est estimé à environ 14,6 millions d’oiseaux. Les données de tendances à long terme du Relevé des oiseaux nicheurs d’Amérique du Nord (BBS) montrent une baisse significative de 3,4 % par année entre 1970 et 2009 (intervalles de confiance à 95 % :  5,3 % à  1,4 %). Cela représente une perte de 74 % de l’effectif sur ces 39 années. Les données de tendances à court terme montrent une baisse significative de 8,4 % par année entre 1999 et 2009 (intervalles de confiance à 95 % :  14,7 % à  1,6 %), ce qui représente une perte de 58 % de l’effectif sur ces dix années. L’Atlas des oiseaux nicheurs de l’Ontario indique une réduction de 30 % de la zone d’occupation au cours des 20 dernières années dans cette province, et selon les données préliminaires de l’Atlas des oiseaux nicheurs des Maritimes, la réduction de la zone d’occupation dans cette région serait de 59 %. Le Recensement des oiseaux de Noël rapporte une baisse de 74 % sur 40 ans (1966-2006), et le Projet Tournesol (FeederWatch Project) (1988-2006) indique une baisse de 50 % de la fréquence des observations de l’espèce aux mangeoires, et une baisse de 27 % de la taille des bandes là où l’espèce continue d’être observée (Bonter et Harvey, 2008).

v. Menaces : Les menaces sont mal connues, mais elles pourraient comprendre la perte et la dégradation d’habitats de reproduction ou d’hivernage, et la réduction de sources primaires de nourriture, particulièrement de la disponibilité de tordeuses des bourgeons de l’épinette (Choristoneura fumiferana) et de tordeuses occidentales de l’épinette (Choristoneura occidentalis). Cependant, les résultats des études de corrélation concernant la relation entre les effectifs de tordeuses et les effectifs de Gros-becs errants ne sont pas concluants (Gillihan et Byers, 2001). On a rapporté que l’espèce est plus nombreuse dans les peuplements dont l’âge est supérieur à l’âge d’exploitabilité en Saskatchewan (Cumming et Diamond, 2002), mais on a aussi rapporté qu’elle tolère, voire même préfère, les forêts faisant l’objet d’un aménagement d’intensité modérée (p. ex. coupes d’éclaircie; Hagar et al., 1996; Hayes et al., 2003). L’espèce peut être victime de la salmonellose (Daoust et al., 2000).

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : Non.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Il ne semble pas y avoir de limitation en rapport avec le microhabitat de nidification; la reproduction est principalement tributaire de la présence de sources abondantes de nourriture dans les environs (Gillihan et Byers, 2001). 

Références :

Bonter, D.N., et M.G. Harvey. 2008. Winter Survey Data Reveal Range-wide Decline in Evening Grosbeak Populations, Condor 110:376-381.

Cumming, E.E., et A.W. Diamond. 2002. Songbird community composition versus forest rotation age in Saskatchewan boreal mixedwood forest, Can. Field-Nat. 116:69-75.

Daoust, P.-Y., et al. 2000. Salmonellosis in songbirds in the Canadian Atlantic provinces during winter-summer 1997-98, Can. Vet. J. 41:54-59. 

Gillihan, S.W., et B. Byers. 2001. Evening Grosbeak, Coccothraustes vespertinus, dans The Birds of North America No. 599.

RÉDIGÉ PAR : Marc-André Villard, février 2011

Plantes vasculaires

Isoetes minima **
Isoète miniscule
BC

« Isoetes minima a été décrite à partir d’une seule collecte de données effectuée par Wilhelm Suksdorf à Spangle, près de Spokane (État de Washington) et jusqu’à récemment, l’unique documentation authentique de ce taxon a été le spécimen type. Au cours de la même collecte de données, Suksdorf a recueilli une documentation riche concernant Isoetes howellii qui ressemblait, de façon superficielle, au type I. minima. D’après cette matière limitée, N.E. Pfeiffer a réduit I. minima en une variété de I. howellii. 
La publication Flora of North America a suivi Pfeiffer et a redéfini cette variété pour y inclure toute petite plante de l’espèce I. howellii ayant des petits mégaspores. Il y a plusieurs années, nous avons découvert plusieurs populations de I. minima dans les monts Wenatchee (État de Washington) et en 1996, cette espèce a également été observée dans le centre-sud de la Colombie-Britannique. On peut considérer que l’espèce est rare en Colombie-Britannique et dans l’État de Washington. 
Isoetes minima diffère de I. howellii, en raison de ses mégaspores petits et épineux et du sporange qui manque totalement de velum. Les mégaspores de Isoetes howellii ont des rainures inférieures et leur sporange a un velum partiel. 
Sur le plan écologique, elle occupe les habitats les plus extrêmes et les plus secs parmi les espèces terrestres du genre Isoetes en Amérique du Nord. Elle pousse dans des dépressions régulièrement humides dans les armoises Artemisia tridentata, en compagnie des espèces Camassia quamash, Allium douglasii, Hesperochiron pumilus, Lewisia pygmaea et Floerkea proserpinacoides. » (Ceska et Ceska, 2001). 
« La description originale de I. minima par Eaton en tant qu’espèce de Isoetes semble juste. Isoetes minima est une espèce diploïde de base qui se distingue de l’espèce don’t elle est le plus proche, I. nutallii, en raison de la séquence d’AND (plusieurs caractères). Les données de séquence de l’espaceur transcrit interne (ITS) indiquent que I. minima n’est pas étroitement liée à I. howellii et que, par conséquent, l’espèce ne doit pas être traitée en tant que variété de I. howellii. » (Taylor et al., 2003).

L’espèce est reconnue comme étant un taxon valide par les deux administrations où elle est présente.

i. Niveau taxinomique : L’espèce est reconnue comme étant un taxon valide par les deux administrations où elle est présente. Unité désignable unique.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : 60 % de l’espèce Isoetes minima sont présents dans la région de West Kootaney de la Colombie-Britannique et dans les comtés de Kittitas et de Spokane, dans l’État de Washington. Trois des cinq populations connues se trouvent au Canada.

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : RANG G : G2 (en péril) RANG N (Canada) : N1 (gravement en péril) RANG S (Colombie-Britannique) : S1 (gravement en péril)

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : Inconnues.

v. Menaces : Habitat sensible (suintement) pouvant être menacé par la construction de routes et par tout élément interrompant les relations dans l’eau sur la pente et le suintement saisonnier, ainsi que par les espèces végétales envahissantes. Les mares printanières et les zones humides de façon saisonnière dans l’est de l’État de Washington sont vulnérables aux dommages provoqués par le pâturage du bétail.

vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : La zone d’occurrence et la zone d’occupation n’ont pas été calculées, mais elles sont bien inférieures à 5 000 km2 et à 500 km2 respectivement (valeurs seuils servant de critères au COSEPAC).

Vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les études d’autres espèces d’isoètes ont indiqué des limites biologiques aux changements dans les niveaux d’eau, y compris dans les niveaux de sensibilité à la lumière (provoqués par des changements dans la profondeur ou la clarté de l’eau) ainsi que dans l’appauvrissement en oxygène (anoxie) (Garcia et Ballesteros, 1996). Isoetes minima est également vulnérable aux changements dans le débit de l’eau.

Références :

British Columbia Conservation Data Centre. 2013. Species Summary: Isoetes minima. Ministère de l’Environnement de la Colombie-Britannique. Accès : http://a100.gov.bc.ca/pub/eswp/ [consulté le 20 février 2013].

Ceska, A., et O. Ceska. 2001. Isoetes minima A.A. Eaton (Isoetaceae): An overlooked terrestrial quillwort of the Pacific Northwest. Botanical Electronic News (BEN): issue #269. Accès : http://www.ou.edu/cas/botany-micro/ben/ben269.html 

Eaton, A.A. 1898. Isoetes minima n. sp. Fern Bulletin 6:30. Accès : http://archive.org/stream/fernbulletinaqu00socigoog#page/n76/mode/2up 

Garcia, E., et E. Ballesteros. 1996. The effect of increased water level on Isoetes lacustris L. in Lake Baciver, Spain. J. Aquat. Plant Manage. 34:57-59.

NatureServe. 2013. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web]. Version 7.1. Arlington (VA) : NatureServe. Accès : www.natureserve.org [consulté le 22 février 2013].

Taylor, W.C., N.T. Luebke et A.R. Lekchas. 2003. Taxonomic stats and evolutionary relationship of Isoetes minima A.A. Eaton (Isoetaceae) based on nuclear birosomal DNA internal transcribed spacer sequences. Botanical Electronic News (BEN): issue #304. Accès : http://bomi.ou.edu/ben/ben304.html  

Washington Natural Heritage Program. 2005. Isoetes minima A.A. Eaton, midget quillwort, Isoetaceae (Quillwort Family). Fiche de renseignements. Accès : http://www1.dnr.wa.gov/nhp/refdesk/fguide/pdf/isomin.pdf [consulté le 20 février 2013].

PRÉPARÉ PAR : Bruce Bennett, février 2013.

Boechera quebecensis *
Arabette du Québec
QC

Le Boechera quebecensis est une plante herbacée de la famille des Crucifères. L’espèce a été découverte en 1907, près de Rimouski, au Québec. Par la suite, elle a été trouvée dans quelques autres localités de la péninsule Gaspésienne et de l’estuaire du Saint-Laurent. Son aire de répartition mondiale se limite au Québec, où elle pousse sur des talus d’éboulis et des affleurements calcaires. Le taxon a d’abord été réuni à l’Arabis holboellii var. holboellii (Fernald, 1914), puis à l’A. divaricata var. dechamplainii (Boivin, 1967), puis enfin à l’A. boivinii (Mulligan, 1995), avant d’être finalement reconnu comme espèce distincte (Windham et Al Shehbaz, 2007). L’espèce a été désignée « menacée » au Québec en décembre 2011, aux termes de la Loi sur les espèces menacées ou vulnérables de cette province (L.R.Q., chapitre E 12.01). L’aire de répartition du Boechera quebecensis se limite essentiellement aux littoraux maritimes calcaires. L’espèce ne pousse que dans un nombre très limité de sites, dans un type de milieu qui semble pourtant commun. Les populations sont généralement peu denses. L’effectif total de l’espèce est petit, se limitant probablement à quelque 400 individus. Les occurrences sont sensibles aux perturbations anthropiques ainsi qu’aux phénomènes de nature catastrophique, notamment les chutes de pierres.

i. Niveau taxinomique : Le Boechera quebecensis est une espèce valide, récemment reconnue, endémique au Canada. Certaines observations morphologiques semblent indiquer que l’espèce est apomictique et serait issue d’une hybridation entre le B. holboellii et le B. stricta (Windham et Al-Shehbaz, 2007; Al-Shehbaz et Windham, 2010).

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : 100 %

iii. Statut de conservation mondial existant : G1. Le rang N1 a été attribué à l’échelle du Canada, et le rang S1 a été attribué à l’échelle du Québec.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : L’espèce compte 5 populations existantes connues. L’effectif total est d’environ 400 individus. Les populations sont très petites et comptent chacune entre 25 et 300 individus. On ne sait rien de leurs tendances récentes, mais un déclin historique a été signalé dans un des sites (population du Bic).

v. Menaces : Les chutes de pierres, la cueillette et le piétinement ont été relevés comme menaces. Le développement résidentiel est considéré comme une menace potentielle, mais non imminente.

vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : La zone d’occurrence est d’environ 250 km2, mais l’habitat de l’espèce y est discontinu. L’indice de la zone d’occupation est de 20 km2 (5 carrés de 2 × 2 km).

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les milieux propices non occupés sont répandus. Cependant, pour une raison inconnue, l’espèce semble incapable de les coloniser. La compétition des arbustes pourrait constituer un facteur limitatif dans certains secteurs.

Références :

Al-Shehbaz, I.A., et M.D. Windham. 2010. Boechera, page 401 in Flora of North America Editorial Committee (dir. de publ.), 1993+, Flora of North America North of Mexico, 16+ vol., New York et Oxford, vol. 3. 

Boivin, B. 1967. Énumération des plantes du Canada. VII – Résumé statistique et régions adjacentes, Naturaliste canadien 94 : 625-655.

Dignard, N. 2008. La situation de l’arabette du Québec (Boechera quebecensis) au Québec, ministère des Ressources naturelles et de la Faune, rapport inédit préparé pour le CDPNQ, 17 p.

Fernald, M.L. 1914. Some Antennarias of Northeastern America, Rhodora 16 : 129-134.

Mulligan, G.A. 1995. Synopsis of the genus Arabis (Brassicaceae) in Canada, Alaska, and Greenland, Rhodora 97 : 109-163.

Windham, M.D., et I.A. Al-Shehbaz. 2007. New and noteworthy species of Boechera (Brassicaceae) II. Apomictic hybrids, Harvard Papers in Botany 11 : 257-274.

RÉDIGÉ PAR : Stéphanie Pellerin, Jardin botanique de Montréal, février 2012.

Erigeron leibergii *
Vergerette de Leiberg
BC

La vergerette de Leiberg est une petite plante à fleurs herbacée de la famille des Composées (Astéracées). Elle est endémique à une petite région qui longe la frontière entre la Colombie-Britannique et l’État de Washington (comtés de Chelan, Kittitas et Okanagan). Il s’agit d’une espèce bien reconnue, puisqu’elle a été décrite pour la première fois en 1901, par Piper. Elle est de toute évidence étroitement apparentée à l’Erigeron cascadensis, bien que leurs aires de répartition respectives soient considérablement éloignées l’une de l’autre (l’Erigeron cascadensis est endémique aux monts Cascades et Calapooya, dans le centre de l’Oregon).  

La plupart des spécimens de vergerette de Leiberg ont été récoltés sur des pentes rocheuses, sèches, dégagées à ombragées, à des altitudes de 900 à 2 500 m (Nesom, 2006). NatureServe (2011) a attribué à l’espèce la cote G3?. Il existe environ 40 populations connues, pour la plupart petites et isolées, ce qui peut laisser croire que l’espèce devrait être cotée G3. Toutefois, les menaces qui pèsent sur les populations de l’État de Washington n’ont pas été bien étudiées; la cote G3G4 pourrait donc être appropriée (Arnett, comm. pers., 2012). 

i. Niveau taxinomique : Il s’agit d’une espèce valide, récemment reconnue, indigène du Canada (Nesom, 2006; ITIS, 2012).

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Moins de 5 %. 

iii. Statut de conservation mondial existant : G3? à l’échelle mondiale (dernier examen le 26 juillet 2000); N1 à l’échelle du Canada (2011); S1 à l’échelle de la Colombie-Britannique; non encore évaluée par le COSEPAC; cote 2 aux fins de la Situation générale des espèces au Canada (2010).

iv. Taille et tendances de la population canadienne : Il existe une mention valide de l’espèce au Canada, fondée sur un spécimen récolté en 1980, qui est accompagné de renseignements sur l’habitat et le lieu de récolte apparemment assez précis pour définir une zone de recherche de 3 km. La population n’a pas été retrouvée lors des recherches sommaires réalisées en 2005 (Fairbarns, obs. pers.), mais uniquement une petite partie de la zone de recherche a fait l’objet de relevés. Il semble que la population canadienne totale compte probablement beaucoup moins que 250 individus. 

v. Menaces : Au Canada, la région où la vergerette de Leiberg a été récoltée est exposée à l’exploitation forestière, au pâturage et à l’envahissement par des plantes exotiques. Environ 75 % des milieux situés dans un rayon de 5 km du lieu où l’espèce a été signalée a récemment subi une coupe à blanc, et les parcelles de coupe comprennent de nombreux milieux rocheux où la vergerette de Leiberg pourrait pousser. On retrouve communément un assemblage de diverses graminées et herbacées non graminoïdes envahissantes dans les milieux dégagés les plus susceptibles de convenir à la vergerette de Leiberg. Il est peu probable que les terrains rocheux que privilégie la vergerette de Leiberg subissent une forte pression de pâturage, mais du bétail pâture à proximité et risque d’endommager les individus de vergerette de Leiberg lorsqu’il se déplace entre des parcelles de bonne qualité fourragère.

vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : La zone d’occurrence et l’indice de la zone d’occupation sont très limités dans le cas de cette espèce. Il y a une seule occurrence connue au Canada.   

vii. Facteurs biologiques limitatifs : Au Canada, où se trouve la limite nord de l’aire de répartition, la vergerette de Leiberg est probablement limitée à des pentes rocheuses orientées vers le sud et exceptionnellement chaudes.

Références :

Arnett, J. comm. pers. 2012. Correspondance par courriel adressée à Matt Fairbarns, 6 février 2012, Rare Plant Botanist, Washington Natural Heritage Program.

Consortium of Pacific Northwest Herbaria. 2012. Disponible à l’adresse : http://www.pnwherbaria.org/index.php [consulté le 6 février 2012; en anglais seulement].

ITIS. 2012.  Integrated Taxonomic Information System, disponible à l’adresse : http://www.itis.gov/ [consulté le 6 février 2012; en anglais seulement].

NatureServe. 2011. NatureServe Explorer: An online encyclopedia of life [application Web], version 7.1., NatureServe, Arlington (Virginie), disponible à l’adresse : http://www.natureserve.org/explorer  [consulté le 6 février 2012; en anglais seulement].

Nesom, G.L. 2006. Erigeron, in Flora of North America Editorial Committee (dir. de publ.), Flora of North America North of Mexico, 20 : 256–348. 

Piper, C.V. 1901. New and noteworthy Northwestern plants – V, Bulletin of the Torrey Botanical Club, 28(1) : 39-45.

RÉDIGÉ PAR : Matt Fairbarns, 6 février 2012

Fraxinus nigra **

MB, ON, QC, NB, NS, PE, NL

Autres noms : basket ash, brown ash, swamp ash, hoop ash, wikp (Maliseet), wiskoq (Mi’kmaq), ehsa (Mohawk), Wiisagaatic (oog – pluriel; Ojibway), aagamaatig (oog-pluriel; Ojibway)

i. Niveau taxinomique : Espèce. 

Règne	Plantae 
Embranchement 	Anthophyta 
Classe	Dicotyledoneae 
Ordre	Scrophulariales 
Famille	Oleaceae 
Genre	Fraxinus 
Espèces	F. nigra Marshall

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 45 %. Terre-Neuve-et-Labrador, Île-du-Prince-Édouard, Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Québec, Ontario et Manitoba. 

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : RANG G – G5 (dernier examen en mai 1984; NatureServe, 2011); RANG N – NNR; RANG S – Manitoba (S3), Nouveau-Brunswick (S5), île de Terre-Neuve (S3), Nouvelle-Écosse (S2S3), Ontario (S5?), Île-du-Prince-Édouard (S2), Québec (S4S5)

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : L’abondance de la population de frênes noirs est élevée (des millions d’individus), bien que de nombreuses zones de son aire de répartition soient faiblement peuplées. La plupart des provinces ne disposent pas d’estimations sur les populations facilement accessibles et, sur le plan historique, les arpenteurs forestiers ont eu tendance à réunir toutes les espèces de frênes dans leurs dossiers. 

Les connaissances traditionnelles autochtones ainsi que les données de surveillance des forêts indiquent un déclin à long terme du frêne noir (p. ex. CEPI, 2006) ou de l’ensemble des essences de frênes de manière plus générale. Dans le comté de Kings, au Nouveau Brunswick, la part des frênes dans la composition de la forêt a chuté de 5,8 % à 0,5 % depuis 1822 (Lutz, 1997). En Nouvelle-Écosse, les frênes représentaient 2,24 % du bois de feuillu, ou 0,12 % de l’inventaire forestier total de 1953 à 1957 (Hawboldt et Bulmer, 1958). Dans les années 1990, le frêne noir représentait 0,01 % du bois de feuillus (ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse, 2000). En 2012, moins de 1 000 frênes noirs sont enregistrés dans la province (Hill-Forde, 2004; ministère des Ressources naturelles de la Nouvelle-Écosse, en préparation).
On estime qu’un grand nombre de populations doivent avoir été perdues à travers leur aire de répartition en raison de la perte et de la dégradation des habitats de milieux humides ou des habitats boisés humides. On soupçonne un déclin d’environ 70 %.

L’agrile du frêne est responsable de la mort de plus de 50 millions de frênes dans les zones urbaines et boisées dans l’est de l’Amérique du Nord (Poland et McCullough, 2006). Depuis qu’il a été détecté à Windsor en Ontario en 2002, l’agrile du frêne a détruit des millions de frênes dans certaines régions de l’Ontario et du Québec (http://scf.rncan.gc.ca/pages/276?lang=fr_CA).

L’estimation de la mortalité de l’espèce provoquée par l’agrile du frêne devrait être située entre 66 et 94 % (Mastro et Reardop, 2004).

v. Menaces : Le calculateur de menaces (disponible sur demande) évalue l’impact global des menaces comme étant « très élevé ». Les principales menaces sont décrites comme suit :

Perte et altération de l’habitat – La perte de milieux humides est particulièrement observée depuis la colonisation européenne à l’échelle de l’aire de répartition du frêne noir. Malgré l’absence d’estimations précises, on croit qu’entre 65 et 70 % de l’habitat de milieux humides d’eau douce ont être remblayés ou modifiés au Canada, en particulier dans les zones fortement peuplées ou agricoles. Le frêne noir est couramment présent dans les zones boisées humides (p. ex. marécage boisé) qui peuvent ne pas être classées ou gérées comme des milieux humides, mais plutôt en tant que territoires forestiers pouvant être cultivés.
Espèces exotiques envahissantes – L’agrile du frêne (Agrilus planipennis Fairmaire) est un insecte originaire d’Asie qui se nourrit de phloème. Il a été découvert près de Détroit (Michigan) et de Windsor (Ontario) en 2002. À compter de mars 2009, des populations isolées d’agriles du frêne ont été détectées dans neuf États supplémentaires et au Québec (Kovacs et al., 2010). À l’heure actuelle (15 novembre 2012), la présence de l’agrile du frêne est confirmée au Canada aux endroits suivants : 
Ontario
•	les municipalités régionales de Chatham-Kent, Durham, York, Peel, Halton, Niagara et Waterloo;
•	les comtés de Bruce, Elgin, Essex, Frontenac, Huron, Lambton, Middlesex, Norfolk, Oxford, Perth et Wellington;
•	les comtés unis de Leeds et Grenville;
•	les villes de Brantford, Hamilton, Ottawa, Sault Ste. Marie et Toronto;
•	les comtés unis de Prescott et Russell;
•	l’île Manitoulin.
Québec
•	la municipalité régionale de comté (MRC) de Papineau et la MRC des Collines-de-l’Outaouais;
•	la municipalité de Carignan;
•	les villes de Gatineau, Laval, Longueuil et Montréal.
(Agence canadienne d’inspection des aliments http://www.inspection.gc.ca/vegetaux/protection-des-vegetaux/insectes/agrile-du-frene/faq/fra/1337355937903/1337356019017) 
Smitley et al. (2008) ont estimé que le déclin du frêne partait d’un point d’infestation à un rythme de 10,6 km par an.

Au sein de 250 parcelles de surveillance de la forêt dans l’Ohio, le Michigan et la Pennsylvanie, la mortalité des frênes a atteint près de 100 % en six ans après l’arrivée de l’agrile du frêne, indépendamment de la densité, de la taille, de la diversité ou de l’habitat initiaux des frênes. Le parasite tuera aussi bien les petites gaules de frêne à 3 cm de diamètre à hauteur de poitrine que les grands arbres matures (Michlet et Ginzel, 2010). 

Changements climatiques – L’aire de répartition devrait décliner de 65,3 % en moyenne d’ici 2100 en vertu de cinq scénarios de modélisation des changements climatiques différents (Iverson et Prasad, 2001; Iverson et al., 2011). Les changements dans les régimes de sécheresse peuvent entraîner un grave dépérissement où les nappes phréatiques élevées se transformeraient en un enracinement superficiel. Les changements climatiques devraient accentuer cet effet (Prasad et al., 2007).

On estime que le réchauffement des températures et les facteurs de stress liés à la sécheresse dans l’ouest du Canada contribuent à une perte accrue du frêne noir propagé à Edmonton et à Prince George en raison des insectes ravageurs (Coady et Picketts, 2012). 

D’autres menaces incluent l’exploitation historique du frêne noir pour les douves de tonneaux, la pollution atmosphérique et les facteurs associés à la perte ou à l’altération de l’habitat, tels que l’aménagement résidentiel, la construction de routes et l’exploitation minière, entre autres.

vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : sans objet

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Le frêne noir est un arbre à croissance lente soumis à un ralentissement de la formation et à une déformation dus en partie aux pratiques passées d’écrémage lié à l’exploitation sélective. L’espèce est relativement rare dans le paysage, représentant généralement moins de 1 % de la composition de la forêt. Dans certaines régions (p. ex. en Nouvelle-Écosse), seuls plusieurs individus sont connus pour produire des graines.

Références

Benedict, L., et R. David. 2000. Handbook for Black Ash Preservation, Reforestation/Regeneration Mohawk Council of Akwesasne, ministère de l’Environnement.

CEPI – Collaborative Environmental Planning Initiative. 2006. Bras d’Or Lakes Traditional Ecological Knowledge Workshop Proceedings, les 3 et 4 mai 2006. Eskasoni (Nouvelle-Écosse).

Coady, C., et I. Picketts. 2012. Implementing Climate Change Adaptation in Prince George, BC. Volume 3: Forests. Ville de Prince George (Colombie-Britannique). 45 pages. Accès : http://princegeorge.ca/environment/climatechange/adaptation/Documents/2012_PGRAC_Forests_volume%20with%20Exec%20Sum.pdf 

Hawboldt, L.S., et R.M. Bulmer. 1958. The Forest Resources of Nova Scotia. Ministère des Terres et des Forêts, Truro (Nouvelle-Écosse).

Hill-Forde, S. 2004. Change over time in the abundance and distribution of Black Ash in Nova Scotia: Effects of Mi’kmaq traditional use, and recommendations for the best germination technique for province-wide replanting programs. Collège agricole de la Nouvelle-Écosse et Université Dalhousie, Truro (Nouvelle-Écosse). Accès : http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/s4/f2/dsk4/etd/MQ94164.PDF 

Iverson, L.R., et A.M. Prasad. 2001. Potential redistribution of tree species habitat under five climate change scenarios in the eastern U.S. For. Ecol. Mgt. 155(1-3):205-222.

Iverson, L.R., A.M. Prasad, D. Sydnor, J. Bossenbroek et M.W. Schwartz. 2006a. Modeling potential Emerald Ash Borer spread through GIS/cell-based/gravity models with data bolstered by web-based inputs, in V. Mastro et al. (comp.), Emerald Ash Borer research and technology development meeting, les 26 et 27 septembre 2005, FHTET-2005-16. Pittsburgh (PA) : U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Animal and Plant Health Inspection Service. Pp. 12 13.

Iverson, L.R., A. Prasad, J. Bossenbroek, D. Sydnor et M. Schwartz. 2006b. Modeling potential movements of the emerald ash borer in Ohio, in V. Mastro, D. Lance, R. Reardon et G. Parra (comp.), Emerald ash borer and Asian longhorned beetle research and technology development review meeting, du 29 octobre au 2 novembre 2006, FHTET-2007-04. Cincinnati (OH) : U.S. Department of Agriculture, Forest Health Technology Enterprise Team, Morgantown (WV). P. 15. 

Iverson, L.R., A. Prasad, J. Bossenbroek, D. Sydnor et M.W. Schwartz. 2010. Modeling potential movements of the emerald ash borer: the model framework, in J. Pye, M. Raucher, Y. Sands, D. Lee et J. Beatty (éd.), Advances in threat assessment and their application to forest and rangeland management. Portland (OR) : U.S. Department of Agriculture, Forest Service, Pacific Northwest and Southern Research Stations. Pp. 581-597. Accès : http://www.nrs.fs.fed.us/pubs/jrnl/2010/nrs_2010_iverson_003.pdf 

Iverson, L., A. Prasad, K.S. Knight, D.A. Herms, S. Matthews, M. Peters, A. Smith et R. Long. 2011. Potential replacements for northwoods black ash in a changing climate: the confluence of two challenges, in G. Parra, D. Lance, V. Mastro, R. Reardon et C. Benedict (comp.), 2011 emerald ash borer national research and technology development meeting, les 12 et 13 octobre 2011, FHTET-2011-06. Wooster (OH) : U.S. Department of Agriculture, Forest Service, State and Private Forestry, Forest Health Protection, Forest Health Technology Enterprise Team, Morgantown (WV). Pp. 63-64. http://www.nrs.fs.fed.us/pubs/jrnl/2011/nrs_2011_iverson_002.pdf 

Lutz, S.G. 1997. Pre-european settlement and present forest composition in Kings County, New Brunswick, Canada. Thèse de maîtrise en foresterie, Faculty of Forestry and Environmental Management, Université du Nouveau-Brunswick, Fredericton (Nouveau-Brunswick). 51 pages.

Mastro, V., et R. Reardop (éd.). 2004. Emerald ash borer research and technology development meeting, les 5 et 6 octobre 2004. Romulus (MI) : USDA Forest Service Publication FHTET-2004-15. 

Poland, T.M., et D.G. McCullough. 2006. Emerald ash borer: invasion of the urban forest and the threat to North America’s ash resource. Journal of Forestry 104(April/May):118-124.

Prasad, A., L. Iverson, M. Peters, J. Bossenbroek, S.N. Matthews, D. Sydnor et M. Schwartz. 2010. Modeling the invasive emerald ash borer risk of spread using a spatially explicit cellular model. Landscape Ecology 25:353-369. Accès : http://www.nrs.fs.fed.us/pubs/jrnl/2010/nrs_2010_prasad_001.pdf 

Tiré du Blue Ash Draft COSEWIC Status Report (lignes 62 à 67) :
« Signs of Emerald Ash Borer (Agrilus planipennis – EAB) were found at 45.8% (11 out of 24) of the sites and in 6.8% of trees (66/968). Although few Blue Ash trees appear to have been killed by EAB, this may be related to the length of time since initial attack and the abundance and proximity of individuals of other ash species, which are preferred over Blue Ash. The highest levels of infestation were generally at sites closest to the initial source of EAB invasion. »

PRÉPARÉ PAR : Sous-comité des connaissances traditionnelles autochtones, février 2013

Poissons (d'eau douce)

Prosopium coulterii *
Ménomini pygmée
YT†, NT, BC, AB†, ON†

i. Niveau taxinomique – espèce : Le ménomini pygmée (Prosopium coulterii), qui a une aire de répartition discontinue au Canada, compte des populations dans cinq des zones biogéographiques nationales d’eau douce (ZBNED; Yukon, Pacifique, Arctique de l’Ouest, rivière Saskatchewan et fleuve Nelson, et Grands Lacs et haut Saint-Laurent). Des populations fragmentées sont dispersées sur l’ensemble du territoire de la Colombie-Britannique dans les fleuves Columbia et Fraser et la rivière Skeena ainsi que dans les systèmes de la rivière de la Paix et de la Liard, de même que dans les systèmes du haut Yukon et de la rivière Alsek dans le nord de la Colombie-Britannique et au Yukon. À l’est de la ligne continentale de partage des eaux, l’espèce a été observée dans le Grand lac de l’Ours (Territoires du Nord Ouest), et, en faibles nombres, dans le bassin versant des lacs Waterton (Alberta), le bassin de la haute Athabasca (Alberta), et dans le lac Athabasca (Saskatchewan). Une population isolée est présente dans l’ouest du lac Supérieur, et l’espèce a été récemment détectée dans le lac Winnange (49,77850° N   93,69328° W), dans le nord ouest de l’Ontario. Les populations de l’ouest du Yukon appartiennent à une lignée évolutionnaire qui est fortement distincte de celles des populations du reste de l’aire de répartition de l’espèce (divergence de ~3 % chez des séquences d’ADN mitochondrial et chez des séquences d’ADN nucléaire – Witt et al., 2011). La répartition du ménomini pygmée très fragmentée et en occurrences isolées dans de multiples ZBNED ainsi que la présence d’au moins deux grandes lignées évolutionnaires donnent à penser que l’espèce compte de multiples unités désignables, certaines ayant une aire de répartition très restreinte. 

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Plus de 90 % de l’aire de répartition mondiale du ménomini pygmée se trouve au Canada. La répartition de l’espèce aux États-Unis est limitée : elle est présente dans les eaux du système du Columbia dans l’État de Washington, en Idaho et au Montana, ainsi que dans les eaux du lac Supérieur au Michigan, au Minnesota et au Wisconsin.

iii. Statut de conservation mondial existant : L’espèce est considérée comme en péril dans la portion américaine du bassin du Columbia (État de Washington), vulnérable au Wisconsin, et apparemment non en péril en Alaska et au Michigan. Dans l’est du Canada, où elle n’a été trouvée que dans le lac Supérieur et dans un seul petit lac de l’intérieur au nord du lac Supérieur, son statut est indéterminé. Les populations de Colombie-Britannique et du Yukon sont considérées comme apparemment non en péril (S4). L’Endangered Species Conservation Committee (comité de conservation des espèces en péril) de l’Alberta a récemment attribué au ménomini pygmée le statut d’espèce menacée (Threatened). En Ontario, le statut de l’espèce demeure indéterminé (SU [unrankable] : non classable).

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Sauf peut être dans les cas de la population du lac Supérieur et de certaines populations de Colombie-Britannique (McPhail et McPhail, 2007), le ménomini pygmée n’est nulle part commun. On le trouve généralement dans des zones et des habitats peu altérés par l’activité humaine, et les populations de ces endroits sont probablement stables. Il ne semble pas prospérer dans les zones où il se trouve proche d’une présence humaine ou en compétition avec d’autres corégonidés, et il peut être sensible à des stress environnementaux, comme la dégradation de l’habitat et l’accroissement de la température de l’eau dû au réchauffement climatique ou à l’altération des régimes d’écoulement. On pense que des dommages causés à des habitats d’alevinage par diverses activités industrielles ont entraîné des baisses marquées des effectifs de l’espèce dans certaines régions de l’Alberta et, peut-être, de la Colombie-Britannique. 

v. Menaces : Les populations de l’ouest du pays (particulièrement celles de l’Alberta) sont actuellement menacées par la dégradation de l’habitat causée par l’exploitation forestière, l’exploration et l’exploitation gazière et pétrolière, le développement urbain et l’exploitation minière, ainsi que par les déversements accidentels de substances nocives associés à ces activités (Sullivan, 2011). Les menaces potentielles comprennent aussi le réchauffement climatique et l’ensemencement de plans d’eau avec des espèces exotiques. 

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : Oui dans le cas d’unités désignables de l’ouest du pays situées dans les ZBNED du Yukon, du Pacifique, de la rivière Saskatchewan et du fleuve Nelson, et de l’Arctique de l’Ouest, ainsi que dans le cas d’unités désignables du nord ouest de l’Ontario qui n’occuperaient qu’un seul lac ou un petit nombre (< 5) de lacs.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Le ménomini pygmée peut cohabiter avec d’autres corégonidés, il s’agit d’une espèce relique glaciaire, et sa répartition, bien que vaste, est en bonne partie discontinue et souvent restreinte à l’échelle locale. L’espèce présente une croissance lente, une faible fécondité et un cycle vital court, et peut être sensible aux perturbations de l’habitat.

viii. Sources d’information : Les résultats des relevés par échantillonnage effectués par le MPO dans le nord ouest de l’Ontario et des relevés du gouvernement de l’Alberta effectués dans la province de même que beaucoup d’information issue du Peace/Williston Fish and Wildlife Compensation Program (programme de compensation pour le poisson et la faune du bassin du réservoir Williston [rivière de la Paix]), mené en Colombie-Britannique, seront évalués.

Références :

McPhail, J.D., et D.L. McPhail. 2007. The Freshwater Fishes of British Columbia, University of Alberta Press, Edmonton. 
Sullivan, M. 2011. Status of the pygmy whitefish (Prosopium coulterii) in Alberta: Update 2011, Alberta Wildlife Status Report No. 27. 

Witt, J.D.S., R.J. Zemlak et E.B. Taylor. 2011. Phylogeography and the origins of range disjunctions in a north temperate fish, the pygmy whitefish (Prosopium coulterii), inferred from mitochondrial and nuclear DNA sequence analysis, J. Biogeography 38:1557-1569.

RÉDIGÉ PAR : D. Watkinson, W. Tonn et E.B. Taylor, février 2012

Percina shumardi *
Dard de rivière
MB†, ON†

i. Niveau taxinomique – espèce : Le dard de rivière (Percina shumardi) a une aire de répartition discontinue au Canada. Son aire principale au Canada se trouve dans le nord ouest de l’Ontario et au Manitoba. Les seules populations présentes dans le bassin des Grands Lacs ont été trouvées dans le bassin versant du lac St. Clair, et leurs effectifs sont faibles.

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale située au Canada : Environ 30 % de l’aire de répartition mondiale de l’espèce se trouve au Canada. Le dard de rivière est largement réparti dans 20 États américains drainés par le Mississippi, depuis le golfe du Mexique jusqu’à la rivière Rouge du Nord et les Grands Lacs.

iii. Statut de conservation mondial existant : La cote mondiale du dard de rivière est G5 (non en péril). L’espèce est cotée N5 (non en péril) à l’échelle du Canada, S5 (non en péril) au Manitoba, et S3 (vulnérable) en Ontario. Son aire de répartition présente une importante discontinuité d’au moins 1000 km entre les deux occurrences les plus proches se trouvant l’une dans la zone biogéographique de la rivière Saskatchewan et du fleuve Nelson et l’autre dans la zone biogéographique des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent, ces deux zones correspondant à deux unités désignables. Des données récentes issues de relevés effectués par le MPO laissent fortement croire que les deux unités désignables se trouvent exposées à des niveaux de risque nettement différents. L’espèce est largement répartie aux États-Unis et bien qu’elle y soit considérée comme non en péril à l’échelle du pays, elle est gravement en péril dans cinq États – dont tous les États abritant des populations des Grands Lacs –, en péril dans deux États, et vulnérable dans quatre États.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : L’espèce est largement répartie mais pas abondante dans l’unité désignable de la rivière Saskatchewan et du fleuve Nelson, et elle semble avoir connu des baisses d’effectifs importantes dans l’unité désignable des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent, où elle n’a été observée que dans le bassin versant du lac St. Clair. À notre connaissance, aucune étude n’a spécifiquement examiné les tendances des effectifs du dard de rivière; cependant, lors des échantillonnages étendus réalisés de 2002 à aujourd’hui dans l’aire de répartition connue de l’espèce dans les Grands Lacs, on a trouvé qu’un seul spécimen, dans le lac St. Clair.

v. Menaces :De nombreuses espèces de dards ont connu des baisses d’effectifs très marquées dans les Grands Lacs en raison d’interactions négatives avec le gobie à taches noires et d’autres espèces envahissantes, et le dard de rivière ne fait probablement pas exception. Il y a probablement eu dégradation de l’habitat dans certaines parties de son aire de répartition, particulièrement dans la région des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent (plus spécifiquement dans le bassin versant du lac St. Clair), où son habitat de prédilection – grande rivière à substrat grossier et écoulement modéré – aurait été altéré. L’habitat du dard de rivière en Ontario se trouve dans une région où le développement agricole, industriel et urbain est le plus intense à l’échelle de la province, voire même du pays, d’où un accroissement de l’envasement, de la turbidité et des charges de nutriments dans les plans d’eau; plusieurs autres espèces d’eau douce en péril sont présentes dans cette région.

vi. Zone d’occurrence ou zone d’occupation restreinte : Oui dans le cas de l’unité désignable des Grands Lacs et du haut Saint-Laurent – l’aire de répartition connue y est limitée au bassin versant du lac St. Clair.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Inconnus.

viii. Sources d’information : Les résultats des relevés par échantillonnage effectués par le MPO dans le lac St. Clair seront évalués.

RÉDIGÉ PAR : Nick Mandrak, février 2012

Gasterosteus aculeatus *
Épinoche à trois épines benthique du petit lac Quarry
BC

i. Niveau taxinomique  – UD du complexe d’espèces Gasterosteus aculeatus : L’épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus) fait partie d’un complexe d’espèces (c’est-à-dire de formes au statut taxinomique incertain qui sont distinctes sur le plan morphologique, génétique et comportemental) qui comprend des espèces biologiques sympatriques couramment qualifiées distinctement de paires d’espèces « benthique » ou « limnétique » en raison de leur écologie de l’alimentation différente. Les paires sympatriques et les paires d’épinoches à trois épines benthique et limnétique désignées en voie de disparition aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP) coexistent dans trois réseaux lacustres du sud-ouest de la Colombie-Britannique (lac Enos, lac Paxton et ruisseau Vananda). La paire du lac Little Quarry, dans l’île Nelson, également en Colombie-Britannique, a récemment été découverte (Gow et al., 2008). Depuis leur découverte dans les années 1980 et 1990, la paire du lac Enos n’existe plus qu’à l’état de population hybride, tandis que la paire du lac Hadley est maintenant disparue.

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale au Canada :Les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry sont endémiques au Canada, 100 % de l’aire de répartition se trouvant dans un seul lac. 

iii. Rang de conservation mondial existant : Les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry n’ont été découvertes que récemment et n’ont donc pas été cotées à l’échelle provinciale, nationale ou mondiale. Toutes les autres paires sont cotées SX (espèce disparue [paire du lac Hadley]), S1 en Colombie-Britannique, N1 au Canada et G1 à l’échelle mondiale.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Nous ne disposons d’aucune donnée sur la taille des populations d’épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry ou sur les tendances de la taille des populations. D’après les études sur des paires d’autres lacs, la taille des populations de chaque paire est probablement de l’ordre de quelques dizaines de milliers (COSEPAC, 2010). 
 
v. Menaces : La plus grande menace qui pèse sur les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry est l’introduction d’espèces exotiques. Deux des six paires connues ont disparu (lac Hadley) ou n’existent plus qu’à l’état de population hybride (lac Enos), probablement à cause de l’introduction de prédateurs exotiques (barbotte dans le lac Hadley et écrevisse de Californie dans le lac Enos). 

vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : Les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry se rencontrent dans un seul lac, dont la superficie est de 0,22 km2.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les facteurs limitatifs de l’abondance des épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry ne sont pas bien compris, mais englobent probablement la production alimentaire, la présence d’abris, la prédation, l’habitat de fraye et autres. Il est probable que le principal facteur limitatif soit l’approvisionnement en nourriture, c’est-à-dire la capacité de chaque lac de produire du plancton et du benthos. Les principaux facteurs qui déterminent l’état de conservation sont l’endémisme extrême et la sensibilité aux déclins rapides causés par les interactions avec des espèces exotiques.

viii. Sources d’information :Nous consulterons l’information tirée de la littérature scientifique, des recherches en cours à l’Université de la Colombie-Britannique et des efforts de surveillance des groupes de gérance locaux.

Références :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la paire d’espèces d’épinoches benthiques et limnétiques à trois épines du lac Paxton (Gasterosteus aculeatus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), Environnement Canada, Ottawa.
Gow, J.L., S.M. Rogers, M. Jackson et D. Schluter. 2008. Ecological predictions lead to the discovery of a benthic–limnetic sympatric species pair of threespine stickleback in Little Quarry Lake, British Columbia, Can. J. Zool. 86: 564-571.

RÉDIGÉ PAR : E.B. Taylor, février 2012

Gasterosteus aculeatus *
Épinoche à trois épines limnétique du petit lac Quarry
BC

i. Niveau taxinomique  – UD du complexe d’espèces Gasterosteus aculeatus : L’épinoche à trois épines (Gasterosteus aculeatus) fait partie d’un complexe d’espèces (c’est-à-dire de formes au statut taxinomique incertain qui sont distinctes sur le plan morphologique, génétique et comportemental) qui comprend des espèces biologiques sympatriques couramment qualifiées distinctement de paires d’espèces « benthique » ou « limnétique » en raison de leur écologie de l’alimentation différente. Les paires sympatriques et les paires d’épinoches à trois épines benthique et limnétique désignées en voie de disparition aux termes de la Loi sur les espèces en péril (LEP) coexistent dans trois réseaux lacustres du sud-ouest de la Colombie-Britannique (lac Enos, lac Paxton et ruisseau Vananda). La paire du lac Little Quarry, dans l’île Nelson, également en Colombie-Britannique, a récemment été découverte (Gow et al., 2008). Depuis leur découverte dans les années 1980 et 1990, la paire du lac Enos n’existe plus qu’à l’état de population hybride, tandis que la paire du lac Hadley est maintenant disparue.

ii. Portion de l’aire de répartition mondiale au Canada :Les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry sont endémiques au Canada, 100 % de l’aire de répartition se trouvant dans un seul lac. 

iii. Rang de conservation mondial existant : Les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry n’ont été découvertes que récemment et n’ont donc pas été cotées à l’échelle provinciale, nationale ou mondiale. Toutes les autres paires sont cotées SX (espèce disparue [paire du lac Hadley]), S1 en Colombie-Britannique, N1 au Canada et G1 à l’échelle mondiale.

iv. Taille et tendances des populations canadiennes : Nous ne disposons d’aucune donnée sur la taille des populations d’épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry ou sur les tendances de la taille des populations. D’après les études sur des paires d’autres lacs, la taille des populations de chaque paire est probablement de l’ordre de quelques dizaines de milliers (COSEPAC, 2010). 
 
v. Menaces : La plus grande menace qui pèse sur les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry est l’introduction d’espèces exotiques. Deux des six paires connues ont disparu (lac Hadley) ou n’existent plus qu’à l’état de population hybride (lac Enos), probablement à cause de l’introduction de prédateurs exotiques (barbotte dans le lac Hadley et écrevisse de Californie dans le lac Enos). 

vi. Caractère restreint de la zone d’occurrence ou de la zone d’occupation : Les épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry se rencontrent dans un seul lac, dont la superficie est de 0,22 km2.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les facteurs limitatifs de l’abondance des épinoches à trois épines benthiques et limnétiques du lac Little Quarry ne sont pas bien compris, mais englobent probablement la production alimentaire, la présence d’abris, la prédation, l’habitat de fraye et autres. Il est probable que le principal facteur limitatif soit l’approvisionnement en nourriture, c’est-à-dire la capacité de chaque lac de produire du plancton et du benthos. Les principaux facteurs qui déterminent l’état de conservation sont l’endémisme extrême et la sensibilité aux déclins rapides causés par les interactions avec des espèces exotiques.

viii. Sources d’information :Nous consulterons l’information tirée de la littérature scientifique, des recherches en cours à l’Université de la Colombie-Britannique et des efforts de surveillance des groupes de gérance locaux.

Références :

COSEPAC. 2010. Évaluation et Rapport de situation du COSEPAC sur la paire d’espèces d’épinoches benthiques et limnétiques à trois épines du lac Paxton (Gasterosteus aculeatus) au Canada, Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC), Environnement Canada, Ottawa.
Gow, J.L., S.M. Rogers, M. Jackson et D. Schluter. 2008. Ecological predictions lead to the discovery of a benthic–limnetic sympatric species pair of threespine stickleback in Little Quarry Lake, British Columbia, Can. J. Zool. 86: 564-571.

RÉDIGÉ PAR : E.B. Taylor, février 2012

Poissons (marins)

Cyclopterus lumpus **
Lompe
QC, NB, NS, PE, NL, Océan atlantique

i. Niveau taxinomique : Espèce. La lompe Cyclopterus lumpus Linnaeus (1758) fait partie de la famille des Cyclopteridae de l’ordre des Scorpaeniformes (Leim et Scott, 1966). La lompe est présente des deux côtés de l’Atlantique Nord. L’immigration et l’instinct de retour limités (MPO, 2011) laissent entendre que des sous-populations distinctes sur le plan génétique peuvent être présentes. 

Skirnisdottir et al. (2012) décrivent le développement et la caractérisation de 22 loci de microsatellites polymorphiques à l’aide d’un séquençage de nouvelle génération. Le nombre d’allèles par locus variait de 3 à 27 dans deux populations de l’Atlantique Nord distantes sur le plan géographique, avec des hétérozygoties observées et prévues comprises entre 0,0625–0,979 et 0,0618–0,946 respectivement. Les auteurs considèrent que ces loci peuvent permettre une évaluation de la structure génétique de la population de cette espèce et contribuer à sa gestion appropriée.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : L’espèce est présente des deux côtés de l’Atlantique Nord et au Canada, de la baie d’Hudson en descendant vers le sud jusqu’au Nouveau-Brunswick, en se rendant aussi loin qu’à Chesapeake Bay (Maryland) (Scott et Scott, 1988). Moins de 50 % de l’aire de répartition mondiale existante est située au Canada.

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : L’espèce n’a pas été évaluée pour figurer sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature ou par NatureServe. Les données sur les lompes sont limitées, et il n’existe aucune évaluation complète qui couvre l’aire de répartition canadienne de l’espèce. Il est probable que les lompes aient subi une exploitation accrue de la pêche dirigée au filet maillant après l’effondrement des stocks de poissons de fond. La gestion de la pêche se fait principalement par l’intermédiaire de la durée de la saison, du nombre d’engins par pêcheur et de la taille des mailles des filets maillants. Il n’y a pas de limites de prises annuelles. 

Les lompes sont des espèces solitaires et ne se rassemblent pas en bancs; elles semblent par ailleurs présenter un fort instinct de retour et immigrer sur de longues distances au cours d’un cycle annuel entre les eaux profondes en hiver et les eaux moins profondes en été. Les femelles pondent de deux à trois masses d’œufs à intervalle de 8 à 14 jours, puis retournent en eau profonde, laissant les mâles garder les œufs (MPO, 2011). Les masses d’œufs sont déposées pendant la période mai-juin et comprennent jusqu’à 140 000 œufs ou plus (Scott et Scott, 1988). L’incubation dure de six semaines à deux mois et le mâle prend soin des œufs pendant cette période. 

La pêche consiste principalement à pêcher des femelles porteuses d’œufs pour offrir au marché un produit de remplacement au caviar d’esturgeon (Johannesson, 2006). Le Canada, le Groenland, l’Islande et la Norvège sont les principaux producteurs, mais des quantités plus petites sont produites au Danemark et en Suède. Dans les années 1990, le Canada était l'un des plus gros producteurs, mais depuis, les prises ont fortement diminué au pays.
iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : Il n’existe aucune évaluation complète concernant la lompe dans l’ensemble de son aire de répartition canadienne. Il est possible que les données des relevés au chalut de recherche ne fournissent pas d’indice fiable relativement à la taille du stock.

Dans le golfe du Saint-Laurent (divisions de l’Organisation des pêches de l’Atlantique nord ouest 3Pn, 4R, 4S 4T), la forte baisse des débarquements, les efforts déployés et les rendements en dépit des prix les plus élevés du marché dans l’histoire de la pêche (10 $/kg en 2010) indiquent un déclin important dans l’abondance de la ressource (MPO, 2011). Les prises de lompes au cours des relevés au chalut dans le golfe du Saint-Laurent sont généralement basses, mais une augmentation des prises a été observée au cours de la période 2005-2009 (MPO, 2011).

Une évaluation a été menée sur les lompes du banc de Saint-Pierre (division de l’Organisation des pêches de l’Atlantique nord-ouest 3P) en 2002 (MPO, 2002). Les données du relevé au chalut indiquent un déclin d’un ordre de grandeur du milieu des années 1980 à 2002, mais ce déclin peut être attribué en partie au fait d’effectuer le relevé plus tard dans l’année (MPO, 2002).

Il n’y a aucune évaluation récente sur la lompe effectuée dans les Grands Bancs (division de l’Organisation des pêches de l’Atlantique nord-ouest 3L), mais les prises effectuées dans le cadre du relevé d’automne au cours des trois dernières années pour lesquelles des données sont disponibles (2008-2010) étaient nettement inférieures à la moyenne pour la période depuis 1981 (MPO, données non publiées).

Une mise à jour du stock effectuée en 1995 pour le banc de Saint-Pierre, les Grands Bancs et la côte est de Terre-Neuve-et-Labrador (division de l’Organisation des pêches de l’Atlantique nord-ouest 3K, 3L, 3P) a permis de conclure qu’avec les estimations de la biomasse établies dans le cadre du relevé à partir du déclin et des débarquements dans la division 3P, avec un effort semblable ou plus important dans la division 3K également en diminution, la lompe a très probablement été surexploitée dans les eaux de Terre-Neuve-et-Labrador (Stansbury et al., 1995). 

Myers et al. (1995) ont analysé les prises par unité d’effort pour neuf pêcheurs individuels de lompes autour de la côte de Terre-Neuve-et-Labrador de 1989 à 1994 et ont constaté un déclin dans les prises par unité d’effort dans toutes les zones, avec les déclins les plus importants se produisant le long de la côte nord de Terre-Neuve-et-Labrador.

D’après des entrevues avec des pêcheurs de Terre-Neuve-et-Labrador, Neis et al. (1999) ont noté un déclin important dans les prises commerciales par unité d’effort au cours de la période 1978-1996.

v. Menaces : Les lompes sont pêchées à des fins commerciales, mais aucune limite de prises annuelles n’est fixée. Il n’existe aucune évaluation complète concernant la taille des stocks ou les tendances historiques. Les renseignements préliminaires sur les débarquements indiqueraient que la taille des stocks a diminué récemment. Cela peut être dû à la surpêche, que l’on considère comme la principale menace.

vi. Petite zone d’occurrence ou (indice de) zone d’occupation : L’espèce vit dans les eaux côtières et du large au large de la côte est du Canada et la zone d’occupation est vaste.

Vii. Facteurs limitatifs biologiques : La biologie de la lompe n’a pas été bien étudiée. L’espèce atteint 30 cm dès l’âge de cinq ans (MPO, 2011). Les femelles sont connues pour atteindre 61 cm de longueur et peser jusqu’à 9,1 kg. Les mâles mesurent généralement 35,6 à 38,1 cm de longueur et pèsent entre 1,4 kg et 2,7 kg. La lompe atteint l’âge de maturité entre trois et cinq ans (http://www.fishaq.gov.nl.ca/research_development/fdp/lumpfish.pdf).

Références :

Johannesson, J. 2006. Lumpfish caviar – from vessel to consumer. FAO Fisheries Technical Paper 485.

Leim, A.H., et W.B. Scott. Fishes of the Atlantic Coast of Canada. Fisheries Research Board of Canada Bulletin No. 155, 485 pages.

MPO – Pêches et Océans Canada. 2002. Lompe de la division 3P de l’OPANO. MPO, Sciences, Rapport A2-17 sur l’état des stocks.

MPO – Pêches et Océans Canada. 2011. Évaluation de la lompe du golfe du Saint-Laurent (3Pn, 4RST) en 2010. MPO, Secrétariat canadien de consultation scientifique. Avis scientifique 2011/005.

Myers, R.A., B. Sjare et R.B. Luscombe. 1995. An analysis of lumpfish data on individual fishermen in the Newfoundland Region. MPO, Pêches de l’Atlantique. Document de recherche 95/66.

Neis, B., D.C. Schneider, L. Felt, R.L. Haedrich, J. Fischer et J.A. Hutchings. 1999. Fisheries assessment: what can be learned from interviewing the resource users? J. can. Sci. halieut. Aquat. 56:1949-1963.

Scott, W.B.C., et M.G. Scott. 1988. Atlantic Fishes of Canada. Toronto (Ontario) : University of Toronto Press. 731 pages.

Skirnisdottir, S., G. Olafsdottir, K. Olafsson, T. Jendrossek, H. Lloyd, S. Helyar, C. Pampoulie, A. Danielsdottir et J. Kasper. 2012. Twenty-two novel microsatellite loci for lumpfish (Cyclopterus lumpus). Conservation Genetics Resources, septembre 2012.

Stansbury, D.E., E.F. Murphy et C.A. Bishop. 1995. An update of Stock Status of 3KLP Lumpfish. MPO, Pêches de l’Atlantique. Document de recherche 95/65.

PRÉPARÉ PAR : Peter Shelton, janvier 2013

Reptiles

Chrysemys picta **
Tortue peinte du centre
ON, QC

Aire de répartition au Canada : Ontario, Québec
« Les pratiques de conservation des espèces, par opposition aux principes, mettent généralement l'accent sur les espèces en voie de disparition imminente. Des listes d'espèces prioritaires sont donc établies, sur lesquelles figurent principalement les espèces ayant de petites populations ou de petites aires de répartition géographiques. Toutefois, des travaux récents soulignent l'importance des espèces communes pour les écosystèmes. Même des déclins proportionnels relativement petits de l'abondance peuvent entraîner de grandes pertes irrémédiables en matière d’occurrences des individus et de la biomasse, perturbant ainsi fortement la structure, la dynamique et les services de l'écosystème. » [traduction] (Gaston et Fuller, 2008)

Les tortues sont largement reconnues comme étant extrêmement vulnérables aux menaces anthropiques en raison de leur cycle vital (âge de maturité tardif, faible taux de reproduction, taux de survie élevé chez les adultes et longévité). Les caractéristiques du cycle vital de la tortue peinte et de la tortue peinte du centre sont semblables à celles des neuf autres espèces de tortues existantes au Canada, qui sont toutes désignées comme étant des espèces en péril par le COSEPAC. Deux unités désignables de l’ouest de la tortue peinte de l’Ouest (C. p. bellii) sont désignées comme étant des espèces en péril, mais les deux autres sous-espèces de la tortue peinte présentes au Canada, à savoir la tortue peinte (C. p. picta) et la tortue peinte du centre (C. p. marginata), n’ont pas été évaluées, bien qu’elles soient confrontées à des menaces semblables. 

Les tortues peintes sont bien visibles lorsqu’elles se reposent en groupe et sont souvent perçues, à tort, comme étant abondantes. Bien que les tortues peintes, dans leur ensemble, restent relativement répandues, elles ont subi d’importants déclins historiques et continus dans des zones où les routes et le drainage des terres humides prédominent (p. ex. Iverson, 1982; Congdon et Gibbons, 1986; Ressources naturelles Canada, 2004; nombreux rapports de Gillingwater, comm. pers.). Ces zones de déclin représentent une bonne partie de la répartition canadienne de la tortue peinte et de la tortue peinte du centre, des répartitions qui sont limitées au sud du Canada par des conditions estivales fraîches. En raison de leur cycle vital « lent », de leur faible capacité à se remettre des déclins et de leur faible tolérance aux facteurs de stress anthropiques, il devient extrêmement important de déterminer le statut de toutes les sous-espèces de la tortue peinte avant que les populations chutent à des niveaux qui nécessiteront des mesures de conservation importantes. 

i. Niveau taxinomique : La tortue peinte est une espèce valide indigène au Canada. Il existe quatre sous-espèces reconnues, dont trois sont présentes au Canada. En 2006, le COSEPAC a évalué la tortue peinte de l’Ouest (C. p. bellii) comme étant trois unités désignables. La tortue peinte (C. p. picta) est présente au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, tandis que la tortue peinte du centre (C. p. marginata) est observée en Ontario et au Québec (Cook, 1984). Chaque sous-espèce de la tortue peinte et de la tortue peinte du centre peut comprendre plus d’une unité désignable.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 5 à 10 % pour l’ensemble de l’espèce ou pour chaque sous-espèce sont situés au Canada. 

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : C. p. picta/C. p. marginata RANG G : G5/G5 (dernier classement en 1996); RANG N : N5/N5; COSEPAC : Non évaluée/
non évaluée; Statut désigné par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario : S5 non suivi; RANG S : Ontario S5; Québec S5; Nouveau-Brunswick S5; Nouvelle-Écosse S5; ssituation générale : NON EN PÉRIL en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse. 

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : Il existe peu d’études à long terme (c.-à-d. supérieures à trois ans) sur les tailles ou les tendances des populations pour les espèces C. p. picta ou C. p. marginata, à l’exception d’une étude menée sur 34 ans concernant l’espèce C. p. marginata dans le parc provincial Algonquin en Ontario (Samson, 2003; Brooks, données non publiées) ainsi qu’une étude de trois ans réalisée dans le parc national de la Pointe-Pelée (Browne et Hecnar, 2007). Bien que les tortues peintes soient répandues et facilement repérables, ce sont des espèces en péril, car elles sont confrontées à plusieurs menaces et limites (voir les sections Menaces et Facteurs limitatifs biologiques ci-dessous). Puisque ces tortues sont bien visibles, leurs nombres sont souvent considérablement surestimés par les observateurs ponctuels. Toutefois, il est désormais bien établi que de nombreuses populations sont probablement des populations « fantômes », en raison du petit nombre d’adultes (principalement des mâles) qui vivent pendant des années, même lorsque la population est devenue non viable (Aresco, 2005; Gibbs et Shriver, 2002; Gibbs et Steen, 2005; Steen et al., 2006). 

Nous pouvons utiliser une approximation liée à la perte de l’habitat afin d’estimer l’ampleur des déclins des tortues peintes. Par exemple, dans les plaines à forêt mixte de l’Ontario, 75 % des milieux humides ont été perdus, et dans certains comtés (p. ex. Elgin, Kent, Essex, Lambton, Perth, Russell et Toronto), les pertes des milieux humides sont supérieures à 95 % (Ressources naturelles Canada, 2004; Canards Illimités Canada, 2010). Il est raisonnable de conclure que 75 %, au minimum, des populations de tortues peintes dans ces régions ont disparu et que l’habitat restant est souvent fragmenté par un dense réseau routier. La majeure partie des populations de tortues peintes du centre au Canada ont autrefois vécu dans cette région. On peut s’attendre à des pertes semblables dans le sud du Québec, ainsi qu’à des pertes moindres, mais tout de même importantes, dans les Maritimes. La perte de l’habitat se poursuit dans toute l’aire de répartition de l’espèce en raison de l’éradication plus poussée des milieux humides et de l’expansion des réseaux routiers (Fenech et al., 2001). D’après une base de données de 25 ans sur des tortues marquées dans le parc Algonquin, la durée d’une génération (DG) est calculée comme suit : DG = 14 + 1/0,02 = 64 ans (voir Samson, 2003), avec trois générations correspondant à 192 ans. Cela tiendrait compte d’une bonne partie des pertes historiques de milieux humides et de l’ensemble de l’apparition du réseau de routes pavées. Compte tenu des renseignements combinés sur les déclins des populations locales, des taux de mortalité consignés liée aux routes et à d’autres sources anthropiques, ainsi que la perte et la fragmentation de l’habitat de milieux humides à travers les zones peuplées des aires de répartition des deux sous-espèces, il est évident que des déclins importants des populations d’au moins 75 % se sont probablement produits au cours des trois dernières générations.

v. Menaces : Les tortures peintes sont confrontées à de multiples menaces, qui ont toutes poussé le COSEPAC à désigner la totalité des autres espèces de tortues au Canada comme étant en péril. Le climat du Canada restreint la tortue peinte aux mêmes zones sud du pays qui sont le plus densément peuplées et transformées par les êtres humains. Plus particulièrement, cette espèce vit dans les régions les plus fragmentées par les routes, et la mortalité routière est une menace connue importante pour ces tortues. Par exemple, les femelles adultes (qui présentent la valeur de reproduction la plus élevée dans les populations) sont attirées par les accotements pour se reproduire; par ailleurs, elles tentent fréquemment de traverser les routes lors des migrations effectuées dans le cadre de la reproduction, ce qui entraîne une mortalité directe et indirecte et un déséquilibre du rapport des sexes non durable (Aresco, 2005; Steen et al., 2006). Dans la réserve nationale de faune du Ruisseau-Big en Ontario, un déséquilibre du rapport des sexes (3,7 mâles pour 1 femelle) a été observé dans une étude de 2003, reflétant probablement une mortalité élevée des femelles reproductrices sur les routes alentour (Gillingwater et Piraino, 2004). Une étude portant sur la mortalité routière menée sur quatre mois, du 1er mai au 31 août 2012, sur deux tronçons de 13 km de l’autoroute 69/400 dans les districts de Parry Sound et de Sudbury, respectivement, et sur un tronçon de 6 km d’une route secondaire traversant une Première nation, a permis de répertorier 173 tortues peintes sur la route, dont 135 étaient mortes, avec un taux de mortalité de 78 % (Baxter-Gilbert et Litzgus, données non publiées). En 14 années de relevés, un minimum de 653 tortues peintes a été tué le long de la chaussée de Long Point, qui s’étend sur 3,5 km (Gillingwater et autres données non publiées). 

L’utilisation des terres agricoles constitue une deuxième menace importante, en particulier le drainage et le dragage, qui peuvent provoquer la disparition de populations entières, en ne laissant souvent que peu de preuves de mortalité (Gillingwater, obs. pers.). Pendant le dragage, les tortues peuvent être tuées sur le coup, enfouies sous de vastes monticules de terre, ou écrasées par de la machinerie (Gillingwater et Piraino, 2004) et, bien entendu, leur habitat devient inexistant, même si elles survivent au dragage. Une troisième menace importante peut découler des taux élevés de pertes d’œufs et de nids associées aux populations anormalement élevées de prédateurs mammifères, en particulier les ratons laveurs, les mouffettes et les renards, ce qui a été convenablement documenté en Ontario et au Québec (Christens et Bider, 1987; Gillingwater et Brooks, 2001; Phillips, 2008); par exemple, en 2000-2001, entre 87 et 98 % des nids ont été saccagés au parc provincial Rondeau (Gillingwater et Brooks, 2001). Une quatrième menace, dont les répercussions s’accentuent, est liée à la capture illégale de tortues peintes aux fins d’utilisation alimentaire, « médicinale » ou pour le commerce croissant d’animaux de compagnie, comme on peut le voir sur des sites Web populaires tels que Kijiji (Gillingwater, obs. pers.; Brooks, obs. pers.). D’autres menaces connues documentées en Ontario comprennent les collisions avec les bateaux, la prise au piège dans les clôtures des jardins, l’inondation des sites de nidification, les « tirs de loisir » (tortues tuées avec des armes), la déprédation par les animaux domestiques et la capture et la mise à mort au cours de la pêche (Gillingwater, données non publiées). 

vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : La zone d’occupation et la zone d’occurrence sont inconnues, mais elles sont situées bien au-dessus des seuils liés aux critères quantitatifs. 

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les étés frais limitent fortement la reproduction, car il n’y a pas suffisamment de chaleur pour achever l’incubation, et les embryons ne supportent pas le gel. L’âge de maturité tardif de l’espèce (femelles : 12 à 15 ans; Samson, 2003), la forte longévité (âge connu supérieur à 50 ans, probablement beaucoup plus) (Samson, 2003; Brooks, observations non publiées) et le faible succès de la reproduction (Ernst et Lovich, 2009) contribuent à un cycle vital « lent » ainsi qu’à une faible capacité à tolérer la mortalité excessive provoquée par des sources anthropiques. Une étude menée dans le parc Algonquin a permis de constater que sur une période de 25 ans, la principale population à l’étude présentait un taux de survie annuel moyen des adultes supérieur à 0,98, une valeur plus élevée que celles enregistrées pour toute autre espèce de tortue (ou tout autre vertébré) au Canada (Samson, 2003). Le maintien du taux élevé de survie des adultes est essentiel pour la viabilité à long terme de ces populations de tortues.

Références : 

Aresco, M.J. 2005. The effect of sex specific terrestrial movements and roads on the sex ratio of freshwater turtles. Biological Conservation 123(1):37-44. 

Browne, C.L., et S.J. Hecnar. 2007. Species loss and shifting population structure of freshwater turtles despite habitat protection. Biological Conservation 138:421-429. 

Canards Illimités Canada. 2010. Southern Ontario Wetland Conversion Analysis. Rapport final. Mars 2010. Accès : http://www.canards.ca/ [consulté en novembre 2011]. 

Christens, E., et J.R. Bider. 1987. Nesting Activity and Hatching Success of the Painted Turtle (Chrysemys picta marginata) in Southwestern Quebec. Herpetologica 43(1):55-65.

Congdon, J.D., et J.W. Gibbons. 1986. Biomass Productivity of Freshwater Turtles Annual Report of Ecological Research at the Savannah River Ecology Laboratory. DOE Report SRO–819-17 (1986):111-114.

Cook, F.R. 1984. Introduction aux amphibiens et reptiles du Canada. Ottawa (Ontario) : Musées nationaux du Canada. 211 pages.

Fenech, A., B. Taylor, R. Hansell et G. Whitelaw. 2001. Major Road Changes in Southern Ontario 1935-1995: Implications for Protected Areas, in S. Bondrup-Nielsen, N.W.P. Munro, G. Nelson, J.H.M. Willison, T.B. Herman et P.F.J. Eagles (éd.), Proceedings of the Fourth International Conference on the Science and Management of Protected Areas. Waterloo (Ontario), Canada : Université de Waterloo. Pp. 365-383.

Gaston, K.J., et R.A. Fuller. 2008. Commonness, population depletion and conservation biology. TREE 23:14-19. 

Gibbs, J.P., et W.G. Shriver. 2002. Estimating the effects of road mortality on turtle populations. Conservation Biology 16:1647-1652. 

Gibbs, J.P., et D.A. Steen. 2005. Trends in sex ratios of turtles in the United States: implications of road mortality. Conservation Biology 19:552-556. 

Gillingwater, S.D., et R.J. Brooks. 2001. A selective herpetofaunal survey, inventory and biological research study of Rondeau Provincial Park. Rapport inédit présenté au parc provincial Rondeau. 

Gillingwater, S.D., et T.J. Piraino. 2004. Chelonian survey and research study of the Big Creek National Wildlife Area (2003) and selective herpetofaunal survey, inventory and research study of the Long Point National Wildlife Area (1996-1999, 2003). Rapport soumis au Service canadien de la faune. 

Iverson, J.B. 1982. Biomass in turtle populations: a neglected subject. Oecologia 55:69-76. 

Phillips, J. 2008. Factors affecting turtle nest predation dynamics in Point Pelee National Park. Thèse de maîtrise en sciences, Université Trent. 

Ressources naturelles Canada. 2004. Les terres humides. Accès : http://atlas.nrcan.gc.ca/site/francais/learningresources/theme_modules/wetlands/index.html 

Samson, J. 2003. The life-history strategy of a northern population of Midland Painted Turtles Chrysemys picta marginata. Thèse de maîtrise en sciences, Université de Guelph, Guelph (Ontario).

Steen, D.A., M.J. Aresco, S.G. Beilke, B.W. Compton, E.P. Condon, C.K. Dodd Jr., H. Forrester, J.W. Gibbons, J.L. Greene, G. Johnson, T.A. Langen, M.J. Oldham, D.N. Oxier, R.A. Saumure, F.W. Schueler, J.M. Sleeman, L.L. Smith, J.K. Tucker et J.P. Gibbs. 2006. Relative vulnerability of female turtles to road mortality. Animal Conservation 9:269-273.

PRÉPARÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des amphibiens, des reptiles et des tortues, janvier 2013

Chrysemys picta **
Tortue peinte de l'est
NB, NS

« Les pratiques de conservation des espèces, par opposition aux principes, mettent généralement l'accent sur les espèces en voie de disparition imminente. Des listes d'espèces prioritaires sont donc établies, sur lesquelles figurent principalement les espèces ayant de petites populations ou de petites aires de répartition géographiques. Toutefois, des travaux récents soulignent l'importance des espèces communes pour les écosystèmes. Même des déclins proportionnels relativement petits de l'abondance peuvent entraîner de grandes pertes irrémédiables en matière d’occurrences des individus et de la biomasse, perturbant ainsi fortement la structure, la dynamique et les services de l'écosystème. » [traduction] (Gaston et Fuller, 2008)

Les tortues sont largement reconnues comme étant extrêmement vulnérables aux menaces anthropiques en raison de leur cycle vital (âge de maturité tardif, faible taux de reproduction, taux de survie élevé chez les adultes et longévité). Les caractéristiques du cycle vital de la tortue peinte et de la tortue peinte du centre sont semblables à celles des neuf autres espèces de tortues existantes au Canada, qui sont toutes désignées comme étant des espèces en péril par le COSEPAC. Deux unités désignables de l’ouest de la tortue peinte de l’Ouest (C. p. bellii) sont désignées comme étant des espèces en péril, mais les deux autres sous-espèces de la tortue peinte présentes au Canada, à savoir la tortue peinte (C. p. picta) et la tortue peinte du centre (C. p. marginata), n’ont pas été évaluées, bien qu’elles soient confrontées à des menaces semblables. 

Les tortues peintes sont bien visibles lorsqu’elles se reposent en groupe et sont souvent perçues, à tort, comme étant abondantes. Bien que les tortues peintes, dans leur ensemble, restent relativement répandues, elles ont subi d’importants déclins historiques et continus dans des zones où les routes et le drainage des terres humides prédominent (p. ex. Iverson, 1982; Congdon et Gibbons, 1986; Ressources naturelles Canada, 2004; nombreux rapports de Gillingwater, comm. pers.). Ces zones de déclin représentent une bonne partie de la répartition canadienne de la tortue peinte et de la tortue peinte du centre, des répartitions qui sont limitées au sud du Canada par des conditions estivales fraîches. En raison de leur cycle vital « lent », de leur faible capacité à se remettre des déclins et de leur faible tolérance aux facteurs de stress anthropiques, il devient extrêmement important de déterminer le statut de toutes les sous-espèces de la tortue peinte avant que les populations chutent à des niveaux qui nécessiteront des mesures de conservation importantes. 

i. Niveau taxinomique : La tortue peinte est une espèce valide indigène au Canada. Il existe quatre sous-espèces reconnues, dont trois sont présentes au Canada. En 2006, le COSEPAC a évalué la tortue peinte de l’Ouest (C. p. bellii) comme étant trois unités désignables. La tortue peinte (C. p. picta) est présente au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, tandis que la tortue peinte du centre (C. p. marginata) est observée en Ontario et au Québec (Cook, 1984). Chaque sous-espèce de la tortue peinte et de la tortue peinte du centre peut comprendre plus d’une unité désignable.

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 5 à 10 % pour l’ensemble de l’espèce ou pour chaque sous-espèce sont situés au Canada. 

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : C. p. picta/C. p. marginata RANG G : G5/G5 (dernier classement en 1996); RANG N : N5/N5; COSEPAC : Non évaluée/
non évaluée; Statut désigné par le ministère des Richesses naturelles de l’Ontario : S5 non suivi; RANG S : Ontario S5; Québec S5; Nouveau-Brunswick S5; Nouvelle-Écosse S5; ssituation générale : NON EN PÉRIL en Ontario, au Québec, au Nouveau-Brunswick, en Nouvelle-Écosse. 

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : Il existe peu d’études à long terme (c.-à-d. supérieures à trois ans) sur les tailles ou les tendances des populations pour les espèces C. p. picta ou C. p. marginata, à l’exception d’une étude menée sur 34 ans concernant l’espèce C. p. marginata dans le parc provincial Algonquin en Ontario (Samson, 2003; Brooks, données non publiées) ainsi qu’une étude de trois ans réalisée dans le parc national de la Pointe-Pelée (Browne et Hecnar, 2007). Bien que les tortues peintes soient répandues et facilement repérables, ce sont des espèces en péril, car elles sont confrontées à plusieurs menaces et limites (voir les sections Menaces et Facteurs limitatifs biologiques ci-dessous). Puisque ces tortues sont bien visibles, leurs nombres sont souvent considérablement surestimés par les observateurs ponctuels. Toutefois, il est désormais bien établi que de nombreuses populations sont probablement des populations « fantômes », en raison du petit nombre d’adultes (principalement des mâles) qui vivent pendant des années, même lorsque la population est devenue non viable (Aresco, 2005; Gibbs et Shriver, 2002; Gibbs et Steen, 2005; Steen et al., 2006). 

Nous pouvons utiliser une approximation liée à la perte de l’habitat afin d’estimer l’ampleur des déclins des tortues peintes. Par exemple, dans les plaines à forêt mixte de l’Ontario, 75 % des milieux humides ont été perdus, et dans certains comtés (p. ex. Elgin, Kent, Essex, Lambton, Perth, Russell et Toronto), les pertes des milieux humides sont supérieures à 95 % (Ressources naturelles Canada, 2004; Canards Illimités Canada, 2010). Il est raisonnable de conclure que 75 %, au minimum, des populations de tortues peintes dans ces régions ont disparu et que l’habitat restant est souvent fragmenté par un dense réseau routier. La majeure partie des populations de tortues peintes du centre au Canada ont autrefois vécu dans cette région. On peut s’attendre à des pertes semblables dans le sud du Québec, ainsi qu’à des pertes moindres, mais tout de même importantes, dans les Maritimes. La perte de l’habitat se poursuit dans toute l’aire de répartition de l’espèce en raison de l’éradication plus poussée des milieux humides et de l’expansion des réseaux routiers (Fenech et al., 2001). D’après une base de données de 25 ans sur des tortues marquées dans le parc Algonquin, la durée d’une génération (DG) est calculée comme suit : DG = 14 + 1/0,02 = 64 ans (voir Samson, 2003), avec trois générations correspondant à 192 ans. Cela tiendrait compte d’une bonne partie des pertes historiques de milieux humides et de l’ensemble de l’apparition du réseau de routes pavées. Compte tenu des renseignements combinés sur les déclins des populations locales, des taux de mortalité consignés liée aux routes et à d’autres sources anthropiques, ainsi que la perte et la fragmentation de l’habitat de milieux humides à travers les zones peuplées des aires de répartition des deux sous-espèces, il est évident que des déclins importants des populations d’au moins 75 % se sont probablement produits au cours des trois dernières générations.

v. Menaces : Les tortures peintes sont confrontées à de multiples menaces, qui ont toutes poussé le COSEPAC à désigner la totalité des autres espèces de tortues au Canada comme étant en péril. Le climat du Canada restreint la tortue peinte aux mêmes zones sud du pays qui sont le plus densément peuplées et transformées par les êtres humains. Plus particulièrement, cette espèce vit dans les régions les plus fragmentées par les routes, et la mortalité routière est une menace connue importante pour ces tortues. Par exemple, les femelles adultes (qui présentent la valeur de reproduction la plus élevée dans les populations) sont attirées par les accotements pour se reproduire; par ailleurs, elles tentent fréquemment de traverser les routes lors des migrations effectuées dans le cadre de la reproduction, ce qui entraîne une mortalité directe et indirecte et un déséquilibre du rapport des sexes non durable (Aresco, 2005; Steen et al., 2006). Dans la réserve nationale de faune du Ruisseau-Big en Ontario, un déséquilibre du rapport des sexes (3,7 mâles pour 1 femelle) a été observé dans une étude de 2003, reflétant probablement une mortalité élevée des femelles reproductrices sur les routes alentour (Gillingwater et Piraino, 2004). Une étude portant sur la mortalité routière menée sur quatre mois, du 1er mai au 31 août 2012, sur deux tronçons de 13 km de l’autoroute 69/400 dans les districts de Parry Sound et de Sudbury, respectivement, et sur un tronçon de 6 km d’une route secondaire traversant une Première nation, a permis de répertorier 173 tortues peintes sur la route, dont 135 étaient mortes, avec un taux de mortalité de 78 % (Baxter-Gilbert et Litzgus, données non publiées). En 14 années de relevés, un minimum de 653 tortues peintes a été tué le long de la chaussée de Long Point, qui s’étend sur 3,5 km (Gillingwater et autres données non publiées). 

L’utilisation des terres agricoles constitue une deuxième menace importante, en particulier le drainage et le dragage, qui peuvent provoquer la disparition de populations entières, en ne laissant souvent que peu de preuves de mortalité (Gillingwater, obs. pers.). Pendant le dragage, les tortues peuvent être tuées sur le coup, enfouies sous de vastes monticules de terre, ou écrasées par de la machinerie (Gillingwater et Piraino, 2004) et, bien entendu, leur habitat devient inexistant, même si elles survivent au dragage. Une troisième menace importante peut découler des taux élevés de pertes d’œufs et de nids associées aux populations anormalement élevées de prédateurs mammifères, en particulier les ratons laveurs, les mouffettes et les renards, ce qui a été convenablement documenté en Ontario et au Québec (Christens et Bider, 1987; Gillingwater et Brooks, 2001; Phillips, 2008); par exemple, en 2000-2001, entre 87 et 98 % des nids ont été saccagés au parc provincial Rondeau (Gillingwater et Brooks, 2001). Une quatrième menace, dont les répercussions s’accentuent, est liée à la capture illégale de tortues peintes aux fins d’utilisation alimentaire, « médicinale » ou pour le commerce croissant d’animaux de compagnie, comme on peut le voir sur des sites Web populaires tels que Kijiji (Gillingwater, obs. pers.; Brooks, obs. pers.). D’autres menaces connues documentées en Ontario comprennent les collisions avec les bateaux, la prise au piège dans les clôtures des jardins, l’inondation des sites de nidification, les « tirs de loisir » (tortues tuées avec des armes), la déprédation par les animaux domestiques et la capture et la mise à mort au cours de la pêche (Gillingwater, données non publiées). 

vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : La zone d’occupation et la zone d’occurrence sont inconnues, mais elles sont situées bien au-dessus des seuils liés aux critères quantitatifs. 

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les étés frais limitent fortement la reproduction, car il n’y a pas suffisamment de chaleur pour achever l’incubation, et les embryons ne supportent pas le gel. L’âge de maturité tardif de l’espèce (femelles : 12 à 15 ans; Samson, 2003), la forte longévité (âge connu supérieur à 50 ans, probablement beaucoup plus) (Samson, 2003; Brooks, observations non publiées) et le faible succès de la reproduction (Ernst et Lovich, 2009) contribuent à un cycle vital « lent » ainsi qu’à une faible capacité à tolérer la mortalité excessive provoquée par des sources anthropiques. Une étude menée dans le parc Algonquin a permis de constater que sur une période de 25 ans, la principale population à l’étude présentait un taux de survie annuel moyen des adultes supérieur à 0,98, une valeur plus élevée que celles enregistrées pour toute autre espèce de tortue (ou tout autre vertébré) au Canada (Samson, 2003). Le maintien du taux élevé de survie des adultes est essentiel pour la viabilité à long terme de ces populations de tortues.

Références : 

Aresco, M.J. 2005. The effect of sex specific terrestrial movements and roads on the sex ratio of freshwater turtles. Biological Conservation 123(1):37-44. 

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Samson, J. 2003. The life-history strategy of a northern population of Midland Painted Turtles Chrysemys picta marginata. Thèse de maîtrise en sciences, Université de Guelph, Guelph (Ontario).

Steen, D.A., M.J. Aresco, S.G. Beilke, B.W. Compton, E.P. Condon, C.K. Dodd Jr., H. Forrester, J.W. Gibbons, J.L. Greene, G. Johnson, T.A. Langen, M.J. Oldham, D.N. Oxier, R.A. Saumure, F.W. Schueler, J.M. Sleeman, L.L. Smith, J.K. Tucker et J.P. Gibbs. 2006. Relative vulnerability of female turtles to road mortality. Animal Conservation 9:269-273.

PRÉPARÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des amphibiens, des reptiles et des tortues, janvier 2013

Pituophis catenifer **
Couleuvre à nez mince des Prairies
AB, SK

Avec une longueur de plus de deux mètres, la couleuvre à nez mince des Prairies est le deuxième serpent le plus grand au Canada. Presque toutes les espèces de gros serpents au Canada évaluées sont en danger : la couleuvre à nez mince du Pacifique et le crotale des bois ont disparu du Canada; la couleuvre fauve de l’Est et la couleuvre agile bleue sont en voie de disparition; la couleuvre à nez mince du Grand Bassin, la couleuvre obscure, le crotale de l’Ouest, la couleuvre à nez plat et le massasauga sont menacés (COSEPAC, 2011). Cette similitude découle probablement des contraintes biologiques et des menaces partagées. Les contraintes comprennent des sites limités qui sont adéquats sur le plan thermique pour la réussite du développement embryonnaire et l’hibernation, ainsi qu’un faible taux de reproduction. Les principales menaces courantes sont la perte de l’habitat propice d’hibernation, d’alimentation et de nidification, la mortalité routière et la persécution. 

La couleuvre à nez mince des Prairies est l’une des trois sous-espèces de la couleuvre à nez mince (Pituophis catenifer) connue au Canada et fait partie du complexe de l’ouest des Pituophis à l’échelle de l’Amérique du Nord (Rodriguez-Roble et De Jesus-Escobar, 2000). La couleuvre à nez mince des Prairies est présente dans des prairies mixtes et aux graminées courtes dans le sud de l’Alberta et de la Saskatchewan. Les deux autres sous-espèces de la couleuvre à nez mince au Canada se trouvent ou se trouvaient en Colombie-Britannique. La couleuvre à nez mince du Pacifique (P. catenifer catenifer) a été évaluée par le COSEPAC (2002) comme étant une espèce disparue du Canada, tandis que la couleuvre à nez mince du Grand Bassin (P. c. deserticola) a été évaluée comme étant menacée (2002). En 2002, le COSEPAC a classé la couleuvre à nez mince des Prairies dans la catégorie « données insuffisantes » (COSEPAC, 2002); par ailleurs, la classification de la situation générale « sensible » a été attribuée à cette espèce en Alberta et en Saskatchewan (en 2005). Il existe des preuves de longue date indiquant un rétrécissement de l’aire de répartition et des déclins de l’abondance (Kissner et Nicholson, 2003). 

i. Niveau taxinomique : Il s’agit d’une sous-espèce valide indigène au Canada (Cook, 1984; Crother, 2008). Le statut d’espèce peut lui être attribué si de nouvelles données taxinomiques sont fournies (Crother, 2008). 

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 5 %. Le sud de l’Alberta et le sud de la Saskatchewan constituent l’extrémité nord de l’aire de répartition de la couleuvre à nez mince des Prairies.
 
iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : RANG G : G5 (dernier examen par NatureServe en 1996); RANG N : NNR (Canada); RANG S : S3 (Alberta), S3 (Saskatchewan); COSEPAC : données insuffisantes, 2002; situation générale 2005 : sensible (Alberta), sensible (Saskatchewan); Alberta : situation générale des espèces sauvages en Alberta 2010 : sensible; Montana : S5. 

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : Aucune étude exhaustive sur l’abondance ou les tendances démographiques de la couleuvre à nez mince des Prairies n’a été réalisée au Canada (Kissner et Nicholson, 2003). Les renseignements sur l’espèce commencent à s’accumuler grâce aux études axées sur d’autres espèces de grands serpents des prairies (y compris le crotale des prairies [Crotalus viridis] et la couleuvre agile à ventre jaune de l’Est [Coluber constrictor flaviventris]) par l’entremise de l’Université de Calgary (Martinson, 2009) et de l’Université de Regina (Kwiatkowski et al., 2010; Gardiner et Somner, 2011). Des rapports anecdotiques sur les déclins de l’abondance de la couleuvre à nez mince des Prairies ont été établis, et il est possible que l’espèce ait disparu de la partie ouest de son aire de répartition historique en Alberta (Kissner et Nicholson, 2003). 

v. Menaces : La couleuvre à nez mince des Prairies souffre de la même perte et dégradation de l’habitat que beaucoup d’autres vertébrés des prairies. La perte et la dégradation de l’habitat ont été déterminées comme étant les principales menaces pour la seule autre sous-espèce existante de Pituophis catenifer au Canada, la couleuvre à nez mince du Grand Bassin (COSEPAC, 2002). En Alberta, 47 % des prairies indigènes ont été perdues et 81 % en Saskatchewan (Mackenzie, 2011). L’agriculture, le secteur de l’énergie et l’urbanisation contribuent fortement à la perte et à la fragmentation de l’habitat dans les Prairies canadiennes. Outre les changements dans l’habitat, les serpents peuvent être tués par la machinerie agricole (Jorgensen, 2009; R. Poulin, comm. pers.) et pendant la construction d’infrastructure d’exploitation pétrolière et gazière (Alberta Environment and Sustainable Resource Development et Alberta Conservation Association, 2012). Un autre effet secondaire du développement dans les prairies est la construction de clôtures, de lignes électriques et de bâtiments qui fournissent des lieux de nidification et des perchoirs pour la chasse pour les prédateurs aviaires de serpents, tels que la Corneille d’Amérique (Corvus brachyrhynchos), le Grand Corbeau (Corvus corax), les faucons du genre Buteo et le Grand-duc d’Amérique (Bubo virginanus). 

L’une des plus grandes répercussions de l’urbanisation et de l’activité industrielle sur le paysage des prairies est l’augmentation de la densité des routes et de la circulation, ce qui se traduit par une mortalité directe des grands serpents se déplaçant lentement (Didiuk, 1999; Kissner et Nicholson, 2003; Martinson, 2009). En 1997, on comptait déjà plus de 95 000 km de routes dans la région naturelle des prairies de l’Alberta (Alberta Environmental Protection, 1997). Par l’intermédiaire des observations et des expériences près du parc provincial Dinosaur (Alberta), Martinson (2009) a estimé que la probabilité qu’une couleuvre à nez mince des Prairies soit tuée en traversant une fois une route asphaltée à deux voies est de 0,04 pour 100 véhicules par jour et de 0,19 pour 500 véhicules par jour. Jorgensen (Alberta Environment and Sustainable Resource Development et Alberta Conservation Association, 2012) a estimé que, pour le crotale des prairies (une espèce présentant un risque de mortalité routière comparable à celui de la couleuvre à nez mince des Prairies dans l’étude de Martinson), la probabilité de mortalité en traversant une fois une route très fréquentée en dehors de Medicine Hat était située entre 0,45 et 0,98. Des propositions ont été soumises pour la construction accrue d’autoroutes dans les centres urbains de Lethbridge et de Medicine Hat se trouvant directement dans l’aire de répartition de la couleuvre à nez mince des Prairies dans le sud de l’Alberta. 
 
La persécution directe par l’abattage volontaire d’individus et la destruction ciblée de sites requis pour l’hibernation et la reproduction restent une réelle menace pour les grands serpents. Trois enquêtes, menées au cours des cinq dernières années au Canada (en Alberta) et examinées par Kissner (Alberta Environment and Sustainable Resource Development et Alberta Conservation Association, 2012), ont indiqué que les comportements du public envers les serpents s’améliorent, mais les personnes des collectivités rurales, en particulier les hommes, approuvent encore le fait de tuer ou de blesser des serpents, en particulier les crotales avec lesquels on confond souvent les couleuvres à nez mince des Prairies.

vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : La zone d’occurrence et l’indice de zone d’occupation au Canada sont relativement limités pour cette espèce. Une estimation généreuse de l’aire de répartition canadienne de la couleuvre à nez mince des Prairies est d’environ 120 000 km2. La zone d’occupation est très limitée en raison des besoins spécifiques des serpents en matière de sites d’hibernation (Gardiner et Somner, 2011) et de nidification (Wright, 2008). 

vii. Facteurs limitatifs biologiques : La couleuvre à nez mince des Prairies est présente à l’extrémité nord de son aire de répartition mondiale en Alberta et en Saskatchewan. Par conséquent, les facteurs limitatifs comprennent probablement des sites répondant aux exigences thermiques pour l’incubation des œufs et pour l’hibernation. Si ces sites sont traditionnels et utilisés dans la communauté, les populations de couleuvres à nez mince des Prairies peuvent être véritablement isolées les unes des autres, même dans un habitat de prairie contigu. Les femelles peuvent produire des œufs uniquement tous les deux ans (Shewchuk, 1997), limitant ainsi les taux de reproduction et de recrutement. Par conséquent, les populations peuvent être particulièrement sensibles à la hausse des mortalités routières des serpents adultes. 

Les couleuvres à nez mince des Prairies sont des espèces hivernantes communales qui partagent des sites avec les crotales des prairies et les couleuvres rayées (espèces du genre Thamnophis; Didiuk, 1999). Les gîtes d’hibernation ont tendance à être situés dans les vallées de grandes rivières (rivières Frenchman, Big Muddy, Saskatchewan Sud, Red Deer et Milk). Les couleuvres à nez mince des Prairies semblent être fidèles aux sites d’hibernation, et certains individus passent la totalité de la saison active dans un rayon de 100 m de leur gîte d’hibernation (R. Poulin, comm. pers.). Ainsi, ces éléments d’habitat sont essentiels pour la persistance de l’espèce dans un paysage. Les concentrations saisonnières de serpents rendent les populations locales vulnérables à la chasse, à la destruction humaine du gîte d’hibernation et aux catastrophes naturelles telles que les glissements de terrain ou les inondations (Gardiner et Somner, 2011). 

Références : 

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PRÉPARÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des amphibiens, des reptiles et des tortues, janvier 2013

Heterodon nasicus **
Couleuvre à nez retroussé
AB, SK, MB

Le serpent à grouin des plaines au Canada est limité à une aire de répartition fragmentée dans le sud-est de l’Alberta, à des zones dispersées du sud de la Saskatchewan et à une petite zone isolée dans le sud-ouest du Manitoba. Pendant longtemps, cette espèce a été considérée comme étant rare ou, assurément, peu commune au Canada (Moore, 1953; Logier et Toner, 1955; Lewin, 1963; Cook, 1966, 1970; Secoy et Vincent, 1976; Preston, 1982). 

Le serpent à grouin des plaines est un gros serpent mesurant près d’un mètre de longueur. Tous les autres gros serpents au Canada, y compris la couleuvre à nez mince du Pacifique, le crotale des bois, la couleuvre fauve de l’Est, la couleuvre agile bleue, la couleuvre à nez mince du Grand Bassin, la couleuvre obscure, le crotale de l’Ouest, la couleuvre à nez plat et le massasauga, sont en danger et sont désignés par le Comité sur la situation des espèces en péril au Canada (COSEPAC) en tant qu’espèces disparues du Canada, en voie de disparition ou menacées. Le serpent à grouin des plaines est soumis à une bonne partie des mêmes menaces et facteurs limitatifs que ces autres espèces. De plus, parce que sa principale défense contre la prédation est d’imiter les crotales venimeux sur le plan physique et comportemental, les personnes ont tendance à le tuer en le voyant, bien qu’il soit inoffensif. 

i. Niveau taxinomique : Le serpent à grouin des plaines est un taxon canadien valide, auquel un statut d’espèce à part entière a été attribué (Cook, 1984; Crother et al., 2008).

ii. Proportion de l’aire de répartition mondiale au Canada : Environ 5 % (Wright et Didiuk, 1998). 

iii. Statut de conservation existant à l’échelle mondiale : RANG G : G5 (NatureServe 2013, dernière révision en 1996); RANG N : NNR; COSEPAC : non évaluée; RANG S : Alberta : S2; Situation générale : Alberta : pourrait être en péril (2); Saskatchewan : sensible (3); Manitoba : pourrait être en péril (2). Aux États-Unis, le serpent à grouin des plaines est largement réparti dans les grandes plaines, à l’est des montagnes Rocheuses, de la frontière canadienne au nord du Mexique, mais il se fait de plus en plus rare dans les parties nord de son aire de répartition. Il est inscrit en tant qu’espèce en voie de disparition dans l’Iowa et en tant qu’espèce menacée dans l’Illinois et le Dakota du Sud. Par conséquent, la possibilité d’une immigration externe des populations canadiennes est lointaine. 

iv. Taille et tendances liées à la population canadienne : Il s’agit d’un serpent discret qui est peu commun et réparti irrégulièrement (Wright et Didiuk, 1998). Sa grande taille et ses ruses élaborées pour intimider font qu’il est difficile de l’oublier quand on le voit; malgré cela, il existe peu de données sur la taille ou les tendances de la population. Wright et Didiuk (1998) ont conclu qu’il y avait moins de 10 000 serpents en Alberta, mais que les tendances liées à l’abondance ne pouvaient être confirmées. Pendlebury (1976) a réalisé le premier examen des dossiers ainsi qu’un résumé des aspects liés à la biologie du serpent à grouin des plaines en Alberta. Une préoccupation relative aux prairies a conduit à la réalisation d’études supplémentaires dans les prairies du sud-est de l’Alberta (Cottonwood Consultants, 1986; Wallis et Wershler, 1988; Smith et Wershler, 1989) et dans le sud-ouest du Manitoba (Bredin, 1981; Leavesley, 1987). Des enquêtes plus récentes menées à la réserve nationale de faune de la Base des Forces canadiennes Suffield dans le sud-est de l’Alberta (Didiuk, 1999) ont fourni de nouveaux renseignements sur sa répartition et sa biologie. Il existe peu d’observations de cette espèce en Saskatchewan et au Manitoba, qui sont des provinces où ses populations sont peu nombreuses et éparpillées. 

v. Menaces : Les menaces comprennent les routes, l’exploitation pétrolière et gazière, les activités agricoles, l’habitat propice limité et en diminution, ainsi que la persécution par l’homme. Ce serpent possède une réaction élaborée contre les prédateurs : il émet un sifflement bruyant, il donne un coup avec la gueule fermée, il se retourne et fait le mort. Cette attitude menaçante combinée à la grande taille des serpents a tendance à effrayer les gens, tandis que l’immobilisme des serpents lorsqu’ils font semblant d’être morts permet aux gens de les tuer particulièrement facilement. L’espèce devient prisée dans le commerce des animaux et chaque spécimen se vend à plus de 100 dollars, ce qui accentue fortement la pression liée à la chasse des populations sauvages. 

La perte et la dégradation de l’habitat, ainsi que l’augmentation de la densité des routes, sont probablement les menaces les plus importantes pour l’espèce au Canada. En Alberta, 47 % des prairies indigènes ont été perdues et 81 % en Saskatchewan (Mackenzie, 2011). Le serpent à grouin des plaines souffre de cette perte et de cette dégradation de l’habitat, tout comme beaucoup d’autres espèces des prairies. Une bonne partie de la perte et de la dégradation de l’habitat dans l’aire de répartition de l’espèce est associée à une augmentation de la densité des routes et de la circulation. En 1997, on comptait déjà plus de 95 000 km de routes dans la région naturelle des prairies de l’Alberta (Alberta Environmental Protection, 1997). L’augmentation de la densité des routes et de la circulation dans l’aire de répartition de l’espèce est certainement causée par l’urbanisation et le secteur de l’énergie.

Les projections liées au déclin de la population et au risque d’extinction en raison de la mortalité sur les routes ont été quantifiées pour d’autres serpents canadiens de grande taille, et il est clair que cette menace peut fortement réduire la persistance de la population. Par exemple, l’analyse liée à la viabilité de la population pour la couleuvre obscure a indiqué que la mortalité sur les routes de plus de trois femelles adultes par an a rehaussé la probabilité d’extinction d’une population de 7,3 % à plus de 90 % à long terme (Row et al., 2007). De plus, des calculs récents effectués à l’aide du calculateur de menaces de l’Union internationale pour la conservation de la nature pour la couleuvre à nez mince du Grand Bassin (une espèce de grande taille des prairies semblable au serpent à grouin des plaines) ont projeté un déclin de la population compris entre 30 et 70 % au cours des trois prochaines générations en raison de la mortalité routière (COSEPAC, données non publiées). L’ampleur de la mortalité routière qui touche le serpent à grouin des plaines dans l’ensemble de son aire de répartition canadienne doit être étudiée, mais étant donné les répercussions de cette menace sur d’autres serpents de grande taille, il est plausible que les déclins projetés de la population canadienne au cours des trois prochaines générations répondront aux critères de limite pour les catégories « espèce menacée » ou « espèce en voie de disparition ». 

vi. Petite zone d’occurrence ou zone d’occupation : La répartition de cette espèce au Canada est limitée et dispersée. L’indice de zone d’occupation est bas et probablement bien en dessous de 2 000 km2.

vii. Facteurs limitatifs biologiques : Les étés frais limitent fortement la reproduction, car il n’y a pas suffisamment de degrés-jours de croissance pour achever l’incubation des œufs, qui sont pondus dans le sable contrairement à ceux de la plupart des autres serpents venimeux, qui sont plutôt pondus dans la végétation en décomposition. Ainsi, l’espèce est restreinte à de petits refuges isolés dans les limites sud des trois provinces des Prairies. 

Références : 

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Bredin, E.J. 1981. Distribution of the Western Hognose snake in Manitoba. Winnipeg (Manitoba) : Ministère des ressources naturelles du Manitoba. 81-6. 23 pages. 

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PRÉPARÉ PAR : Sous-comité de spécialistes des amphibiens, des reptiles et des tortues, janvier 2013

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